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 [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}

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MessageSujet: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Mer 12 Aoû - 17:07

    Il n’était que 9 heures du matin, et la professeur de métamorphose était épuisée. Elle avait commencé par un cours commun entre les élèves de 7ème année et se demanda ce qu’elle avait fait pour mériter ça. Vanessa Wright pouvait se vanter de rester plutôt calme durant ses cours, mais là il avait vraiment dépassé les bornes. Les derniers événements avaient achevé d’effiler sa patience, déjà mise à ruse épreuve. La semaine s’était déroulée dans une ambiance étrange. Les gens étaient tous suspicieux et le climat ambiant n’incitait pas à la joie et la bonne humeur. Tellement d’événements avaient eu lieu durant cette semaine. Elle en avait presque oublié le tournoi des trois sorciers. Tournoi auquel elle avait toujours rêvé d’assister pourtant. C’était un rêve de petite fille. Mais en ce moment, tant de choses hantaient ses pensées. Elle ne souhaitait pas s’appesantir plus longtemps sur les sentiments qu’elle avait envers le préfet de Durmstrang, Russlan Mihaylov. Elle savait pourtant qu’il ne fallait pas qu’elle continue sur sa lancée. Et pourtant, elle avait continué. Les cours particuliers avaient continué. Il s’était amélioré en anglais depuis mais elle n’avait pas pu se résoudre à lui dire non. D’un côté, elle souhaitait lui montrer qu’elle était capable de lui résister, et l’échec était clairement un sentiment qu’il ne semblait pas connaitre et qu’elle souhaitait lui enseigner. De l’autre, elle n’était justement pas sure de pouvoir lui résister outre mesure. Quelle imbécile ! Bien sur, rien ne s’était passé. Elle résistait encore et toujours aux avances du russe. Vanessa n’était pas prête à risquer sa place, chanceusement acquise il fallait le reconnaitre, pour une relation d’un soir.

    Elle entendait des murmures presque constants durant ses cours et sa tête commençait d’en avoir une migraine. C’était plutôt rare en fait et ça avait surtout tendance à arriver quand elle était avec cette classe en particulier. Naturellement, elle n’était pas professeur depuis longtemps, mais elle avait au moins espéré qu’on la prendrait un peu plus au sérieux que ça. Le fait qu’elle ait presque le même âge que les septième années n’aidait pourtant pas à la faire respecter. Ces murmures disaient tout haut ce qu’elle pensait tout bas. Y avait-il un seul élève qui écoutait son cours ? De toute façon, elle le saurait bien vite avec les examens blancs pour les ASPIC. Ils étaient tous très bons comédiens mais elle savait au fond qu’elle ne pouvait pas rêver. Vanessa n’avait jamais distribué autant de retenues. Certains élèves la regardaient bizarrement, mais elle s’en moquait. De temps en temps elle avait presque l’impression de percevoir des pensées qui ne lui appartenaient pas. Bref, elle devenait complètement folle. Elle s’entendit dire d’une voix glaciale le mot tant redouté.


    - Retenue monsieur Mihaylov. Ce soir à 20 heures.

    Dès l’instant ou la phrase se forma sur ses lèvres, elle sut tout de suite qu’elle aurait mieux fait de se taire. Elle jouait avec le feu. Le voir en cours particulier était déjà bien assez suffisant pour sa santé mentale sans qu’elle s’inflige sa présence plus que nécessaire. Et pour ça, elle détestait Russlan, il la poussait à bout. Il avait le don de faire ressortir ses pires défauts. Mais elle ne supportait pas la manière dont il se comportait avec elle. Vanessa n’aimait pas être considérée comme un objet acquis. Elle n’avait pas pu s’empêcher de lui donner ce qu’il avait recherché durant toute la semaine, une retenue. Il avait cherché à la provoquer à chaque fois qu’ils s’étaient vu et elle n’avait pas marché, elle avait couru. Elle fixa d’un regard froid le russe, porteur de tous les maux. Elle serait restée impassible si il lui avait pas répondu d’une manière si peu professionnelle. Il ne l’avait pas traitée comme une enseignante mais comme une copine et ça ne lui avait pas vraiment plu. Pourtant, personne n’avait semble t-il fait attention à sa remarque. Elle avait été murmurée tout bas alors qu’elle passait dans les rangs pour aider les élèves en difficulté. Les visages des élèves se partageaient entre surprise, étonnement et parfois satisfaction. Un nouveau murmure brisa le silence soudain. Cette fois ci, elle en avait marre.

    - Qui a dit ça ?

    Elle fixa attentivement chaque élève, mais chacun avaient l’air totalement stupéfait. Soit ils jouaient parfaitement la comédie, soit elle devenait vraiment folle. La blonde jeta un regard noir au russe. Il était la cause de tous ses problèmes. Personne ne savait qu’elle lui donnait des cours. Et Vanessa ne souhaitait pas que ce fait change. Bizarrement, donner des cours en secret avait quelque chose d’excitant. Pourtant, la blonde savait très bien que ce serait extrêmement louche aux yeux des autres si l’un d’eux venait à l’apprendre, qu’il n’y ait rien de plus ou pas. Enfin, le seul point positif, c’est que son comportement passait presque inaperçu face aux événements étranges touchant Poudlard. Il se passait vraiment des choses étranges dans ce château. L’eau des robinets était rouge sang et même très douée en métamorphose, la blonde n’avait pas réussi à trouver d’où venait le trucage. Il y en avait un, c’était évident. Son esprit relativement rationnel lui interdisait de penser qu’une telle chose puisse se produire. Et pourtant, l’eau du lac était rouge, tout comme la plupart des robinets de l’école. Et si il n’y avait eu que la couleur, elle aurait pu comprendre, mais l’odeur du sang était bien réelle. Certains murmuraient que c’était l’une des dix plaies d’Egypte. Vanessa n’ayant jamais eu la moindre éducation moldue n’avait aucune idée de ce dont ils pouvaient bien parler. Mais, elle finirait bien par le savoir. Chaque soir, la blonde avait entrepris de se plonger dans des manuels de métamorphose avancée dans l’espoir de découvrir le sort qui avait été jeté sur l’eau du château. Et sa persévérance finirait bien par lui apporter une réponse, elle en était persuadée. Oui, il se passait vraiment de drôles de choses. Les journalistes risquaient de s’intéresser à l’affaire. Bref, elle sentait venir la catastrophe. Comme si en plein déroulement du tournoi des trois sorciers, ces anomalies allaient rester secrètes. Du moment qu’aucun autre problème n’arrivait, cette affaire finirait par s’étouffer d’elle-même. Elle termina le cours, totalement perdue dans ses pensées, sans poser ne serait ce qu‘un regard aux étudiants. Ils lui donnaient la migraine de toute façon. Maintenant, qu’elle l’avait mis en retenue, elle allait devoir se tenir correctement. De toute façon, ce ne serait pas si difficile puisqu’il l’avait vraiment énervé. Et elle avait envie de se venger sur lui. Qu’allait-elle donc pouvoir lui trouver comme punition ? Mihaylov semblait trouver chaque moment ou ils étaient seuls tous les deux comme une chance pour continuer son entreprise de séduction. Bah, elle finirait bien par trouver quelque chose d’ici ce soir.

    C’est lors du repas de midi qu’elle eut l’illumination. Ce problème qui l’avait tracassé durant toute la matinée venait enfin de trouver solution. Enfin, si l’enseignant en question acceptait. Un sourire légèrement sadique illumina ses traits alors qu’elle écoutait avec intérêt les paroles du professeur de botanique. Vanessa avait trouvé la parfaite punition. Puisqu’il semblait apprécier sa compagnie, elle allait l’en dégouter. Si au départ, un petit tour dans la foret interdite lui avait semblé une bonne idée, les récents événements avaient tôt fait de lui dire que ce n’était pas utile de risquer la sécurité d’un élève pour se venger. En dernier recours, elle avait envisagé de l’envoyer voir un autre enseignant qui aurait besoin d’aide. Mais elle n’aimait pas fuir ou avoir l’air lâche. Et le laisser à un autre professeur aurait été exactement ce qu’elle n’aimait pas faire. Non, la foret interdite avait été une mauvaise idée. Par contre, cette activité lui enlèverait le sourire constant qu’il abordait quand elle était dans les parages et l’attirail nécessaire dégonflerait un peu son égo. Il n’aurait plus rien de viril du tout. Vanessa cacha son rire derrière une quinte de toux. Comme elle avait hâte d’être à ce soir. La blonde ne s’empêcha même pas de chercher du regard l’élève en question. Il était assis à la table des Serpentards et elle cacha son amusement en l’imaginant ce soir. Il ne la regardait pas mais elle ne manqua pas d’étudier ses interactions avec d’autres élèves. Levant les yeux au ciel devant les gamines presque en train de baver à ses pieds, elle avala distraitement une bouchée de son morceau de poulet. Il se prenait pour le roi. Il perdrait de sa superbe, c’était certain. Et peut être qu’il finirait par la laisser tranquille. L’humilier n’était pas vraiment dans son intention mais elle voulait refroidir ses ardeurs. Si ça ne marchait pas, alors rien ne l’arrêterait. Souriant vraiment pour la première fois, Vanessa répondit avec entrain à son collègue. Elle avait un petit service à lui demander.

    - Dites moi Alfred…

    Après ça, les cours se déroulèrent comme dans un rêve pour la demoiselle. Aucun bruit ne vint plus troubler le calme de sa salle de classe et Vanessa finit presque par penser que le problème venait uniquement de la classe de Russlan. Elle prit néanmoins soin de remercier silencieusement les puissances célestes pour cela. C’est donc dans une ambiance totalement calmée qu’elle pu aborder sa future retenue. Comme la blonde s’y était attendu, le professeur de botanique avait été ravi de pouvoir l’aider. D’un autre côté, elle lui rendait également un grand service, finalement ils étaient tous contents. Un risquait de l’être beaucoup moins en revanche quand il verrait la tâche qui l’attendait. Oh, elle s’imaginait parfaitement Russlan penser qu’il allait copier des lignes ou autre… il devait être certain qu’elle n’oserait jamais lui donner une tâche trop dure. Comme il se trompait. Bien sur, elle était gentille mais jusqu’à un certain point seulement. Vanessa aimait beaucoup surprendre les gens et ce soir, elle allait faire fort. Si elle pouvait bâtir une solide réputation d’enseignante sévère suite à ceci, ce serait encore mieux. De plus, elle avait la certitude presque totale qu’il n’oserait jamais raconter ce qu’ils feraient ce soir. Il mentirait à ses amis si on le questionnait. Et pour toutes ces raisons, elle avait hâte d’être seule dans son bureau. Retenant un gloussement en l’imaginant dans la serre de botanique, elle reporta son attention sur le parchemin en face d’elle et continua calmement ses explications.

    A dix neuf heures, Vanessa ne quitta pas des yeux sa proie tout le long que dura le repas. Elle croisa le regard du russe à plusieurs reprises et espéra fortement qu’il s’inquiète de la punition qu’elle allait lui infliger. Ce qui était sur, c’est que ce serait loin des cours particuliers qu’elle lui donnait. Satisfaite de sa constatation, elle attendit avec encore plus d’impatience que vingt heures sonne à l’horloge du château. Vanessa était tellement impatiente qu’elle finit son repas beaucoup plus rapidement que d’habitude. Juste après le repas, la blonde remonta dans son bureau, attendant de pied ferme le russe. Elle avait avec elle les accessoires nécessaires à sa petite expédition. Appuyée contre le bureau, Vanessa s’était enroulée dans une longue cape noire. Même si le mois d’Octobre venait à peine d’arriver, il ne faisait pas très chaud le soir. Elle avait pris soin de choisir des vêtements classiques et surtout qui la vieillissaient. Peut être qu’ainsi, elle aurait un peu plus de poids face à lui. Vanessa ne savait pas vraiment combien de temps la retenue durerait. Sans doute le temps que Russlan apprenne la leçon qu’elle voulait lui donner. Elle était enfin le chasseur et comptait bien en profiter pour garder le dessus.

    Un peu avant l’heure, elle descendit l’escalier menant au hall d’entrée, zigzaguant entre les élèves. Vanessa espérait bien qu’il était déjà là. Elle aimait vraiment la ponctualité. La plupart des élèves étaient encore dans la grande salle et son regard tomba immédiatement sur la silhouette solitaire tournée vers la grande porte. En voyant le russe lui tournant le dos, elle n’empêcha pas un sourire de fleurir sur le masque d’indifférence qu’elle s’était auto imposé. C’était un sourire victorieux et particulièrement satisfait. Elle avait d’abord envisagé de le faire venir à son bureau, pour lui laisser penser à une retenue ordinaire mais au final, c’était beaucoup plus marrant de le laisser cogiter un peu. Secouant ses cheveux qu’elle avait attachés pour l’occasion, elle se calma bien vite alors qu‘elle s‘avançait vers lui. En voyant l’attitude de son élève, Vanessa se demanda très sérieusement qui était réellement le chasseur…

    - Bonsoir, monsieur Mihaylov. Suivez moi…


    Vanessa n’avait pas envie de prolonger la situation. Elle avait pris soin de réduire les deux instruments de sa future honte, et ils étaient actuellement cachés dans une des poches de sa cape. Moins il aurait d’indices sur leur future destination, mieux ce serait. Vanessa ouvrit la grande porte d’un coup de baguette et précéda Russlan, éclairant de sa baguette le sol. Après une petite marche silencieuse, Vanessa arriva enfin à destination. Elle se tourna victorieusement vers le russe et lui fit signe d’entrer de la main. Finalement, peut être qu’elle allait enfin pouvoir remettre les compteurs à zéro.

    - Après vous…

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Russlan S. D. Mihaylov
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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Ven 14 Aoû - 6:28

[je sais, c'est pas une heure pour poster. Mais je voulais impérativement terminer avant d'aller dormir. J'espère que la narration à la première personne ne te dérange pas trop. Et que c'est pas trop bizarre, s'cuse, j'ai écrit ça le soir, assez tard. Ou tôt le matin.]

    Quelle journée de merde. Des fois, je me dis que rester couché, ça n’aurait pas été plus mal. Ca m’aurait évité de gaspiller mon temps. Et au moins, je serai resté dans mon lit, couché près de ma belle Anna. C’était tellement agréable de dormir la joue posée sur son dos nu, une main posée sur son épaule. Hier soir, je m’étais endormi au creux de ses bras. Je n’allais pas bien, alors c’est tout naturellement qu’elle a essayé de me distraire, me changer les idées. J’ai un peu râlé au départ, j’étais complètement crevé et pas du tout d’humeur, mais il faut dire qu’elle avait des bons arguments. Alors, je me suis laisser faire. Que pouvais-je faire d’autre? Attention, cela ne voulait pas dire que je n’avais pas apprécié. Au contraire, j’aimais quand elle était comme ça. Dans ma tête, Anna avait toujours été sage, elle était une jeune femme pure et innocente. J’ai cherché pendant longtemps à la sauver de tout ce qui s’apparentait de près ou de loin au sexe, à l’alcool, à la drogue, mais si je devais la sauver de tout ça, alors je devais aussi la sauver de moi, parce que ces éléments faisait malheureusement partie intégrante de ma vie de débauche. Une vie dans laquelle je semblais me complaire, entre parenthèses. En apparence. Parce que je n’étais pas fier de ce que j’étais, loin de là. J’avais tendance à me dégoûter. Les raisons étaient simple. J’aimais souffrir. J’aimais voir mon sang couler, j’aimais ressentir la douleur. J’étais un sale con pervers et prétentieux. Pire encore, j’ai mis ma belle Anna en danger. Par ma faute, elle a failli se faire violer lors de cette fête qui a mal tourné. Je l’ai poussée à prendre de la drogue, une fois. Je l’ai convaincue en disant que ça pouvait être marrant. Je me souviens de cette soirée, comme si c’était hier. On était en train de s’emmerder à la maison. J’avais mis à fond un morceau de métal, sachant pertinemment que les autres étaient sortis, et que nous étions seuls. J’étais allongé dans mon lit, et elle me chevauchait, de façon assez indécente, et nous nous embrassions, alors que la température grimpait de plus en plus. J’avais passé ses mains sous son t-shirt, caressant sa peau nue, alors qu’elle dévorait mon cou de baisers humides. Je l’avais basculée sur le dos, et elle était bloquée sous moi. Elle attrapa la bouteille de vodka, avant d’en boire une gorgée, et de m’embrasser de plus belle. Plus tard, nous avions inclus l’alcool dans notre jeu. Nous ne sommes pas allés plus loin ce soir là. J’étais frustré, je m’étais fait un joint. J’étais dans une période où je ne faisais plus que ça. Et elle et moi étions en train de le fumer. Nous avons repris nos activités là où on les avait laissées, sans pour autant conclure. Tant mieux. Quitte à faire l’amour avec elle, autant que ce soit quand nous sommes tous les deux conscient de ce que nous faisons. Légitime, non?

    Je disais donc que j’ai passé une journée de merde. Non, pour une fois, ça n’avait rien à voir avec Anna et son jeu à la con. Je l’avais toujours en travers de la gorge, mais je me disais que ce n’était pas le moment de faire d’esclandres. Tout allait bien entre nous, comme avant. C’Est-ce que je me disais. Ce matin même, je m’étais réveillé à ses côtés. J’ai regardé mon ange dormir, et soupirer dans ses rêves. Elle était belle. J’avais embrassé son épaule dénudée, et j’avais effleuré du bout des doigts la courbe parfaite de son cou. C’était clair que j’aimais cette fille. Je donnerais ma vie pour elle. Ca faisait tellement longtemps qu’on se fréquentait. Je posai ma joue contre son épaule, encore une fois. A la différence près que je glissai ma main dans la sienne. Je fus surpris de voir sa petite main se resserrer autour de la mienne. Elle s’agitait. Elle montrait des signes de réveil. Mais non. Elle gémit doucement mon prénom. Elle se retourna. Se colla contre moi, et m’entoura de ses bras, la tête enfouie dans mon torse. Je sentais son souffle chaud et régulier contre ma peau, et je la serrai contre moi. Ses ongles agrippèrent mon épaule, alors qu’elle continuait à s’agiter. Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues. Merde. Merde. Elle pleurait pendant son sommeil. Elle faisait un cauchemar. Elle rêvait sûrement de la nuit où elle a failli…je la serrai fort dans ses bras, la berçant doucement, pour la calmer. Mes mains caressant doucement ses cheveux, alors que je murmurai des mots doux à son oreille, pour la rassurer, lui dire que j’étais là. Elle peina à rendormir, mais je la gardai contre lui, avant de m’assoupir à nouveau. Déjà, je m’étais levé de mauvaise humeur, parce que je n’avait pas beaucoup dormi cette nuit là. Et quand je dormais peu, je me levais toujours du mauvais pied. Et envoyais bouler tout mon entourage. Bref.

    Comme si cela était fait pour arranger les choses, il pleuvait dehors. J’aimais la pluie, mais pas celle de l’Angleterre. Cette pluie là était glaciale, mordante, froide, elle irritait ma peau. Elle s’immiscait dans mes fringues, les détrempait, aplatissait mes cheveux. Je détestais être détrempé comme une biscotte laissée trop longtemps dans un bol de lait. Mais j’ai dû me faire à l’idée. Il pleuvait. Ce sont dans ces conditions climatiques désastreuses que nous nous rendîmes au cours de soins aux créatures magiques qui bien évidemment, se déroulait au dehors. Ca aurait pu être annulé, mais non, le professeur n’était pas disponible à un autre moment de la semaine pour rattraper les heures perdues. Non mais je rêve! Depuis quand les professeurs avaient des scrupules à rallonger les journées de cours des élèves? Sûrement parce que cela empiétait sur leur pause café, ou réduisait leur temps de repos. Bande de feignasses va. Ca se voyait que ce n’était pas eux qui se tapaient des devoirs tous les soirs dans plusieurs matières différentes. Et surtout, en anglais. Oui, anglais, la langue de Shakespeare. Pour le coup, j’avais envie de le maudire, Shakespeare. Je détestais l’anglais. Je détestais les anglais. Je détestais devoir apprendre des cours en anglais. Je détestais l’Angleterre et ses pluies incessantes. Et je détestais plus que tout ces jeunes branleurs aux manières de bourges. Je voulais me casser de cette école, mais je n’avais pas le choix. Je devais rester ici, faire une putain d’année, décrocher un putain de diplôme dans une école qui n’était même pas la mienne. Nom de dieu! Ils étaient complètement barrés. Comme si en plus on avait le même niveau! C’était du suicide! Mais merde! Et puis…je suis préfet. Préfet en chef même. Et je savais bien que cette connasse de Stuart pensait que venant d’une autre école, je n’avais pas d’autorité sur les élèves de Beauxbâtons ou de Poudlard. Mais c’est faux. Dezrodnov nous a bien dit à Anna et moi que nous pouvions faire la loi chez les français et chez les anglais. Ben quoi? On n’allait quand même pas laisser une baston se dérouler sans que l’on fasse quoi que ce soit pour l’arrêter, quand même? Bref. Je le dis et je le redis, j’ai les mêmes pouvoirs que Stuart à Poudlard. Parce qu’un grade, c’est un grade et c’est partout pareil. Le seul truc, c’est de se faire respecter par des branleurs qui méprisent les étrangers. Connards va. Tous des connards. Je ne suis pas mieux, mais au moins je ferme ma gueule. Quoique. Des fois, ça ne me ferait pas de mal si effectivement je la fermais.

    Après ces deux heures de cours complètement merdiques ceci dit au passage, j’avais eu l’idée d’aller me doucher vite fait avant le cours de métamorphose, mais bien évidemment, avec cette putain d’eau changée en sang, je ne pouvais pas faire grand-chose, alors je restai avec mes habits crades et détrempés jusqu’à ce que j’aille à la salle commune, le temps de me changer, et je me suis pointé au cours suivant, où j’avais fait l’affront à Vanessa d’arriver en retard, prenant délibérément mon temps avant d’arriver. Histoire de se faire désirer. Histoire de marquer le coup, de donner un avant goût de ce que pourrait être la séance. Parce qu’il était évident que je n’allais pas laisser la jeune femme tranquille très longtemps. Je suis un emmerdeur, est-il seulement utile de vous le rappeler? Et fier de l’être, devrais-je ajouter. Finalement, je ne valais pas mieux que les autres branleurs que je critique souvent. Sûrement parce que j’en suis un. Et on a tendance à critiquer ce qu’on retrouve chez soi. Quand on me dit cela, je ne peux qu’hausser les sourcils d’un air blasé, n’en croyant pas un mot. Tout comme j’ai haussé les sourcils d’un air blasé lorsque Vanessa m’aboya dessus pour m’annoncer que j’avais gagné une retenue. Tout ce que je pus faire juste après, c’est agir tout aussi stupidement que de sourire comme un crétin. Ultime provocation, provoquant la colère de la blonde. Un rictus sadique étirant les lèvres du Serpentard qui adorait la faire marcher. Tout ça pour qu’elle s’intéresse à moi. Pathétique, je sais, mais j’aimais avoir l’attention sur moi de temps en temps, comme le connard prétentieux que j’étais. Ca n’avait pas manqué. J’avais exigé une attention particulière, et je l’ai eue, écopant même d’un traitement particulier. Au lieu de m’offusquer de cette retenue à venir je m’en délectai plutôt, m’imaginant alors ce que je pourrais faiire alors étant en tête à tête avec elle. Sitôt, des images scandaleusement indécentes me vinrent à l’esprit, mais je savais que je n’avais pas le droit de penser ainsi. Surtout que la main d’Anna venait s’aventurer sur ma cuisse, et commençait doucement à tracer de petits cercles, provoquant en moi une série de frissons. Sitôt après, je me sentis apaisé, plus calme, moins énervé aussi. Elle avait dû sentir que j’étais une bombe à retardement.

    Finalement, la journée s’avéra mieux que prévu, mais n’en demeura pas moins naze de chez naze. Le temps ne s’était pas amélioré, j’avais froid, faim, j’étais pas très bien. J’avais chaud la seconde d’après. Et je me surpris à éternuer bruyamment pendant le repas, alors que je rajustai mon chandail sur mes épaules. Ma gorge commençait à m’irriter, je me sentais patraque. Mais j’étais en retenue ce soir là, et je n’allais pas me déroger à la règle. C’est après avoir enfilé trois pulls, autant de t-shirts, et deux paires de chaussettes en plus d’avoir mon uniforme que je me rendis dans le grand hall où on avait rendez vous. Et vous savez quoi? Même ainsi emmitouflé j’avais toujours aussi froid, je ne parvenais pas à me réchauffer. Putain. Pourvu qu’à cause de cette satanée pluie je n’aie pas attrapé la crève, ça serait vraiment mais vraiment le pompom. Alors, j’attendais, comme un con. De toute façon je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre. Et elle arriva, bientôt. Je penchai la tête sur le côté, et la regardai approcher, examinant d’un air moqueur sa tenue. Elle avait l’air plus vieille, mais je persiste et signe, elle ne devait guère être plus vieille que moi. Elle ne m’impressionnait pas. A dire vrai, je la trouvais mignonne à vouloir montrer qu’elle était plus forte. On aurait dit la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf. Dans le cas de Vanessa, ce n’était pas par orgueil, mais dans le souci de maîtriser l’élève un peu crétin que j’étais, et qui avait une trop grande gueule à son goût. Je me trompe? Bien sûr que non. Je ne me trompe pas, moi *air innocent*Jamais…Quoique, quoique. Ça arrive ça? A peine!

    J’étais crevé, nom de dieu. Tout ce que je voulais, c’est d’aller me terrer sous les couvertures, emmitouflé dans une doudoune et des moon-boots, avec les moufles et la bouillotte de surcroît. Et surtout, se foutre la tête sous l’oreiller, rester là. Dormir. Mon lit m’appelait, pourtant il était vingt heures, et…ah, non, je ne devais pas penser à la soirée qui s’annonçait pourtant difficile. Je toussai dans mon écharpe. Sans un bruit, nous nous élançâmes au dehors, dans la nuit. Il faisait encore plus froid qu’à l’intérieur, et je dus résister à l’envie de m’enfuir à toutes jambes pour aller dormir dans le feu de la cheminée dans la salle commune. Oui, carrément dans l’âtre de la cheminée, avec les flammes qui brûlaient autour. Le rêve. L’enfer me paraîtrait sûrement glacial en ce moment. Je me surpris alors à rêver de Sahara, et autres déserts arides. En pensant qu’en pleine journée les températures montaient facilement à cinquante degrés à l’ombre. Mais j’étais en Angleterre et non en afrique. Et je venais mettre les pieds dans un endroit humide et à l’odeur nauséabonde. Les serres de botaniques. Un endroit tout à fait charmant, en somme. Un endroit où j’aimerais passer ma vie entière *ironie* Je me tournai alors vers Vanessa, fronçai les sourcils, mes mouvements amplement limités par ce que je portais, puis je déclarai, acide:

      « -Ce sont vos quartiers? Pas mal, parfaitement approprié pour les belles plantes »


    Insolence, je sais, ne me ressortez pas le couplet. Nah mais oh, vous ne vous êtes pas rendus compte que je lui faisais un compliment, là? Quoique. Elle ne devait même pas s’être rendue compte de l’ambigüité de mes propos. Allons, bon. C’est quoi la suite du programme, mademoiselle?

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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Mer 26 Aoû - 11:31

[Non, ça ne me gêne pas. J'ai enfin introduis les fameux cache oreilles XD]

    Vanessa avait hâte de connaitre sa réaction. Elle comptait bien lui faire durement payer son attitude de la veille. Attention, elle était peut être blonde mais elle n’était pas une imbécile. il ne fallait pas penser que parce qu’elle était jeune, elle allait laisser faire aux élèves tout ce qu’ils souhaitaient. Surtout pas maintenant. D’ailleurs, elle eut la fierté de remarquer qu’il n’avait toujours pas obtenu la réponse à sa question sur ce sujet. Et il n’était pas prêt de l’obtenir criait une voix intérieure dans sa tête. Prenant le temps d’observer plus attentivement le russe, Vanessa me manqua pas de remarquer qu’il n’avait pas l’air bien. En découvrant son élève, Vanessa se demanda un instant si il se moquait encore d’elle. Il semblait incroyablement couvert et ressemblant plus à un bibendum qu’à un être humain. Combien avait-il mis de pull au juste pour arriver à un tel résultat ? Elle ne l’avait jamais vu autant couvert. Pourtant, l’air arrogant qu’il avait constamment sur le visage ne lui faisait pas défaut cette fois non plus. Peut être qu’elle devrait prendre une photo avec son portable pour l’envoyer à cette gossip trucmuche. Le vrai visage du playboy, oui le titre sonnait bien. Ravalant un sourire moqueur, elle secoua la tête. Un éternuement étouffé brisa son cheminement de pensée et la blonde fronça les sourcils. Curieusement, elle avait pensé qu’un russe ne serait pas sensible au climat anglais. Après tout, là bas, il faisait constamment froid et il y avait toujours de la neige alors pourquoi Russlan était-il visiblement malade ? Peut être jouait-il simplement la comédie pour la tester ? Ou bien peut être avait-il de la fièvre et devrait-il être couché dans un lit au chaud… Non, elle n’était absolument pas inquiète pour lui. Après tout, il n’avait eu que ce qu’il méritait. Mais oui, continuez à se faire des illusions était la clef… Parce que non, il ne l’obsédait pas. En même temps, il aurait été très difficile de l’oublier étant donné que Russlan faisait tout, surtout les pires bêtises, pour qu’elle le remarque. Et lors de très rares occasions, Vanessa se demandait vraiment ce qui lui avait pris d’avoir un tel comportement avec lui lors de leur première rencontre, dans la salle de bain. Ça n’avait pas été banal, mais après tout, étant donné qui ils étaient, aurait-il fallu attendre autre chose ?

    Reprenant ses réflexions sur la condition physique du brun, Vanessa se demanda un instant si il était réellement aussi mal qu’il en avait l’air. Pourtant, il n’avait pas manifesté le moindre signe de maladie durant la journée. Comment le savait-elle ? Non, elle ne l’observait pas. Il ne fallait pas non plus croire qu’elle passait son temps à l’espionner. Non, il l’énervait tellement que Vanessa vérifiait qu’il se tenait à carreau. Voilà, c’était l’explication logique. Elle faisait ça pour le bien des autres occupants du château. Peut être faudrait-il penser à lui offrir une médaille pour son dévouement extrême. Jetant un regard noir pour répondre à l’observation méthodique de sa tenue, elle prit les devants et s’éloigna. Oh si il pensait avoir une soirée bien tranquille au coin du feu, c’était raté. Non, il allait patauger dans la boue. Enfin, peut être pas, mais son travail serait tout aussi salissant. En découvrant que la pluie n’avait pas cessé cependant, Vanessa réalisa que son observation ne serait peut être pas si fausse en fin de compte. La terre détrempée était devenue glissante et Vanessa croisa mentalement les doigts pour ne pas chuter lamentablement à terre dans la boue. Sinon, sa réputation était faite. Après tout, n’était ce pas à cause d’une stupide chute qu’elle avait rencontré le russe ? Elle préférait néanmoins oublier ce détail, des images d’une rare intensité envahissant son subconscient à l’idée d’une nouvelle rencontre de ce genre dans la salle de bain. Le jardin botanique était un endroit neutre. En vérité, si Vanessa avait eu envie de le punir et de dégonfler un peu son égo, elle devait également avouer qu’elle avait été légèrement apeurée à l’idée de se retrouver seule avec lui dans son bureau. Après tout, la serre de botanique était un lieu qui pouvait être fréquenté par quelques enseignants et ainsi, ils avaient le risque d’être interrompus à chaque seconde. Comment ça, elle se cherchait des excuses ? Non, elle ne fuyait pas l’affrontement, l’ex Serdaigle le retardait. En fait, Vanessa n’était pas certaine de pouvoir encore longtemps tenir tête au charismatique préfet en chef russe. Une part d’elle voulait craquer mais elle avait jusqu’ici réussit à la faire taire. C’était peut être pour cette raison qu’elle avait décidé de le ridiculiser un peu. Le voir dans cet accoutrement, la goutte au nez avait déjà réussi à quelque peu refroidirai ses ardeurs. Mais ce qu’elle lui réservait stopperait définitivement le flot de pensées traitresses qui l’envahissaient à chacune de leurs rencontres, ou n’était ce pas plutôt des affrontements ?

    Tâtonnant délicatement dans sa poche de manteau, Vanessa vérifia que tout son matériel était intact. La retenue n’aurait pas été la même sans ça. Il allait former un tableau parfait. Si son rhume ne suffisait pas à calmer ses ardeurs, nul doute que la tenue qu’elle lui avait concocté finirait par le casser. Oh non, elle n’avait pas du tout apprécié son petit retard en cours, et encore moins sa manière de lui répondre comme si ils étaient déjà amis. Ce n’était pas son problème si juste avant, ils avaient eu un cours pratique de soins aux créatures magiques. Tous les autres élèves avaient été ponctuels et elle n’aimait pas faire d’exceptions. Encore moins pour lui, il en serait beaucoup trop heureux. Néanmoins, son retard avait immédiatement mis les nerfs de la blonde à rude épreuve. Vanessa n’aimait pas qu’on conteste son autorité. Russlan cherchait les retenues. Son air nonchalant l’avait mise en colère et quand elle avait vu la proximité entre le brun et la championne de Dursmtrang, Anna Lorna. Non, elle s’en moquait, après tout, il avait le droit de faire ce qu’il voulait tant que ce n’était pas en classe. Elle s’était jurée de ne plus se retrouver seule avec lui, sauf par nécessité. Mais finalement, elle avait craqué. Elle avait beau être calme, il ne fallait pas trop insister non plus. Une petite voix lui soufflait qu’elle l’avait bien cherché à jouer avec le feu. Elle la fit taire. Ce n’était pas le moment de se faire la morale. Ils étaient arrivés. Elle entra à sa suite, le laissant s’imprégner des lieux. Il ne connaissait pas cette serre puisqu’elle était utilisée uniquement pour les 3ème et 4ème années. Bien de toute façon, elle avait toujours aimé surprendre.

    -Ce sont vos quartiers ? Pas mal, parfaitement approprié pour les belles plantes

    Oui, il faisait vraiment tout pour la pousser à bout. Pourtant, Vanessa n’était pas sure qu’il veuille vraiment savoir ce qu’elle devenait lorsqu’elle était énervée. Attention, elle s’énervait souvent mais jamais jusqu’à franchir le point de non retour. On pouvait lui trouver beaucoup de qualités, mais ses défauts n’étaient pas des moindres lorsqu’ils se manifestaient. Vanessa n’aimait pas du tout qu’on la trahisse. Et si elle accordait sa confiance, c’était pleinement, sans concession. Mieux valait donc veiller à entretenir de bons rapports avec elle si on ne souhaitait pas une douce vengeance. Vanessa se moquait du compliment déguisé, son esprit avait surtout saisi une moquerie flagrante. De toute façon, elle n’arrivait plus à réagir rationnellement lorsqu’elle était fasse à Russlan.

    - Gardez vos flatteries pour vous, monsieur Mihaylov. Elles ne vous sauveront pas cette fois. Encore une autre insolence de ce genre, et vous partirez en retenue avec le concierge. J’imagine qu’il trouvera une punition parfaitement appropriée à votre cas. Il m’est revenu en mémoire vos lacunes flagrantes en botanique et j’ai pensé rendre service au professeur en trouvant un volontaire pour rempoter ces mandragores. J’imagine que vous vous rappelez de vos cours de 3ème année ? demanda-t-elle légèrement moqueuse. A moins que vous n’ayez pas daigné faire l’honneur de votre fantastique présence en cours !

    Oh oui, elle se moquait de lui. Mais, il fallait avouer qu’il l’avait bien cherché. Vanessa attendait le bon moment pour sortir son arme secrète. Son portable était bien au chaud dans la seconde poche de son manteau et elle se demanda très sérieusement si elle allait résister à la tentation. Une vieille citation lui revint alors en mémoire : « le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est d’y céder. » Elle n’était pas totalement d’accord avec ça. Parfois, les conséquences suite à un écart s’avéraient désastreuses. Par exemple, si elle se laissait à avoir une aventure avec son élève, alors elle risquerait non seulement son poste mais risquait également des poursuites pénales. La blonde se demanda un bref instant si son exemple avait réellement été pris au hasard. Comme si cette éventualité ne lui avait jamais traversé l’esprit. En contemplant la serre, des souvenirs revinrent à la mémoire de la jeune professeur. L’odeur de terre ne lui avait jamais particulièrement plu mais en cet instant, il avait un parfum de passé particulièrement troublant. Sortant de ses souvenirs, elle reporta son attention sur l’élève malade. Il attendait légèrement circonspect et Vanessa chercha un bref instant le meilleur moyen pour sortir son attirail. Elle eut presque envie de lui brandir en criant tadaaa mais se retint au dernier moment. Il le prendrait définitivement pour une folle si elle faisait ça. Peut être était ce la solution pour qu’il la laisse définitivement tranquille, alors ? Elle sentait un fou rire, légèrement nerveux l’envahir mais fit de son mieux pour le masquer. Pourtant, un bref éclat de rire vite masqué en toux s’échappa de ses lèvres serrées.

    - Vous avez une blouse à disposition. J’ai également pensé que vous auriez besoin de ça… glissa-t-elle d’une voix veloutée.

    Souriant toujours d’un air légèrement effrayant, Vanessa sortit d’un mouvement vif les cache oreilles, les brandissant devant le nez du russe. La tadaaa n’avait jamais été aussi approprié. Ce n’était pas n’importe quelle trouvaille. La métamorphose avait de très bons côtés. Bien sur, ils n’avaient pas toujours eu cette couleur mais dans son délire, elle avait pensé que cela rajouterait un peu au côté spectacle. Elle ne s’était pas trompée. Il serait mignon à souhait avec ça sur la tête. Vanessa retenait presque son souffle, attentive aux moindres mouvements de son visage d’habitude si figé. Si elle n’arrivait pas à lui provoquer une réaction avec ça, alors elle abandonnait. Elle vit les yeux de son interlocuteur naviguer de son visage vers l’objet qu’elle tenait victorieusement et mordit furieusement ses lèvres pour ne pas éclater de rire. Quiconque aurait vu l’étincelle brillant dans ses prunelles n’aurait pas pensé avoir à une ancienne Serdaigle. Elle ressemblait plus à une petite fille faisant une bonne face. En cet instant, la blonde n’avait jamais fait preuve d’autant de self control. Mais nul doute qu’une fois seule dans son appartement, elle se laisserait aller au fou rire qui se bâtissait lentement.

    - Un problème monsieur Mihaylov ? Demanda-t-elle en haussant délicatement un sourcil parfaitement taillé.

    Elle trouva sa voix relativement calme et sure alors qu’elle bouillonnait intérieurement, prête à se rouler par terre, en se tenant les côtes, d’une seconde à l’autre. Elle avait une furieuse envie de sortir son téléphone portable pour le prendre en photo. Mais elle attendrait qu’il porte les cache oreille avant. Comme ça, elle aurait enfin un moyen de pression sur lui. Et puis, il serait véritablement adorable avec ça. Sa tête valait vraiment le détour. Oh elle pouvait parier qu’il ne s’était pas attendu à ça. Elle venait d’égayer ses froides soirées d’hiver pour les vingt ans à venir. Nul doute qu’elle ne risquait pas d’oublier cet instant et la retenue qui suivrait, promettait d’être tout aussi intéressante. Ok, elle avouait qu’elle prenait enfin sa vengeance en cet instant. Son visage ne pouvait pas tricher. Le masque était tombé. Et elle voyait bien que le brun se demandait sérieusement si c’était une plaisanterie. Pourtant, il aurait du savoir qu’elle ne plaisantait jamais en matière d’étude. Oh, mais non, elle n’avait jamais été aussi sérieuse de toute sa vie. Il allait apprendre ce qu’il en coutait de s’attaquer à Vanessa Wright.

    - J’ai toujours pensé que le rose vous irait à la perfection…
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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Dim 30 Aoû - 3:11

    Elle pourrait avoir pitié, non? Elle devait avoir pitié. On voyait bien que Russlan était inoffensif. Enfin, presque, puisqu’il était encore à même de se défendre en envoyant des piques. De parler pour ne rien dire. De s’attaquer de la sorte à son enseignante, s’il devait la considérer comme telle. Parce que s’il avait eu 6 ans, encore, il n’aurait rien dit, mais là, elle avait 5 ans de plus que lui dans le pire des cas, et ça faisait bizarre. Mais rien ne sert de polémiquer sur le sujet encore longtemps, nous avons déjà eu bien l’occasion de débattre sur la question. Et nul doute que ce débat continuera de déchaîner les passions. Russlan, sitôt son insolence dite, réprima un frisson lorsqu’un courant d’air venu du dehors (forcément, le courant d’air, il venait pas de sa tête à ce qu’il sache…) eut l’audace de se faufiler par ici. Il claqua des dents, et se frictionna les bras comme pour se réchauffer. Mais sachant la couche de vêtements qu’il avait sur lui, c’était un geste tout à fait superflu. Alors, il allait cailler toute la soirée. Tant pis pour lui, il l’avait bien chercher. A force de jouer au con…il avait eu ce qu’il méritait. Alors il irait en retenue. Ne ferait pas d’histoires (ou pas, c’est selon si son côté connard qui s’assume avait décidé de la boucler ou non) et serait un gentil petit garçon, écoutant sa gentille maîtresse, faisant sa punition comme l’élève docile et discipliné qu’il était censé être. Non mais oh, vous avez entendu jouer où cet air là? Depuis quand Russlan était le gentil élève qui filait tout doux quand son enseignante lui donnait des ordres? Ce n’était que dans les films que le connard devenait tout à coup un gentil petit agneau. Même si le connard en question était vêtu de trois tonnes de vêtements, qu’il avait une écharpe autour du cou, les joues rosies, les yeux plus brillants, ses cheveux plus ébouriffés que jamais. Une vraie plaie à coiffer. D’ailleurs, il n’avait même pas cherché à s’arranger un peu. Il paraissait même que ça lui donnait un certain charme. Charme qui s’exacerbait quand il affichait son sourire en coin tordu dont lui seul avait le secret. Et c’Est-ce même sourire qu’il afficha lorsqu’elle prononça ces quelques mots.

    - Gardez vos flatteries pour vous, monsieur Mihaylov. Elles ne vous sauveront pas cette fois. Encore une autre insolence de ce genre, et vous partirez en retenue avec le concierge. J’imagine qu’il trouvera une punition parfaitement appropriée à votre cas. Il m’est revenu en mémoire vos lacunes flagrantes en botanique et j’ai pensé rendre service au professeur en trouvant un volontaire pour rempoter ces mandragores. J’imagine que vous vous rappelez de vos cours de 3ème année ? A moins que vous n’ayez pas daigné faire l’honneur de votre fantastique présence en cours !

    Elle tenait toujours à son image de prof autoritaire, hein? Russlan se contenta de pincer les lèvres quand elle fit sa tirade, avant de se pincer l’arête du nez. Geste qu’il faisait souvent lorsqu’il était anxieux, entre autres. Il darda sur elle un regard implacable, neutre, trop neutre peut-être, encaissant la référence directe à sa troisième année. Année qui avait été désastreuse ceci dit en passant. Pour causes personnels. Motif familial. Mais il ravala la remarque qu’il s’apprêtait à lui sortir. Parce qu’il n’aurait pas été très tendre avec elle. Le côté sale gosse insolent qui ressortait avait voulu s’exprimer, s’insurger contre cette remarque, mais Russlan s’obligeait à rester calme. D’ailleurs, pourquoi la troisième année précisément, hein? Et qu’est-ce qu’elle en avait su…stop. Arrête là la paranoïa. Elle n’est pas au courant. Elle a dit ça parce que l’objet de l’étude de ce soir. Et que les plantes ont été vues en troisième année. Elle n’a pas dit ça pour te vexer, vieux. Elle a juste plaisanté sur le fait que t’es une brêle en botanique et… Voilà. Pas de quoi dramatiser. Même si Russlan ne put s’empêcher de lancer une réplique bien percutante cependant. Il n’aimait pas qu’on le titille. Surtout à ce sujet, qui demeurait sensible, même des années après. Alors, sa réponse claqua:

    « -Ma mère est morte quand j’étais en troisième année. Donc non, je ne suis pas allé en cours pendant cette période là, et de ce fait, il est fort probable que cette partie du programme m’ait échappé. »

    La phrase en elle-même était plus que correcte. Aucune insolence. Le tout dit avec neutralité. Ce qui pouvait juste choquer, c’était la révélation que Russlan avait faite. Mais on voyait bien qu’il ne se fichait pas d’elle. On voyait bien son air crispé, légèrement tendu. Et surtout, le silence morbide suivant cette déclaration, signifiant que l’incident était clos. De toute façon, il la mettait au défi de répondre quelque chose. Il ne voulait pas des sempiternels désolés. Surtout venant de sa part. même si elle n’avait rien à voir avec tout ça, ça le vexait amplement. Russlan avait beau être largement majeur et vacciné, il avait parfois les réactions d’un gosse capricieux, celles de l’enfoiré dont il se donnait parfois l’image. Et le pire, c’est qu’il s’en vantait. Mais Russlan savait que ce Russlan là n’était pas le Russlan d’Anna. Celui qu’elle aimait, c’était ce qu’il y avait sous sa carapace faite de sarcasme, de provocation et de débauche. Certes, son côté débauché faisait de lui un amant expérimenté, appréciant comme il se doit les plaisirs charnels, mais qui se montrait à la fois doux et fougueux, indomptable et docile, romantique et passionné. Tout un tas de paradoxes sommeillaient en lui, et il ne se dévoilait qu’au fur et à mesure, voulant laisser aux autres le plaisir de le découvrir à plus ou moins long terme. C’est comme ça qu’il parvenait à garder ses conquêtes, à les retrouver régulièrement pour froisser les draps, sans avoir nécessairement besoin de parler. Russlan était quelqu’un de très libre, qui ne se souciait pas vraiment de ce que les autres pouvaient penser à son propos. Parce que là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir.

    Tout comme il regarda sans plaisir le lieu de son incarcération. Du moins, c’était la première fois qu’il y prêtait réellement attention, préférant ne pas s’attarder sur des éléments détestables tels que l’odeur monstrueuse de l’humus, l’humidité omniprésente, ou encore…Ce n’était pas un endroit où il irait habiter, c’est clair. Mais ce soir, il allait devoir faire avec. Même si cette perspective ne le réjouissait guère, il était hors de question qu’il montre l’étendue de son désarroi face à Vanessa. Il lui avait déjà trop dit concernant sa mère. Il aurait manqué plus que ça, qu’il la renseigne sur le comment de l’évènement. Ou encore même sur le pourquoi. Il y a une maxime qui dit, comme ça, qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Et bien entendu, quand on disait cela, il ne s’agissait pas de rouler un patin. Mais bel et bien d réfléchir avant de parler, chose que Russlan, apparemment, ne savait pas faire. Après un moment qui lui sembla être une éternité, Vanessa rompit le silence une nouvelle fois.

    "-Dites moi. Qu’est-ce que vous allez me faire faire? Extraire le pus de bubobulb? Parce que dans ces cas là, j’aurais peut-être eu besoin de gants en plus de ma blouse. »

    Il lui décocha alors un adorable sourire, d’un air de dire qu’il lui restait quelques notions élémentaires de cours. Parce que quand il a commencé à aller mieux, il avait réintégré les salles de classe, et il avait dû tout rattraper. Mais il ne fanfaronna pas plus longtemps lorsqu’elle exhiba sa trouvaille. Une paire de magnifique cache oreille, rose vif, rose Barbie, en moumoute rose, le genre de trucs immondes que Russlan ne mettrait même pas pour se déguiser.

    « -Un problème monsieur Mihaylov ? »

    Effectivement, il regardait la paire de cache-oreilles, puis Vanessa, et encore les cache-oreilles. Nullement offusqué cependant, c’était certes horrible, mais ses oreilles allaient lui être reconnaissantes. Il se contenta de lui décocher un large sourire moqueur, retrouvant toute sa prestance, avant de murmurer, toujours aussi stoïque:

    « -C’est gentil d’avoir pensé à apporter de quoi me couvrir les oreilles, j’ai oublié mon bonnet à la salle commune. Et comme on dirait bien que j’ai attrapé la crève, votre cadeau tombe à pic. »

    Et sans dire quoi que ce soit d’autre, il les prit et les mit sur sa tête, un sourire goguenard, cette fois, typiquement Serpentard, typiquement lui, resta rivé sur ses lèvres. Parce que lui aussi savait jouer. Parce que mieux encore, il jouait toujours le jeu, sans jamais se défiler. Parce qu’il était stupide, Russlan n’était pas une poule mouillée. Et parce qu’il n’était pas une poule mouillée, il acceptait le défi tacite que Vanessa lui posait. Quand on s’appelait Russlan Mihaylov, on avait un principe: ne jamais se défiler. Peu importe où, peu importe qui.

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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Lun 31 Aoû - 17:43

    Oh Vanessa n’était pas insensible à sa détresse mais elle en avait marre d’être le dindon de la farce. Ça commençait de bien faire à force. A chaque fois qu’elle tentait de s’approcher d’un élève, tout finissait par lui retomber sur le dos. Du coup, elle punissait. Ce n’était certes pas une bonne solution mais c’était censé être provisoire. Elle ne s’attendait pas à le voir changer du tout au tout du matin au soir. Mais finalement, cela prouvait une chose, mais les playboy étaient humains. C’était finalement rassurant de voir que même cet égocentrique de base pouvait avoir des faiblesses comme tout le monde. Pour le moment, peut importait ses tentatives, aucune n’avait marchée. On ne la respectait définitivement pas. Elle savait bien que certains collègues vieux jeu ne l’aimaient pas non plus mais ils avaient la délicatesse de faire comme si. C’était déjà mieux que rien. Mais en le voyant se frictionner, une violente envie de le réchauffer d’une toute autre façon s’empara d’elle et elle déglutit difficilement. Il était malade et elle, elle voulait lui sauter dessus. Finalement, peut être que la faiblesse d’un garçon était beaucoup plus efficace que l’arrogance pour la faire succomber. Oui, ils étaient seuls tous les deux. Le fantasme de l’élève et du professeur s’imposa avec force dans son esprit et elle en aurait presque rougi. Elle aurait pu prendre l’avantage mais il ne demandait que ça et elle en était énervée. Vanessa n’aimait pas passer pour une fille facile. Alors, elle allait résister à ses pulsions. De toute façon, il avait été insupportable en cours, elle n’allait pas être agréable avec lui-même s’il était prétendument malade. Pourtant, même diminué, elle sentait qu’il ne lui ferait aucun cadeau. Si elle lui laissait une opportunité il attaquerait sans remords. Mais, bien sur, elle ne faiblirait pas.

    Elle ne savait plus quoi faire avec lui. Quoiqu’elle dise, il avait toujours ce même sourire aux lèvres et elle avait presque l’impression que les rôles étaient inversés au fond. Il semblait plus mature qu’elle et au fond, le problème venait peut être de là. Comment se faire respecter par quelqu’un qui avait plus d’expérience que vous ? Question maturité, il semblait s’être stoppé à l’âge approximatif de 15 ans mais pour le reste… L’âge, tout revenait toujours à ça. Celui de Russlan, le sien, celui du directeur aussi. On le disait incompétent parce qu’il était jeune, disait-on la même chose d’elle ? Qu’on la dise trop jeune pour un tel poste l’énervait. De toute façon, on était toujours le jeune de quelqu’un. Vanessa avait un peu le même problème d’autorité avec les professeurs plus âgés. C’était le genre de choses que son côté idéaliste et engagé avait envie de changer. Au fond, elle savait que c’était son âge qui gênait tout le monde, adultes comme élèves. Peu importait son niveau plus que bon en métamorphose, l’âge primait sur cela. Vanessa remerciait Flint de l’avoir engagée bien sur mais en même temps, elle était ennuyée que les choses se passent comme ça. Que devait-elle faire pour gagner un peu de respect ? Définitivement, elle n’adoptait pas la bonne méthode pour cela. Peut être aurait-il fallu qu’elle fasse plus âgée et moins jolie. En tout cas, ce n’était pas faute d’avoir essayé ce soir. Bon, peut être qu’elle avait l’air plus ridicule que stricte mais zut à la fin ! Elle allait amuser son âge. Chercher à se vieillir ne ferait que montrer des faiblesses exploitables aux élèves.

    Notant qu’elle n’avait pas fermé la porte ce qui semblait ennuyer le russe, elle s’empara de sa baguette et s’en occupa d’un sort nonchalant. Ça ne l’aurait pas dérangé de le laisser dans le froid mais elle s’en serait voulu qu’il attrape la grippe par sa faute. Déjà que les événements actuels étaient légèrement effrayants. Sa réplique sur ses compétences tomba à plat. Oups. Elle avait vraiment l’art de mettre les pieds dans le plat. Elle comprenait mieux pourquoi il avait l’air aussi pincé. Vanessa ne se serait jamais doutée qu’il avait perdu sa mère. Maintenant, elle se sentait vraiment bête. D’autant que le fait qu’il n’ait même pas élevé la voix avait donné encore plus de poids sur cette révélation. Elle se sentait mal mais elle n’aurait pas pu deviner ce qui était arrivé. Ce n’était pas sa faute. Bon, c’était peut être marqué dans son dossier scolaire mais il fallait avouer qu’elle en avait lu des milliers. Finalement, son comportement avec les femmes venait peut être du fait qu’il avait perdu sa figure féminine principale très tôt. Enfin, ce n’était pas le moment de se prendre la tête avec de la psychologie à deux balles, qu’était-elle censée répondre à ça ? Les je suis désolée, ou toutes mes condoléances, lui avaient toujours paru vides de sens et presque insultants. Elle fit la grimace devant sa propre indélicatesse. Parfois, elle se comportait vraiment comme une blonde. Décidément, elle était maladroite jusque dans ses piques. On ne plaisantait pas sur ces choses là. Le mieux était sans doute de faire comme si elle n’avait rien entendu. En tout cas, elle n’allait pas se montrer plus douce parce qu’elle savait ça. Elle faisait preuve de compassion mais quand on l’avait poussé à bout.

    -Ma mère est morte quand j’étais en troisième année. Donc non, je ne suis pas allé en cours pendant cette période là, et de ce fait, il est fort probable que cette partie du programme m’ait échappé.

    Le silence s’installait douloureux, inconfortable. Vanessa ne savait pas quoi répondre à cette constatation. Elle-même avait encore ses deux parents en vie et elle se savait extrêmement chanceuse bien que les sorciers avaient tendance à vivre beaucoup plus vieux que les humains normaux. Elle allait lui prouver qu’elle pouvait faire preuve de délicatesse. Oublier ce petit incident de parcours et repartir du bon pied, voilà la bonne conduite à tenir. Elle n’avait pas oublié pour quelle raison, elle l’avait convoqué ici, dans cette serre numéro 1 de botanique. Elle était passée très près de l’incident diplomatique. Il était curieux que ce garçon si arrogant d’apparence puisse passer en un instant à un être rempli de souffrances. Cela renforçait encore l’attirance qu’elle éprouvait pour cette personne étrange et différente. Elle finissait par comprendre aisément l’attirance quasi magnétique qu’il dégageait sur toutes les femmes et même les hommes. Néanmoins, elle était flattée qu’il se soit un peu dévoilé à elle. Il n’était pas obligé. Il aurait pu l’envoyer dans les roses et elle n’aurait jamais rien su. Quoique sa curiosité naturelle l’aurait peut être amené à chercher la réponse. Finalement, il la voyait peut être un peu comme une professeur. Elle haussa les sourcils en l’entendant distinctement dire qu’il ne voulait pas des sempiternels désolés.

    - Et bien… dans ce cas, je vais vous aider à rattraper vos lacunes… Et je n’allais pas vous le dire, rajouta-t-elle brutalement.

    * Il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Attention, je ne parle pas de rouler un patin.*

    - Je vous demande pardon ? Demanda-t-elle médusée.

    C’était un peu une conversation de sourd qui se déroulait dans cette pièce. Tout semblait décousu, bizarre. Elle n’arrivait pas à croire qu’il ait pu faire une référence graveleuse après avoir été aussi sérieux. Bon sang, comment était-elle supposée réagir à ça ? Et le pire c’est qu’il continuait comme si de rien n’était sur un autre sujet. Vanessa avait l’impression de devenir folle. Préférant ne pas approfondit plus en avant ses découvertes, elle frissonna. Décidant qu’il ne faisait vraiment pas très chaud, Vanessa se lança le plus discrètement qu’elle pu un sort de réchauffement. Elle était peu couverte comparé au brun mais il semblait encore frôler l’hypothermie. Avec un petit sourire d’excuse, elle lui lança également le sort. Une part tordue de son cerveau lui soufflait qu’elle avait peut être envie qu’il enlève quelques vêtements. Elle la fit taire. Cette conscience perverse qui se développait parfois en elle la laissait sans voix.

    - Dites moi. Qu’est-ce que vous allez me faire faire? Extraire le pus de bubobulb? Parce que dans ces cas là, j’aurais peut-être eu besoin de gants en plus de ma blouse.

    - Ça ne m'était pas venu à l'esprit. Peut être pour une prochaine fois... Vous allez rempoter des mandragores. Ce sont des plantes très utiles notamment lorsqu’elles sont adultes pour ramener à la vie ceux qui ont été pétrifiés. Néanmoins, je doute qu’elles servent à cela un jour… ajouta-t-elle en souriant légèrement.

    Le sourire qu’il lui avait lancé l’avait fait fondre et elle avait presque oublié ce qu’il avait dit l’instant précédent. Non, elle ne devait pas s’attendrir. Elle n’avait pas devant elle un enfant dont il fallait prendre soin et qu’il fallait ménager. En plus, elle l’avait punie après désobéissance, retard et comportement déplacé. Sourire qui se figea quand elle exhiba fièrement sa paire de cache oreilles. Vraiment, elle avait envie d’éclater de rire devant sa moue médusée. Ce n’était pas une couleur qu’on portait tous les jours, c’était certain. Elle en avait une seconde pour elle rangée soigneusement dans l’autre poche mais celle-ci était de couleur crème. Montrer sa différence, c’était mérité. Après tout, il avait pris le risque d’arriver en retard à son cours, montrant clairement qu’il n’obéissait pas aux mêmes règles que les autres élèves et bien, en tant que personne à part, il avait eu droit à un cadeau à part. L’arroseur arrosé en somme. Malheureusement, ses cache oreilles soigneusement relookées par ses soins n’obtinrent pas l’effet escompté. Il resta un peu trop impassible et elle nota comme une lueur de soulagement à l’idée de les enfiler. Et puis, son sourire moqueur gâchait son effet dramatique. Mais voir le garçon avec ça sur la tête ne fit que renforcer son amusement.

    - C’est gentil d’avoir pensé à apporter de quoi me couvrir les oreilles, j’ai oublié mon bonnet à la salle commune. Et comme on dirait bien que j’ai attrapé la crève, votre cadeau tombe à pic.

    - Et bien, je suis ravie qu’ils vous plaisent. J’ai pris soin de les relooker spécialement pour vous.

    Tout ça avait l’air d’un jeu. Il prenait la vie comme un jeu. Comment réussir à mettre mal à l’aise ce garçon ? Vanessa ne put s’empêcher de penser que même avec ce truc ridicule sur la tête, il gardait sa superbe. Même malade, ridiculisé, il restait toujours aussi séduisant. C’était impressionnant de voir la confiance qu’il avait en lui. Vanessa ne se retint pas plus longtemps devant son sourire amusé et elle rit. Mieux valait ne pas penser qu’il était capable de tout pour l’instant…
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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Mar 8 Sep - 17:36

    On ne dirait pas comme ça, mais Blondie était quand même assez sadique dans son genre. C’Est-ce que se disait Russlan. Même la mine de déterré qu’il affichait, la tonne de vêtements qu’il portait, ne suffisaient pas pour invoquer de la pitié à la jeune femme. Bien sûr. Elle faisait son job de professeur avant tout. Mais Russlan n’était pas non plus la tête de turc de ses profs. Hé, ho, on arrête un peu le mode Caliméro cinq minutes, hein. Parce que si Russlan se retrouvait dans cette situation, c’est parce qu’il le voulait bien. Il faisait tout pour, à dire vrai. Tout? Précise? Eh bien…Il provoquait, ça c’était clair. Il se permettait de braver l’autorité. Comme un gosse qui, finalement, avait encore besoin de déterminer où se trouvaient ses limites. Russlan n’en avait pas vraiment. Il pouvait tout faire. Tant que ce n’était pas tuer quelqu’un. Alors les règlements, hein, il n’en a pas vraiment grand-chose à faire. Et dire qu’en tant que préfet en chef, il était obligé de faire respecter un minimum les règles…quand on dit que c’est l’hôpital qui se fout de la charité, c’en était pas loin. Russlan avait un peu trop tiré sur la corde ce matin. La corde avait cassé. C’était aussi simple que cela. Mais cela n’avait pas affecté Russlan outre mesure. Il avait toujours ce sourire arrogant aux lèvres, cette auto-suffisance qui en irritait plus d’un. Son attitude j’menfoutiste qui donnait envie de le claquer. Combien de fois, dans le fond, s’était-il fait traiter de branleur? Combien de fois lui avait-on dit qu’il ne ferait jamais rien de sa vie s’il continuer à se comporter ainsi? Il l’avait entendu, tout ça, beaucoup même. Mais quand on y réfléchissait, Russlan n’avait pas grand-chose à quoi se raccrocher. Sa famille? Il n’en avait plus depuis longtemps, et puis même, il s’était embrouillé avec Anastasia parce qu’elle avait en vue un type qui lui sortait par les yeux. Mais tout ce qu’il voulait, ce n’était pas brimer sa petite sœur, il voulait juste la protéger, même s’il s’y était pris comme un manche. Il lui restait donc Anna. Seulement elle. Sa petite-amie, mais même en ce moment, c’était la merde.

    A dire vrai, ça a commencé à être la merde à partir du moment même où Rebecca Stuart était rentrée dans sa vie. Il avait commis l’irréparable. Il n’avait pas pu s’empêcher d’être infidèle. Comme il n’avait pas pu s’empêcher de coucher avec cet anglais l’autre jour. C’était de lui que venait le problème, en fait. Mais bon Dieu, il aimait cette fille. Depuis toujours. Anna était à lui et à personne d’autre. Il lui avait dit pourtant. Mais ça n’a rien changé. Elle voulait qu’il lui dise je t’aime? Il lui a dit je t’aime. Ce fut long, mais ils y sont arrivés quand même. Ils étaient passés par tellement de choses. Il avaient tellement vécu tous les deux. Ca a tenu bon, pendant deux ans. Plus même, si on considère que ça pouvait, éventuellement, remonter à quelques années avant. Ils se sont tournés autour. Il y a toujours eu entre eux de l’amour. Quand ils ont grandi, il y a toujours eu du désir. Même si la vie a voulu qu’ils aient leurs expériences chacun de leur côté. Pour mieux les réunir ensuite. Combien de fois Russlan avait remercié le ciel de lui permettre de se réveiller tout simplement à ses côtés, la contempler, encore et encore. Combien de fois il disait qu’il avait le cul bordé de nouilles de l’avoir, que malgré que lui aussi l’a fait souffrir, elle était restée quand même? Il a même pleuré pour elle. Vous croyez que ça lui avait fait quoi de dormir tout seul quand ils s’étaient disputés? De la voir flirter avec un autre? Dans les bras d’un autre? Russlan avait bien envie de démonter ce Wladok. De lui faire comprendre, d’une façon ou d’une autre, qu’Anna est SA copine et qu’on y touche pas. Parce que Russlan est terriblement jaloux et possessif, en plus de cela. Anna était à lui et à personne d’autre. Si jamais elle doit se trouver un autre mec, il faudra qu’il soit irréprochable. Parce qu’il ne la donnera pas aussi facilement. Il avait tout donné pour elle. Fait des efforts. Renoncé à beaucoup de choses. Il avait été patient, il l’avait laissée aller à son rythme. Il a été là pour lui tenir la main peu après la belle peur qu’elle a eue, lors de cette fichue fête. Il a été là pour sécher ses larmes, la soutenir, l’aimer. Tout ça pour quoi? Pour rien du tout, et ça le tuait. Il voyait que tout partait en sucette, que leur relation, petit à petit, était en train de s’effilocher. Ca le travaillait. Ca le bouffait de l’intérieur. Ca lui faisait mal, plus que de raison. Il avait mal, trop mal. Il avait replongé dans ses anciennes addictions, bien qu’il avait promis à Anna de ne plus jamais toucher à la drogue. Bon dieu, même cette promesse, il n’avait pas été capable de la respecter. Qu’allait-on faire de lui? On se le demande. Et même Vanessa semblait le demander, c’était dire.

    Alors oui, qu’elle le dise si elle pensait qu’il était un branleur. Un de ces petits cons comme on en voyait souvent. Oui, Russlan avait un casier judiciaire. Oui, il pourrait éventuellement faire partie de cette tranche de population qu’on appelait couramment délinquants. Oui, il se droguait. Oui, il avait tenté d’en finir plusieurs fois. Il était tellement abject que même la mort n’avait pas voulu de lui, c’est pour dire. Oui, c’était un salaud fini. Oui, il se mutilait, encore. Oui, il faisait n’importe quoi? Et alors? Il était encore là, non? Oui, c’est injuste. Et non, ce n’est pas de sa faute. C’est injuste dans le sens que des gens biens partaient alors qu’ils n’ont rien demandé à personne. Lui, était pourri de l’intérieur, et il restait. Merveilleux, non? C’est le monde à l’envers; Mais depuis quand le monde tourne rond, hein? Ca se saurait, n’empêche. Alors, il continuait à vivre. En se demandant quand, comment, pourquoi. Pourquoi je vis. Etre ou ne pas être. Tant de questions existentielles, sur lesquelles il s’est souvent pris la tête. Parce que lui aussi avait réfléchi à la question. Il en avait tiré les conclusions qui s’imposaient. Il était détestable. Pour toutes les raisons énoncées précédemment. Alors, il ne méritait pas de vivre. Alors, il ne vivra pas. Catégorique. Mais qu’Est-ce que ça change, dans le fond? Il n’était qu’un jouet entre les mains du destin. Servant à l’accomplissement de ses desseins morbides. Il se sentait mal. On ne pouvait pas avoir idée. Seulement, tout ce qu’on voyait, c’était ce masque d’insolence. Ses propos abrasifs. Ses piques, ses paroles acides. Son sourire arrogant. Sa fierté phénoménale. On ne voyait que ça. Le branleur. Pas celui qui était en dessous. Alors, pourquoi devrait t’il s’emmerder avec les gens qui ne cherchaient pas à voir au-delà des apparences? Il n’y avait pas de raisons. Même s’il était irrécupérable. Il n’avait pas pu s’empêcher de balancer la vérité. Une des nombreuses causes de son comportement. Il n’attendait pas un désolé de sa part. Mais il ne s’attendait pas vraiment non plus à ce qu’elle répondit alors.

    « - Et bien… dans ce cas, je vais vous aider à rattraper vos lacunes… Et je n’allais pas vous le dire, »

    Il aurait eu envie de rire. Un rire froid, sarcastique. Mais rien ne franchit ses lèvres, si ce n’est que ses lèvres se tordirent en un rictus désabusé. Il n’avait que faire de rattraper ses lacunes. Les cours dispensés aux jeunes sorciers ne présentaient pas le moindre intérêt à ses yeux. Il n’eut pas le temps de répondre, parce qu’elle venait de s’exclamer:

    « - Je vous demande pardon ? »

    C’était à son tour d’arquer un sourcil, d’un air de demander lui aussi pardon. Il était interloqué, et il n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait lui reprocher. Encore. Il lui jeta un regard noir, avant de répondre, sèchement.

    « -Je disais donc, que je n’en ai que faire de combler mes lacunes. Tout ce qui m’intéresse, moi, ce sont les maths, la physique, la science. Je m’en contrefiche de savoir quel est le régime alimentaire d’un Sombral, de savoir transformer un rat en verre à pied, de préparer correctement un philtre de paix, ou une quelconque autre connerie du genre. Si j’en avais eu la possibilité, je serais dans une école où j’aurais pu faire ce que je voulais. Parce que moi, plus tard, je ne veux pas être un scientifique, mais je veux vivre de ma passion, alias la photographie. Mais ce sont des écoles très coûteuses, et je n’ai suivi aucune formation dans une école Moldue. Je n’ai donc aucune qualification, et aucun diplôme. Et surtout, pas le moindre sou en poche. Alors vous pouvez comprendre que ça me gave vraiment de voir tous ces jeunes pétés de fric ici, qui te regardent de haut parce que tu portes des baskets élimées au lieu de je ne sais quelle marque de luxe. Alors je suis désolé, professeur mais tout ce que je veux, c’est avoir mon papier, histoire de me dire que j’aurai réussi quelque chose dans ma vie, et pour éviter d’avoir à retaper une année comme ce fut le cas dans le passé. A cette heure ci, je ne devrais plus être à l’école, mais j’y suis. Alors vous voyez, je subis, moi. Je suis le plus âgé, je me fais passer pour un cancre, je m’emmerde en classe parce que je suis surdoué, mais voilà, je suis là. Le fait que je sois coincé avec vous en retenue ne fait que de confirmer cela, non? »

    Il avait parlé trop, il le savait. Il dépassait les bornes. Mais il avait besoin de s’exprimer. Certes, on lui avait appris à se la fermer quand il le fallait. Mais Bon Dieu, il n’était pas du genre à se taire sans réagir, surtout lorsqu’on l’a attaqué sur ses compétences. Il voulait juste remettre les choses à leur place. Oui, Vanessa allait se casser les dents sur le cas Russlan. Et alors? Des élèves en difficulté, voire même difficile, ou encore des cas sociaux, il en faut pour forger le caractère d’un prof. Parce que les profs n’allaient pas tout le temps tomber sur des méga-bisounours. Chacun avait son vécu, son histoire, et un caractère qui faisait qu’ils s’accommodaient ou non des règles. Manque de bol, Russlan était quelqu’un d’assez libre et qui restait au dessus des règlements. Il avait un caractère pour. Anticonformiste à ses heures. Des opinions bien tranchés, un caractère en acier trempé malgré ses humeurs extrêmement changeantes. Alors, il fallait faire avec. Russlan était indomptable. Même avec les personnes dont il était proche. Parce qu’il surprenait encore, bien malheureusement. Il avait mis les cache oreille et il n’entendit plus rien. A présent, il savait que c’était sur le plan mental que tout allait se jouer. Alors, il regarda Vanessa rire. Lui ne se démontant toujours pas. Lui étant malgré tout opérationnel, et prêt à accomplir le boulot du jour. Juste histoire de faire genre. Même si ça ne l’empêchera pas de recommencer, encore et encore, parce que nom de dieu, il aimait provoquer.

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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Sam 19 Déc - 2:11

    « - Je vous demande pardon ? »

    « -Je disais donc, que je n’en ai que faire de combler mes lacunes. Tout ce qui m’intéresse, moi, ce sont les maths, la physique, la science. Je m’en contrefiche de savoir quel est le régime alimentaire d’un Sombral, de savoir transformer un rat en verre à pied, de préparer correctement un philtre de paix, ou une quelconque autre connerie du genre. Si j’en avais eu la possibilité, je serais dans une école où j’aurais pu faire ce que je voulais. Parce que moi, plus tard, je ne veux pas être un scientifique, mais je veux vivre de ma passion, alias la photographie. Mais ce sont des écoles très coûteuses, et je n’ai suivi aucune formation dans une école Moldue. Je n’ai donc aucune qualification, et aucun diplôme. Et surtout, pas le moindre sou en poche. Alors vous pouvez comprendre que ça me gave vraiment de voir tous ces jeunes pétés de fric ici, qui te regardent de haut parce que tu portes des baskets élimées au lieu de je ne sais quelle marque de luxe. Alors je suis désolé, professeur mais tout ce que je veux, c’est avoir mon papier, histoire de me dire que j’aurai réussi quelque chose dans ma vie, et pour éviter d’avoir à retaper une année comme ce fut le cas dans le passé. A cette heure ci, je ne devrais plus être à l’école, mais j’y suis. Alors vous voyez, je subis, moi. Je suis le plus âgé, je me fais passer pour un cancre, je m’emmerde en classe parce que je suis surdoué, mais voilà, je suis là. Le fait que je sois coincé avec vous en retenue ne fait que de confirmer cela, non? »

    Vanessa plissa les yeux, d’un air désabusé. Elle se demande un instant si elle venait de rêver la dernière réplique ou non. Le temps que son cerveau assimile l’étrange situation qui venait de se dérouler, le russe avait déjà continué sur sa lancée. Son regard noir la transperça et Vanessa frissonna. Sur le moment, elle fut même heureuse de porter des vêtements pour cacher cet instant de faiblesse. La blonde se sentit assaillie par ces sentiments d’une force quasi violente. Elle ne cherchait qu’à l’aider. Il allait presque la faire culpabiliser avec son discours. Elle n’allait quand même pas s’excuser pour l’avoir mis en retenue alors qu’il l’avait bien cherché, si ? En vérité, elle était presque sur le point de le faire. La jeune enseignante réalisa à quel point son père aurait honte de sa conduite actuelle. Ils l’avaient élevé comme une femme sure et maitresse d’elle-même, elle n’était plus que doutes et incertitudes. Etait ce cela qu’on ressentait par amour ? Non, ce n’en était pas. Ça ne pouvait pas en être. Ils étaient élève et professeur. C’était un élément qu’elle ne parvenait pas occulter malgré tout. Peu importait d’ailleurs à quel point elle pouvait en avoir envie.

    Néanmoins les étranges phénomènes qui se manifestaient lorsqu’elle était en présence du brun commençaient de l’inquiéter. Soit elle devenait réellement complètement folle, soit il se moquait d’elle et jouait parfaitement la comédie. Dissimiler si bien son trouble relevait de l’exploit. Quelque quoi la réalité, aucune des deux hypothèses ne pouvait la satisfaire. Dire que Vanessa était surprise était clairement un euphémisme. Il avait fait preuve du plus grand irrespect, et pourtant, la blonde avait une folle envie de le cajoler. Elle n’allait vraiment pas bien dans sa tête, cette fois c’était certain. Peut être qu’un petit tour à St Mangouste pourrait arranger les choses ? Vanessa envisageait réellement cette hypothèse. Peut être étaient-ils tous témoins d’une hystérie collective, ce qui expliquerait le sang qui coulait des robinets et autres évènements inexpliqués qui secouaient actuellement le château. Ce qui était sur, c’est qu’elle avait bien choisi son moment avec cette histoire de retenue. Elle eut presque envie d’y mettre immédiatement fin et de le renvoyer au château. Il était malade et elle, elle ne savait même pas ce qu’elle faisait ici. Se montrer méchante ou sadique n’était pas du tout dans ses habitudes et elle manquait clairement de pratique. Une petite voix lui soufflait que si elle restait jusqu’à la fin de l’année, elle aurait le temps de s’améliorer. Oui, si elle restait évidemment…

    L’énervement commençait de la gagner autant que le froid pétrifiait ses membres. Pour qui ce prenait cet arrogant playboy ? Elle durcit le regard et resta impassible alors qu’il finissait sa tirade. Comment avait-il donc réussi à dire professeur en faisant passer ce mot pour une quasi insulte. Il inversait un peu trop les rôles. Elle n’était pas une copine de classe. Elle lui avait d’ailleurs permis beaucoup trop de liberté. Maintenant, il était certainement trop tard pour redresser la barre mais elle allait quand même tenter. Comme disait son père, il ne fallait jamais rien abandonner même quand la cause était perdue d’avance. Elle aurait pu applaudir si elle n’avait pas été contre lui. La vie n’avait rien de facile. Elle l’avait appris, et lui également. Mais parfois, il suffisait simplement de craquer l’apparence que l’on montrait au monde pour se sentir mieux. Elle se demanda un instant comment agir. Renchérir dans la colère n’apporterait rien de bon et elle était sure qu’il devait être calmé maintenant. L’abcès avait éclaté. Sauf qu’elle n’avait pas envie de rester à jouer la gentille et compréhensive Vanessa. Ça ne lui apportait rien de bon ces derniers temps.

    - Vous avez fini ? Je peux en placer une ? Je n’avais pas la moindre idée de vos penchants pour ces domaines. Et à vrai dire, vous pensez réellement que je rêvais de devenir professeur ici ? Au début, ce n’était pas mon but. Mais l’échec, les voies de secours font parties du quotidien de chacun. Si je ne peux qu’approuver vos paroles sur les élèves du château, je dois également faire remarquer que chaque établissement à ses propres codes sociaux et je doute fortement que durmstrang échappe à la règle. Et vous faire passer pour une victime n’arrangera rien, vous ne croyez pas ? Après tout, vous êtes ce garçon adulé par les filles, jalousé par les garçons. Etre un cancre rajoute à votre aura et au charme que vous possédez déjà. Les choses pourraient être pires. Elles peuvent toujours l’être. Vous êtes en bonne santé et vous êtes dans la meilleure élève du monde sorcier, alors que demander de plus ? Il serait peut être temps de prendre des risques, d’oser faire voler en éclat les faux semblants que vous vous imposer. La peur, l’incertitude ne font qu’accroitre le malaise qui vous habite en cet instant. Vous vous sentez mieux ? Parce que je ne tolérerai plus ce genre d’écart à l’avenir, Russlan. Est ce clair ? termina t-elle d’un ton pet-sec qui n’était pas sans rappeler celui du professeur McGonnagall à son époque.

    Au fur et à mesure de son discours, Vanessa finit pas se demander si elle parlait de lui ou d’elle au final. Parce que leurs situations si différentes qu’elles étaient possédaient des caractéristiques vraiment similaires. Elle luttait aussi contre ses envies. Elle respectait les codes de la société, des codes qu’on lui imposait. Peu importait son avis au fond. Elle suivait gentiment, par crainte d’être stigmatisée. Ce serait le cas si elle craquait pour cet élève, si différent de tous les autres, si mystérieux. Vanessa fixa un bref instant les lèvres du garçon avant de détourner les yeux. Plus que jamais, cette retenue n’avait plus lieu d’être. Elle se sentait plus dans la peau d’une psychomage que dans celle d’une tortionnaire. Mais après tout, n’était ce pas son rôle d’enseignante d’écouter et de conseiller les élèves. Un soupir de désespoir lui échappa. Elle ne savait pas quel était son rôle. Elle était trop jeune pour avoir à affronter cela. Rien ne préparait les futurs professeurs à ces types de situations lors de leur formation. Pourquoi diable avait-elle postulé ici ? Ah oui, pour avoir un plus sur son cv et éventuellement garder la place. C’était mal parti.

    - Vous savez Russlan, il n’est jamais trop tard pour tenter de réaliser ses rêves. La pire chose est de choisir quelque chose qui ne plait pas vraiment et fait regretter toute sa vie de ne pas avoir tout tenté pour accéder à son rêve. Et alors, les proches le payent toujours même si on ne le souhaite pas. Vous devriez en parler avec vos enseignants, ils pourraient peut être vous aider. Le monde moldue n’est pas toujours apprécié parmi les sorciers, mais si vous n’essayez pas, vous risquez de le regretter toute votre vie. Personne n’a le droit de vous dicter votre conduite. Ce ne sont pas vos parents qui doivent travailler, vivre votre vie. Ils n’ont pas leur mot à dire, vous êtes adulte. Battez vous pour vos rêves ou vous perdrez tout…

    Elle accompagna sa dernière tirage d’un petit sourire. C’était pour ce genre de chose qu’elle avait d’abord souhaité enseigner. Aider les autres à trouver leur voie était gratifiant. Il permettait de se dire qu’on avait fait au moins une bonne action dans la journée. Elle était peut être naïve ou fleur bleue, mais rendre heureux les gens était vraiment bien. C'était peut être un motif égoïste qui la poussait à agir, comme son propre soulagement de conscience, mais au moins, elle faisait quelque chose de bien. Et Vanessa savait mieux que personne qu’être bridée par une famille n’avait rien de bon. Ne pas pouvoir faire ce qu’on souhaitait était la pire des choses au monde. Et si elle pouvait aider ce russe elle le ferait. Et ce n’était pas uniquement parce qu’elle avait un petit faible pour lui.
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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Ven 1 Jan - 18:23

    Il dépassait les bornes. Il le sentait, il le voyait. Mais cela ne l’empêchait pas de continuer, comme à son habitude. De repousser sans cesse la limite, de mettre davantage les pieds dans le plat. Il aimait ça, et ne s’en cachait pas. Après sa tirade, il ne donnait pas cher payé de sa tête. Mais Russlan s’en moquait. C’est comme si au fond il était né pour la provoc. Son attitude frondeuse n’était plus à démontrer. Et ce soir, c’était à Vanessa d’en pâtir. C’était dommage, mais si elle n’avait pas été là ce soir, probablement s’en serait-il pris à quelqu’un d’autre. Quoique. S’il n’avait pas été là, il n’aurait pas eu sa petite distraction du soir, et ça aurait été fort dommage. Russlan regardait Vanessa, fier de sa tirade, ne se défaisant pas de son sourire empli d’orgueil. Il était clairement à baffer, mais peu en finale osaient. Sauf son père mais c’était une autre histoire. Russlan regardait Vanessa, tel un prédateur guettant sa proie et non tel un élève normalement constitué aurait regardé son professeur. Mais ça faisait parti du jeu malsain qui s’étaient installé entre eux dès la seconde même où ils s’étaient rencontrés. Déjà même que leur rencontre était on ne pouvait plus spéciale. Il avait vue presque nue alors qu’il ne savait même pas son prénom, c’Est-ce qu’on appelle avoir de la chance *tousse* Mine de rien elle lui plaisait, avec ses sourcils froncés, son air sévère ne la rendait que plus charmante au lieu de l’intimider. Et lui, retors comme il est, prenait un malin plaisir à mettre ce fait en avant. Et ça ne plaisait pas à Vanessa. Logique. Elle croyait encore à la hiérarchie. Mais elle ne pouvait pas le nier. Russlan savait qu’il lui faisait effet. Peut-être ténu, mais effet quand même.

    Mais cela était loin de le dissuader de continuer pour autant. Le jeu l’amusait, et lui semblait se complaire dans ses vices. Mais malgré tout ce fard, malgré ces masques, il avait parlé à cœur ouvert, laissant libre cours à son impulsivité. Il avait peut-être dit quelque chose qu’il finirait par regretter, tôt ou tard, mais au mois il se sentait un (tout petit) peu mieux. Restait plus qu’à voir sa réaction. Réaction, qui, comme on pouvait s’y attendre, était des plus sidérées. Rien que ce simple fait soulevait en Russlan des pensées pas très catholiques à l’égard de sa prof, notamment celle de la plaquer contre le mur avec violence et l’embrasser comme avec l’énergie du désespoir, et plus si affinités. M’enfin, quand on connaissait Russlan, c’était davantage le plus si affinités qui se remarquait. L’air était électrique, non pas seulement à cause de la querelle qui était en train de se dérouler, mais aussi parce qu’autre chose se définissait en parallèle, l’étincelle de l’attirance commençait à faire ses preuves. Russlan ne dirait pas non s’il avait la possibilité de se la faire. Après tout elle était vraiment canon et encore plus lorsqu’elle était en colère. Une femme en colère, aux yeux du russe, était toujours sexy. Encore plus quand c’était lui la source de la colère. La normale aurait exigé que Russlan se sente honteux d’avoir manqué d’un respect flagrant envers son prof, car après tout elle lui était supérieure dans la hiérarchie. Mais il était fière de l’avoir faite sortir de ses gonds, même si elle bouillait intérieurement, la manifestation de la colère n’était plus très loin. Serait-ce qu’il ait réussi à toucher une corde sensible? Peut-être. En tout cas ça y ressemblait fort.

    Les mots. On pouvait dire que Russlan était doué pour cela. La parole. La tchatche. Il savait adopté un ton suave et velouté alors que ses mots étaient tranchants comme des lames de rasoir. Il était capable de torturer par de simples paroles, soulever doutes et interrogations grâce à des propos plus qu’ambigus. Il avait appuyé le mot professeur alors que tout le restant avait été dit sur un ton on ne pouvait plus neutre. Et pourtant, on avait là l’impression qu’il venait de la gifler au vu de la tête qu’elle faisait. Pourtant, il n’avait fait que parler. Oui mais voilà, ses mots ne faisaient que de retranscrire une réalité certaine. Ne disait-on pas qu’il y avait la vérité qui blesse? Probablement était-ce qui venait de se passer. Russlan n’était pas un hypocrite. Il était franc, parfois trop, et ça faisait parfois très mal. De même, il avait tendance à intérioriser ses sentiments, surtout négatifs. Il ne voulait rien montrer à personne. Il avait appris à être un dur. A tout vouloir contrôler. Mais à partir d’un certain moment, on ne pouvait plus. Ca finissait par exploser. A force de tout extérioriser, Russlan avait nourri une rancœur tenace, qui, quand elle éclatait, faisait beaucoup de dégâts. Quitte à commettre l’irréparable. Russlan était impulsif, il agissait sous le coup de la colère. Et le regrettait ensuite. Il regrettera probablement ce qu’il a pu dire à Vanessa quand il sera à être reposée. Mais en attendant, tout avait été dit. Ca, c’est fait, avait-il pensé avec amertume.

      - Vous avez fini ? Je peux en placer une ? Je n’avais pas la moindre idée de vos penchants pour ces domaines. Et à vrai dire, vous pensez réellement que je rêvais de devenir professeur ici ? Au début, ce n’était pas mon but. Mais l’échec, les voies de secours font parties du quotidien de chacun. Si je ne peux qu’approuver vos paroles sur les élèves du château, je dois également faire remarquer que chaque établissement à ses propres codes sociaux et je doute fortement que durmstrang échappe à la règle. Et vous faire passer pour une victime n’arrangera rien, vous ne croyez pas ? Après tout, vous êtes ce garçon adulé par les filles, jalousé par les garçons. Etre un cancre rajoute à votre aura et au charme que vous possédez déjà. Les choses pourraient être pires. Elles peuvent toujours l’être. Vous êtes en bonne santé et vous êtes dans la meilleure élève du monde sorcier, alors que demander de plus ? Il serait peut être temps de prendre des risques, d’oser faire voler en éclat les faux semblants que vous vous imposer. La peur, l’incertitude ne font qu’accroitre le malaise qui vous habite en cet instant. Vous vous sentez mieux ? Parce que je ne tolérerai plus ce genre d’écart à l’avenir, Russlan. Est ce clair ?


    Ce qui surprit Russlan dans cette nouvelle tirade, c’était la dureté des mots qu’avait employé Vanessa. Vu le ton employé, il n’y avait aucun doute quant à le nature des émotions qui l’assaillaient. Mais en fait, plus que de réconforter Russlan, cela ne fit que de l’agacer davantage. Bien évidemment. Elle était professeur. Et elle avait un fort côté psychologue. Il fallait s’y attendre. Russlan détestait ça, les gens trop psy. Qui étaient persuadés qu’avec la parole on pouvait aller mieux. Mais là, pour le coup, elle méritait un zéro pointé. Elle n’avait pas compris grand-chose à ce qu’il avait dit. Mais en même temps, elle n’avait pas en mains tous les éléments de la vie du jeune homme pour pouvoir se faire une idée précise sur la question, et donc être à-même de juger. Si ce n’était que ça. Si ce n’était que ça. Mais non, elle ne se doutait de rien. Elle ne savait rien. Il avait des raisons de se comporter en victime. Mais il ne cherchait pas à se faire plaindre. Il avait horreur de ça. Il ne se plaignait jamais de toute façon. Il avait toujours fermé sa gueule et il continuait d’avancer, point. De toute façon, selon lui c’est ça la vie. Marche ou crève. Il avait voulu crever. Ca n’avait pas réussi. Il n’avait plus qu’à marcher. C’était une voie de recours. Mais Vanessa ne devait pas l’entendre de cette façon là. Ainsi, le russe se sentait obligé de mettre à nouveau les points sur les i, pas disposé pour un sou à se laisser marcher sur les pieds. Professeurs ou pas.

      « -Vous n’y êtes pas du tout. Ca se voit que vous etes nouvelle dans le métier. Laissez moi deviner, c’est la première année que vous enseignez? Probablement, vous n’avez pas été confrontée à tous les cas de figure. Pourtant vous parlez comme si vous aviez une longue expérience derrière vous. Vous pointez du doigt mon arrogance mais sur certains aspects vous n’êtes pas mieux que moi. Parce que mine de rien, vous déplorez mon caractère à la con, mais vous et moi avons des points communs. Vous vous voulez sûre de vous? Je le suis aussi, jusqu’à certains points. Comme vous. Si vous êtes incapable de me tenir tête, moi j’ai pas confiance en mes capacités et je me cache derrière un masque. De toute façon on a tous un talon d’Achille. Et non, je ne cherche pas à me faire passer pour la victime, j’ai mieux à faire. Parce que c’est moi qui martyrisait les gens. Et puisque vous avez l’air d’avoir une si bonne idée de ce que je suis, au vu de mon comportement au cours de ces quelques mois passés ici alors que j’ai bien tenu presque vingt ans de ma vie sans me retrouver confronté à vous, c’est bien dommage si vous me jugez de la sorte. Alors maintenant écoutez moi bien. Je ne suis pas un gamin. Alors qu’on cesse de me considérer comme tel. Je ne suis pas QUE le salaud arrogant dont tout le monde parle. Si vous enleviez vos œillères vous verrez que je ne le suis pas. Même si c’est, je le reconnais, ce que je montre. Quant à la santé… »


    Russlan fut animé d’un rire légèrement cynique. Montrant son total esprit de contradiction quant à ce qu’elle avait dit. Là encore elle était loin du compte. Elle jugeait sur ce qu’elle voyait. On ne pouvait pas l’en blâmer pour autant. Mais si on commençait ne serait-ce qu’à soulever les manches, le défaire de ces couches de vêtements protectrices, on verrait déjà là que ça n’allait pas. Ne serait-ce que pour les dommages qui s’infligeait à lui-même. Non, il n’allait pas bien. Mais même à sa tête ça se voyait. La fatigue qui se lisait sur ses traits. Son teint pâle. Son air au bout du rouleau. Sa grande lassitude. Russlan était trop en colère pour se calmer maintenant. Il ressentait le besoin, plus fort qu’un simple désir, de continuer à balancer tout ce qu’il avait sur le cœur. De faire un de ces pétages de plomb dont lui seul avait le secret, et qui n’arrivaient, heureusement, que trop peu. Il s’était arrêté le temps de reprendre ses esprits, de se marrer un peu même si le cœur n’y était pas, puis il poursuivit, certes plus doucement mais là il était incapable de garder son flegme.

      « -…Quant à la santé je disais donc, vous n’y êtes pas du tout. NON je ne suis pas en bonne santé. NON je ne suis pas bien dans ma tête. Une question, Vanessa. Avez-vous eu en main mon dossier psychologique? Vous-êtes vous renseignée un minimum sur tout ça avant d’émettre votre jugement? »


    Il devenait froid, incisif, cruel. Et la pauvre Vanessa était prise entre ses griffes, prise au piège par ses questions. Il s’y prenait très bien pour manipuler les gens, c’était ça le pire. Mais si elle savait…Peut-être ne le verrait-elle plus de la même manière. A l’école ils avaient son dossier psychologique en mains. Il suffisait qu’elle demande à Dezrodnov pour l’obtenir. Pour le consulter. Mais oserait-elle? Oserait-elle après ses injonctions, après ses allusions? Le russe semblait s’être calmé. Une apparence. C’était l’œil du cyclone, avant que la tempête ne reprenne de plus belle. Une brève accalmie. Mais ce qu’elle sortit ensuite l’affligea au plus profond de lui-même. Et elle y croyait, c’était ça le pire…

      - Vous savez Russlan, il n’est jamais trop tard pour tenter de réaliser ses rêves. La pire chose est de choisir quelque chose qui ne plait pas vraiment et fait regretter toute sa vie de ne pas avoir tout tenté pour accéder à son rêve. Et alors, les proches le payent toujours même si on ne le souhaite pas. Vous devriez en parler avec vos enseignants, ils pourraient peut être vous aider. Le monde moldue n’est pas toujours apprécié parmi les sorciers, mais si vous n’essayez pas, vous risquez de le regretter toute votre vie. Personne n’a le droit de vous dicter votre conduite. Ce ne sont pas vos parents qui doivent travailler, vivre votre vie. Ils n’ont pas leur mot à dire, vous êtes adulte. Battez vous pour vos rêves ou vous perdrez tout…


    Il soupira profondément, complètement blasé, complètement vidé aussi. Mais en même temps, il ne pouvait pas en vouloir à Vanessa de réagir ainsi. C’était des phrases toutes faites, destinées à apaiser et non pas à faire avancer les choses. Russlan ne connaissait que trop bien ces mots. Son grand père paternel les lui avait dits quand il vivait encore, Russlan étant un petit garçon à l’époque. Il hocha la tête négativement, comme sidéré, comme désespéré. Mais il ne savait pas trop quoi répondre à ça. Il s’en voulait déjà d’avoir violenté ainsi Vanessa, verbalement tout du moins. Elle ne cherchait qu’à l’aider, même si elle s’y prenait mal. Et ça c’était attendrissant. Il détourna le regard un instant, ne sachant pas trop quoi faire, quelle attitude adopter. Mais ce qui l’avait surtout achevé, c’était qu’elle avait osé parler de parents. Russlan n’avait plus de parents. Il n’en avait qu’un substitut de substitution. Pas grand-chose en finale. Sa mère n’était plus depuis belle lurette. Son père…N’était qu’une ombre. Inexistant dans sa vie. Ca n’était pas une famille. Même si chez lui ça en avait tout l’air. Un père. Une belle-mère. Et une petite sœur. Une belle petite famille. Il posa à nouveau son regard sur Vanessa, avant de soupirer lourdement.

      « -Et dire que je suis comme ça avec ma petite sœur. J’suis toujours à lui dire fais pas ci, fais pas ça. C’est pas bien pour toi. C’est pour ton bien que je fais ça. Ca me dépasse. Mais c’est pas de ma faute si mon père n’est même pas foutu de faire ça par lui-même. Il a bien fallu que je le fasse. Et pourtant je suis loin d’être un bon exemple. Bien loin, même. »


    Il laissa un instant flotter ses paroles dans l’air, exprimant sa profonde lassitude. Il avait envie de fumer, là, maintenant, tout de suite. Sa main alla dans la poche de sa veste, en quête d’un paquet de cigarettes, mais il se ravisa au dernier moment, se rappelant où il était et avec qui.

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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Mar 5 Jan - 17:32

    Vanessa se sentait au bord du gouffre. Il inversait les rôles. Elle ne contrôlait plus rien et n’aimait pas ça du tout. Si elle avait été seule, la jeune femme aurait hurlé toute sa rage et sa frustration. Tout le monde disait qu’elle était une fille gentille, serviable. Elle ne ressemblait pas vraiment à un sang pur par ces côtés. Elle ne se mettait pas souvent en colère, non et c’était justement pour cela que ces rares moments en restaient d’autant plus mémorables. Elle retint sa main qui ne rêvait que se poser sur ce visage fier et orgueilleux, pressant son poing dans sa poche si fort qu’elle sentit ses ongles s’enfoncer dans sa peau pâle, l’entaillant jusqu’au sang. Ses yeux lançaient des éclairs et tout amusement avait définitivement disparu. Elle comprenait enfin pourquoi elle n’aurait jamais du venir remplacer le prof de métamorphose. Depuis qu’elle était arrivée dans ce château, elle s’était doutée qu’on ne lui ferait pas de cadeaux, que personne ne l’attendait. Elle était cette fille jeune et sans expérience, peut être trop naïve. Pourtant, jamais elle n’aurait cru qu’en tentant d’aider des élèves, elle s’attirerait leurs foudres à ce point. Se faire respecter par ses collègues était déjà assez difficile comme cela. D’un côté, elle les comprenait. Mais la valeur n’attendait parfois pas le nombre des années. Peut être avait-elle eu tord ? Vanessa avait toujours pensé qu’elle était née pour être enseignante. C’était une vocation en quelque sorte. Elle avait du surmonter des obstacles pour convaincre ses parents, pour stopper ce mariage arrangé qu’on lui avait concocté avant même son enfance. Elle n’avait pas imaginé ça. La jeune femme avait pensé faire partager sa passion, échanger avec ses élèves de manière cordiale. Elle se voyait un peu comme une bonne copine prête à aider. Mais ils n’avaient pas besoin d’aide. Non, ils la méprisaient tous. Poudlard était l’école de ces sangs purs hautains, et arrivistes. Elle-même avait-elle été comme ça ? Elle n’en avait pas le souvenir pourtant. Néanmoins, il fallait reconnaitre qu’arriver en plein tournoi des trois sorciers et faire cours à des effectifs surchargés n’était pas la meilleure chose pour débuter.

    Dès l’instant ou elle avait croisé ce russe trop séduisant pour son propre bien, elle avait su qu’elle serait perdue. Ils avaient joué à ce jeu dangereux dans une salle de bain, alors qu’elle n’était pas une professeur. Elle avait été inconsciente. Elle aurait du le virer. Il y avait tant de choses qu’elle aurait pu faire, tout sauf se montrer séductrice avec lui. Que diable lui avait-il pris d’agir comme ça ? Elle s’était à peine reconnue. Il fallait avouer qu’il était plus vieux que ses élèves. Il aurait du être dans la vie active depuis longtemps. Mais ça ne changeait rien de la situation actuelle. Il restait un élève, étranger qui plus est. Que dirait leurs deux directeurs ? Elle aurait du faire bonne impression, s’imposer et elle avait raté son coup avec lui. Elle avait perdu deux minutes seulement après son retour au château, c’était pitoyable ! C’était sa faute, la faute de ce garçon mal élevé et provocateur. Son âge n’avait rien à voir là dedans. Elle était une ancienne Serdaigle. Les livres, l’enseignement et le savoir avaient toujours été les leitmotivs de sa vie. Elle secoua la tête, la respiration presque précipitée devant la force des émotions qui se battaient en elle. Comment avait-elle seulement pu le trouve séduisant ? Imaginer qu’elle pourrait risquer sa carrière pour ce garçon imbu de sa personne était une folie maintenant qu’elle voyait son vrai visage. C’était un charmeur, un charmeur qui brisait tout ce qu’il touchait une fois qu’il l’avait obtenu. Il se moquait de blesser les gens. Il aimait ça, parce que lui-même souffrait et c’était quelque chose qu’il venait seulement de réaliser.

    En voyant ce garçon, Vanessa voyait quelqu’un qui ne cherchait qu’à sombrer. Il marchait sur une corniche au bord d’un précipice et provoquait tous les promeneurs alentours pour qu’ils le poussent et mettent fin à son calvaire. C’était de la lâcheté pure. Il voulait la pousser à bout ? Et bien, elle ne lui donnerait pas ce plaisir. Elle prendrait même le contre-pied de ses attentes. Pourtant, en voyant ce sourire suffisant ancré sur ses lèvres, ses résolutions vacillaient peu à peu. Elle avait envie de le remettre à sa place. Si crier n’était pas suffisant et ne suffisait qu’à attiser encore plus sa fureur, alors une action physique serait-elle plus conseillée ? Elle voulait le blesser physiquement autant qu’il l’était déjà dans sa tête. Vanessa voulait retrouver sa place, son statut, se réfugier bien à l’abri dans son bureau. Russlan semblait faire ressortir le pire de son caractère. Visiblement, tous les élèves de Durmstrang semblaient avoir un problème. Entre Russlan, et la championne de leur école, elle était vraiment mal barrée. Vanessa se félicita intérieurement de ne jamais avoir fait sa scolarité là-bas. Encore que les élèves de Poudlard étaient loin d’être mieux. Ils étaient tous pervertis d’une autre manière, plus tordue encore.

    « - Vous n’y êtes pas du tout. Ca se voit que vous etes nouvelle dans le métier. Laissez moi deviner, c’est la première année que vous enseignez? Probablement, vous n’avez pas été confrontée à tous les cas de figure. Pourtant vous parlez comme si vous aviez une longue expérience derrière vous. Vous pointez du doigt mon arrogance mais sur certains aspects vous n’êtes pas mieux que moi. Parce que mine de rien, vous déplorez mon caractère à la con, mais vous et moi avons des points communs. Vous vous voulez sûre de vous? Je le suis aussi, jusqu’à certains points. Comme vous. Si vous êtes incapable de me tenir tête, moi j’ai pas confiance en mes capacités et je me cache derrière un masque. De toute façon on a tous un talon d’Achille. Et non, je ne cherche pas à me faire passer pour la victime, j’ai mieux à faire. Parce que c’est moi qui martyrisait les gens. Et puisque vous avez l’air d’avoir une si bonne idée de ce que je suis, au vu de mon comportement au cours de ces quelques mois passés ici alors que j’ai bien tenu presque vingt ans de ma vie sans me retrouver confronté à vous, c’est bien dommage si vous me jugez de la sorte. Alors maintenant écoutez moi bien. Je ne suis pas un gamin. Alors qu’on cesse de me considérer comme tel. Je ne suis pas QUE le salaud arrogant dont tout le monde parle. Si vous enleviez vos œillères vous verrez que je ne le suis pas. Même si c’est, je le reconnais, ce que je montre. Quant à la santé… »

    Vanessa s’éloigna de lui, préférant ne pas tenter la chance. Elle ne supportait plus cet air qu’il montrait constamment. Elle voulait arracher se stupide sourire de son visage. Rien que le regarder lui donnait envie de le frapper. Au fond, elle savait qu’il aurait le dessus. Seulement, il avait peut être encore un tant soit peu de respect pour son statut de professeur. Elle aurait voulu se boucher les oreilles. Pourtant même ses cache-oreilles ne parvenaient pas à atténuer totalement les réflexions qu’il lui envoyait. Des méchancetés qui se plantaient directement dans son cœur. Elle n’était pas comme lui, non… Tout sauf ça. Elle aurait pu pleurer. Sans doute aurait-elle réagie de cette manière avant d’atterrir au château. Mais s’il fallait reconnaitre une chose, c’était qu’affronter des élèves de son âge, lui avait permis de se forger le caractère. Elle n’était plus aussi gentille et naïve. Elle savait quand sévir, punir et n’avait plus honte de remettre certains élèves à leur place, comme celui-ci par exemple. Vanessa avait perdu ses illusions, ou le peu qu’il lui restait. Pourtant, si la tristesse fut rapidement surmontée, la rage s’intensifia dans son corps. C’était un sentiment qui augmentait au fil des mots qui glissaient sur elle. Une boule qui grossissait et Vanessa savait qu’elle finirait par éclater tôt ou tard. Pourtant, elle espérait vraiment que cela aurait lieu loin de lui. Elle ne voulait pas le blesser, même si elle en mourrait d’envie. Ces sentiments contradictoires la rendaient folle. Elle haleta sous la force de ce qu’elle ressentait, posant une main le long d’un des murs de la serre de botanique. Mais au fond, son combat intérieur était perdu d’avance. Elle savait bien qu’elle allait craquer. Il fallait qu’elle sorte d’ici immédiatement, réalisa t-elle alors qu’elle n’écoutait plus un traitre mot de ce qu’il lui balançait en pleine figure. S’il prenait ça comme une fuite et bien, tant pis. Alors qu’elle se dirigeait vers la sortie, elle rebroussa chemin d’un tournement de robe. Non, elle n’allait pas lui donner ce plaisir. Vanessa marcha d’un pas rapide et décidé vers lui. Avant même d’avoir pu se retenir plus longtemps, elle le giflait. Sa main entra violemment en contact avec la joue droite du russe et sa colère se calma instantanément. Réalisant ce qu’elle venait de faire, la jeune femme écarquilla les yeux, avant de mettre la main fautive sur ses lèvres. Le russe venait d’éclater d’un rire sans joie. Avait-elle rêvé l’étincelle de satisfaction qu’elle croyait avoir lu dans ses yeux ?

    Cette fois ci, elle avait vraiment perdu l’esprit. Sa folie était contagieuse. Elle avait perdu son calme. Elle aurait pu l’attaquer avec sa baguette mais le contact entre leurs peaux, un contact bestial lui avait paru si nécessaire. Son corps tremblait, non plus de rage mais d’émotion. L’illusion de maitrise qu’elle donnait venait d’éclater. Elle en avait la chair de poule. Ses poings se décrispèrent, dévoilant les traces qu’elle s’était infligée en tentant de se calmer. Ça n’avait pas été efficace visiblement. Il ne manquait plus que ça pour terminer son tableau. Décidément, à la fin de cette expérience, et sans doute ne durerait-elle pas plus longtemps si le russe se plaignait, elle aurait de quoi écrire un livre. La jeune anglaise voyait d’ici le titre « tout ce qu’il ne faut pas faire en étant enseignant, par Vanessa Wright, tiré d’une histoire vraie ». Vanessa n’était pas violente mais elle se sentait soulagée, en paix. Pourtant, sa réaction l’horrifiait tout autant. Parce que gifler un élève pourrait lui apporter autant de problèmes qu’une relation interdite. Elle recula de nouveau, secouant la tête alors qu’elle n’arrivait même pas à croire ce qu’elle venait de faire. Elle n’était pas sortie assez vite. Elle aurait du… qu’aurait-elle du faire ? Stopper cette retenue dès le moment ou il avait tenté de prendre le dessus sur elle ? Elle ne devait plus le voir. Il fallait qu’elle le vire de ses cours, qu’elle l’oublie. Il finirait par la détruire. Il continuait comme si rien ne s’était passé. Sa joue rougie brillait de manière obscène sur cette peau pâle, typique des pays nordiques. Vanessa ne pouvait en détacher ses yeux. Aussi vite que cette pulsion lui était arrivé, l’envie de l’embrasser pour se faire pardonner avait fait son apparition. Pourtant, elle ne le toucherait pas. Elle ne le toucherait plus. La professeur déglutit avant de détourner les yeux.

    « -…Quant à la santé je disais donc, vous n’y êtes pas du tout. NON je ne suis pas en bonne santé. NON je ne suis pas bien dans ma tête. Une question, Vanessa. Avez-vous eu en main mon dossier psychologique? Vous-êtes vous renseignée un minimum sur tout ça avant d’émettre votre jugement? »

    Comment son prénom pouvait-il tant ressembler à une insulte ? Vanessa n’avait même plus envie de répondre. Elle se força pourtant. Sa gifle ne lui avait pas fait plus d’effet que ça. Comme s’il ne ressentait déjà plus rien, aucune douleur physique. L’étendue de son problème psychologique commençait seulement à se dévoiler à l’enseignante. Qu’avait-il donc pu subir pour devenir comme ça ? Cet être froid et méchant, prenant plaisir à faire souffrir les autres pour exciser sa propre douleur. Elle ne voulait pas se mêler de sa vie. Il partirait à la fin de l’année. Et elle serait sauve, du moins autant qu’elle pourrait l’être. Consulter son dossier serait lui donner une importance qu’il ne méritait pas. Pourtant, elle voulait savoir autant qu’elle désirait oublier. Vanessa ne savait pas encore ce qu’elle ferait. Pour le moment, il fallait qu’elle en finisse. Il fallait qu’elle le congédie avant qu’elle ne perde encore le contrôle. Vanessa avait déjà fait une bêtise. Ça n’arriverait pas une seconde fois. Elle n’oubliait pas qu’il était malade et même si la satisfaction de le voir frissonnant et tremblant la tentait, elle préférait éviter d’en rajouter à sa charge.

    - Mon passé ne vous concerne en rien. Vous ne savez rien de moi. Si vous pensez pouvoir me manipuler, à votre guise. Vous n’êtes pas assez important pour que je me permette de consulter votre dossier psychologique. Même si ce que je commence de deviner remet cette constatation en question. Je pourrais faire cela pour tous. Parce que vous n’êtes pas le seul. Ils semblent tous avoir un problème et j’aimerai les aider, vous aider, mais je crois qu’il y a des choses qui doivent suivre leurs cours. Je n’ai plus à m’en mêler. Je finirai par devenir folle si je continue. Et je ne veux pas être comme vous. Vous avez un problème. Parlez m’en ou taisez vous, ça ne changera rien. Je ne me mêlerais plus des affaires des élèves. J’ai eu tord. Il n’y a rien à tirer de bon. Venir enseigner ici est le pire choix que j’ai fait, enseigner à des gens bourrés de préjugés, et persuadés d’être la huitième merveille du monde. Le monde sorcier a changé et nous le payons. Continuez sur votre lancée, je ne vous importunerai plus. D’ailleurs, je vous dispense même de venir à mes cours à l’avenir. Je pense que moins nous nous verrons, mieux ce sera.

    « -Et dire que je suis comme ça avec ma petite sœur. J’suis toujours à lui dire fais pas ci, fais pas ça. C’est pas bien pour toi. C’est pour ton bien que je fais ça. Ca me dépasse. Mais c’est pas de ma faute si mon père n’est même pas foutu de faire ça par lui-même. Il a bien fallu que je le fasse. Et pourtant je suis loin d’être un bon exemple. Bien loin, même. »

    - Chaque être humain a besoin de diriger, de contrôler les autres. C’est la pire des tares humaines… On veut tous le pouvoir. Vous savez quoi ? Faites ce que vous voulez… Vous pouvez partir. Allez soigner votre rhume maintenant. Vous avez dépassé les bornes et moi aussi d’ailleurs.

    Vanessa le regarda un bref instant avant de détourner la tête. Elle se sentait bien d’humeur à boire. En soupirant, la jeune femme lança un accio sur une bouteille de whisky pur feu et métamorphosa une pelle en verre. Oui, elle avait bien besoin d’un petit verre pour calmer ses nerfs. Ca ne lui ferait pas de mal du tout. L’alcool lui brûla la gorge et sentit une chaleur s’emparer de ses membres. Un peu plus détendue, la blonde s’assit confortablement sur l’une des sièges qui tranchaient dans la serre, avalant de temps à autre une gorgée de son breuvage. Elle pensait qu’il partirait. Elle lui en avait laissé la possibilité après tout. S’il décidait de rester, alors il devrait se plier à ses règles sinon ce serait elle qui partirait. Comment une simple retenue avait pu se transformer en ça, elle n’en avait pas la moindre idée.

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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Mer 6 Jan - 1:55

[putain, je me suis déchirée là XD]

    La haine, la colère, la peur, la douleur, tant d’émotions qui étaient familières à Russlan, trop horriblement familières même. Tant et si bien qu’elle faisaient partie intégrante du jeune homme. A présent, elles étaient indissociables de son être, et il ne pouvait plus résister, se laissant emporter par ces émotions négatives. Il se sentait pris dans la spirale, il se précipitait droit vers le point de non retour. La tempête s’était déchaînée, l’ouragan ravageait tout sur son passage. Les digues menaçaient de céder sous le poids des flots de colère qui tourbillonnaient en lui, dangereuses, effarantes, destructrices. Le regard vert du jeune homme s’était brusquement obscurci sous l’effet de la rage, qui battait en lui, jusque dans ses tempes. Son cœur battait à l’unisson de tout ça, la chaleur se dégageait de lui, le volcan était sur le point d’entrer en éruption. Mais ce qui surprenait d’autant plus, c’est que son visage lui était impassible, malgré tout le reste. Même si on pouvait ignorer son visage crispé sous la vaine tentative de ne pas laisser sa colère exploser, même si un horrible goût de sang lui envahissait la bouche. Ses pensées défilaient à toute vitesse, comme déréglées, alors qu’il s’exhortait au calme. Depuis longtemps il n’avait pas ressenti telle rage, et cet état avancé de colère le ramenait au devant des périodes sombres de son existence, où la rage, la rancœur, côtoyaient la peur, la haine et la douleur. Il la haïssait autant qu’il la désirait, il l’aimait autant qu’il la maudissait. Il avait envie de la détruire, de la lacérer, de la mettre en pièces, de la secouer, mais plus que jamais il avait envie de s’éloigner d’elle, de ne plus jamais la revoir, parce qu’elle allait finir par le rendre dingue. Les pensées du jeune homme ne tournaient pas rond en ce moment, alors que lui non plus ne contrôlait plus rien, prêt à exploser. Russlan était comme transfiguré, c’était lui mais en même temps ce n’était pas lui. Russlan pourtant ne frappait pas. Il ne détruisait pas les autres, il se détruisait lui-même. Il parvenait à tout contenir, mais ça explosait plus tard, avec plus de puissance destructrice. Russlan était un mutilé de guerre, une guerre menée contre lui-même, et pour laquelle il n’avait pas encore signé d’armistice. Il se sentait mal, toujours très mal, toujours trop mal. Il n’était rien au fond, juste un petit con parmi tant d’autres, il n’avait jamais réussi à décrocher de la drogue, il peinait à sortir de sa dépression qui durait depuis plusieurs années déjà.

    Russlan tremblait, mais plus seulement parce qu’il était malade. Il tremblait parce qu’il était fou de colère, tout lui échappait, lui filait entre les doigts. Il ne pouvait plus revenir en arrière, alors il continuait de foncer droit dans le mur sans chercher à freiner ne serait-ce qu’un peu. Il ne s’arrêtera que lorsqu’il l’aura heurté. Sa respiration se faisait plus lourde, son cœur menaçait d’imploser. Son sang battait dans ses veines, le goût cuivré se faisait de plus en plus insistant. C’était trop, trop d’un seul coup. Il aurait voulu hurler pour expulser hors de lui cette rage sourde qui l’empoisonnait, mais aucun son ne franchissait ses lèvres. Il n’avait plus de réflexes, sinon des mauvais. Sa raison s’était faite la malle, il s’était déréglé, à l’instar d’une pendule dont les aiguilles tourneraient à une allure folle. Il le regretterait plus tard pourtant. Une fois seul, il se détruira, encore une fois, comme il l’a toujours fait. Il ne trouvera d’apaisement que dans la douleur, que dans le sang. Non, il n’allait pas bien. Oui, il était dérangé. Complètement même. Ça faisait même longtemps qu’il était en train de péter les plombs, ces dernières années, le processus s’était accéléré. Il n’avait qu’un bref aperçu de la situation, très flou, ses capacités mentales étant annihilées par la colère. Un voile écarlate avait pris possession de ses yeux d’un beau vert profond, il voyait littéralement rouge. Ca grésillait dans sa tête, comme s’il était sur la mauvaise fréquence d’une radio mal réglée. Il ne voyait plus vraiment Vanessa, il était comme aveuglé par la rage. Il ne bougeait même plus, incapable de mouvements. La colère l’avait comme figé dans cet état. Il voulait fuir, encore, se barrer, courir jusqu’à épuisement. Taper dans le mur à coups de poings, jusqu’à ce qu’il soit satisfait d’entendre ses phalanges craquer sous l’impact, la douleur le lancer. Oui, il ne se complaisait que dans la douleur. Mais n’était-ce pas une émotion qu’il ne connaissait que trop bien?

    Oui, Russlan voulait sombrer, mais il ne voulait pas laisser aux autres le plaisir de le précipiter vers sa fin. Car s’il doit signer sa destruction, ça sera de sa propre main. Il n’avait jamais réussi, pourtant ce n’était pas faute d’avoir essayé. Il était tellement ignoble que même la mort n’aura pas voulu de lui. Personne ne voulait de lui ici. Et les rares qui l’acceptaient malgré tout finiraient par être détruites. Russlan s’attachait trop rarement, mais quand il le faisait, c’était trop vite, trop fort, trop intensément, tant et si bien qu’il finissait par briser tous ceux à qui il tenait. Il fallait voir Anna. Anna, la seule personne qu’il avait été capable d’aimer, plus que son être, il était en train de la détruire à petit feu. Elle ne méritait pas ça. Tout ce qu’il voulait pour elle, c’était qu’elle soit heureuse, et il n’avait pas le pouvoir de lui procurer le bonheur auquel elle aspirait. Russlan n’était pas fait pour rendre les gens heureux, quels qu’ils soient. Mais il était incapable de s’arrêter, il n’avait aucune limite, si ce n’est que l’épuisement à la fois physique et psychique. Russlan était un jeune homme déraisonné, qui en attendait peut-être trop de les autres, voire même de la vie plus généralement. Il avait envie de hurler sa colère, laisser sa fureur s’exprimer. Balancer tout ce qui lui faisait mal, tout ce qui lui pesait sur son cœur presque mort, qui n’assurait plus que sa fonction vitale. Mais malgré le mal être qui l’habitait actuellement, tellement la colère l’éprouvait, il se sentait incroyablement vivant, comme il ne l’avait jamais été. Là était à la fois toute la beauté et tout l’effroi du paradoxe.

      - Mon passé ne vous concerne en rien. Vous ne savez rien de moi. Si vous pensez pouvoir me manipuler, à votre guise. Vous n’êtes pas assez important pour que je me permette de consulter votre dossier psychologique. Même si ce que je commence de deviner remet cette constatation en question. Je pourrais faire cela pour tous. Parce que vous n’êtes pas le seul. Ils semblent tous avoir un problème et j’aimerai les aider, vous aider, mais je crois qu’il y a des choses qui doivent suivre leurs cours. Je n’ai plus à m’en mêler. Je finirai par devenir folle si je continue. Et je ne veux pas être comme vous. Vous avez un problème. Parlez m’en ou taisez vous, ça ne changera rien. Je ne me mêlerais plus des affaires des élèves. J’ai eu tord. Il n’y a rien à tirer de bon. Venir enseigner ici est le pire choix que j’ai fait, enseigner à des gens bourrés de préjugés, et persuadés d’être la huitième merveille du monde. Le monde sorcier a changé et nous le payons. Continuez sur votre lancée, je ne vous importunerai plus. D’ailleurs, je vous dispense même de venir à mes cours à l’avenir. Je pense que moins nous nous verrons, mieux ce sera.


    Il s’en fichait de son passé pour le coup. Oh oui qu’il n’en avait rien à foutre. Il n’en avait rien à foutre de rien même. Qu’elle le traite de connard égoïste ça ne l’offensait même pas. Plus rien ne lui importait venant d’elle. Au fond elle ne valait pas mieux que les autres professeurs. Pourtant, Russlan aurait été prêt à la respecter. Mais elle était tout autant formatée qu’eux, avec les mêmes mots débiles, les mêmes phrases qui ne servaient à rien, qui étaient juste là pour faire joli, juste là pour faire genre. Garder un semblant de consistance qui volait en éclats dès lors que quelqu’un comme Russlan semblait affirmer le contraire. Des arguments qui n’avaient pas de poids, des prétextes à la con. Des phrases toutes faites juste histoire de se convaincre de quelque chose dont on n’était même pas certains. Le monologue de Vanessa ne l’émouvait même pas, parce qu’il savait que ses mots n’étaient pas pour lui, même si l’apparence voulait qu’elle s’adresse directement à lui. Mais justement, ce n’était qu’une apparence. Les mots étaient pour elle. Elle essayait de se convaincre encore, de se persuader qu’elle pouvait encore faire quelque chose pour se dresser contre lui. De se réfugier encore une fois derrière sa sacrosainte hiérarchie. De même, ces mots ressemblaient davantage à une confession qu’à un reproche ou une toute autre injonction de sa part. De toute manière, il ne voyait pas là où il avait parlé du passé de son enseignante, ainsi il ne voyait pas non plus ce que ça venait faire sur le tapis. Mais il devait se douter de ce que son enfance avait été. Elle avait fait partie de ces putains de riches, persuadés d’être sortis de la cuisse de Jupiter. Elle l’avait eue facile son enfance, en tout cas plus facile que la sienne, parce que par expérience, tout du moins, en voyant celle de Clancy, son cousin, vivre dans une famille de sang pur ça ne doit pas être drôle tous les jours. Mais elle s’était bien servie de ses privilèges pour arriver à la place qu’elle occupait aujourd’hui. Au sein des murs millénaires se murmurait qu’elle avait été pistonnée. Non, rien de ce qu’elle disait ne saurait le convaincre, ni même elle. Il laissait les mots glisser sur lui avec indifférence, tout en attisant cette colère en parallèle. Et puis la main de la jeune femme vint soudainement heurter sa joue. Il vacilla légèrement sous le choc alors qu’il avait cligné des yeux. Il n’avait pas pu se mettre en position pour se défendre, il n’avait pas eu le temps de réagir. Il s’était attendu à tous types de réactions sauf à ça. Et maintenant sa joue cuisait. Machinalement, du bout des doigts il l’effleura, grimaçant légèrement, avant de laisser son bras retomber le long de son corps et de vriller sur elle un regard assassin.

    Elle l’avait frappé. Il le frappait. Les images se superposaient dans sa tête, et un instant, le fils crut voir le père. Son indigne de père, son putain d’indigne de père. Mais l’image s’évanouit aussi vite qu’elle s’était imposée aux yeux du jeune homme perturbé. Alors oui, elle pouvait être désolée. Désolée d’être conne, stupide, et tous ses dérivées. Désolée aussi de susciter à ce moment là, en lui, autant de désir, mais aussi de haine. Un savant mélange des deux qui le foutait en l’air. Il ne savait pas trop ce qu’il avait envie de faire en ce moment, tellement ses émotions étaient contradictoires, tellement il vacillait entre plusieurs états. Il avait envie de la plaquer contre le mur, de l’embrasser avec fougue et de la prendre avec violence. Il avait envie de la frapper, de la détruire, de lui faire mal autant qu’il pouvait souffrir intérieurement et pas seulement à cause de sa remarque. Des images violentes succédaient à ses pensées pas très catholiques, et ça le rendait fébrile. C’était intense, trop intense pour être réel. Oui, c’est ça, il imaginait tout ce qui se passait là, il allait bientôt se réveiller, il allait se retrouver dans son lit douillet avec Anna à ses côtés. Comme ceci devait être et comme ceci restera. Mais la douleur cuisante sur la joue droite le rappelait à l’ordre. Normalement, quand on rêve, on n’a pas mal n’est-ce pas? Généralement, quand on a mal, on se réveille. Et là, il était toujours éveillé. Mais c’était réel. C’est juste la scène qui semblait irréelle, comme tirée d’un mauvais film dont les protagonistes s’engueulaient à tout bout de champ. Il allait imploser sous l’effet des différentes émotions qui l’assaillait, il se sentait écartelé de part et d’autre de son être. Il ne pensait plus qu’à une chose désormais, le contact peau contre peau, quelque chose de brut, d’entraîné par la colère, ça ne pouvait qu’être bon. Mais Russlan savait qu’elle ne pensait pas vraiment ce qu’elle disait. Que tout comme lui, elle désirait sa présence.

      - Chaque être humain a besoin de diriger, de contrôler les autres. C’est la pire des tares humaines… On veut tous le pouvoir. Vous savez quoi ? Faites ce que vous voulez… Vous pouvez partir. Allez soigner votre rhume maintenant. Vous avez dépassé les bornes et moi aussi d’ailleurs.


    Il hocha la tête négativement, d’un air navré. Il n’avait visiblement pas compris ce qui venait de se passer. Pourtant, l’impact avait laissé une trace, qui cuisait, une brûlure dévorante qui ne faisait que de s’accroître exponentiellement en parallèle avec son désir d’elle. Russlan ne tournait pas rond, c’était un fait avéré depuis bien longtemps. Mais depuis qu’ils étaient entrés dans cette maudite serre, la donne avait changé. Il avaient franchi un cap qui normalement n’aurait pas eu lieu d’être. Elle n’aurait pas dû le frapper tout comme lui n’aurait pas dû lui parler comme ça. Il pouvait parler à ses copains de la sorte s’il voulait, mais pas à un professeur. Elle pouvait le gifler en tant que jeune homme qui venait de faire affront à sa dignité, mais pas en tant qu’élève. Leurs comportements respectifs démontraient parfaitement que la barrière naturelle qui s’imposait entre un professeur et son élève venait de céder, n’avait plus désormais raison d’être. Désormais, ils étaient à l’égal de l’autre, et c’est ça qui était vraiment flippant. Le titre ne faisait plus rien, en une séance de retenue qui aurait dû en être une, ils avaient prouvé que le rapport hiérarchique existant entre eux n’était que pure foutaise. Elle n’avait qu’à dire qu’elle ne lui vouait pas plus d’intérêt qu’un autre. Le fait qu’elle l’avait giflé alors qu’elle ne se serait pas permise ça avec un autre prouvait qu’il était justement différent des autres élèves et qu’à ses yeux il avait un statut particulier. Il était son égal et c’était tout ce qui l’importait en ce moment même. Son regard froid toujours rivé sur elle, il se laissa aller à l’audace de quelques paroles supplémentaires.

      « -Et maintenant? Ca vous a apporté quoi de m’en foutre une? Vous êtes plus contente parce que vous vous êtes lâchée? C’est pas très responsable de la part d’une prof, je trouve. M’enfin j’imagine que maintenant vous êtes plus à ça près. Tu viens de prouver que tu es comme moi, Vanessa, dans le fond. Tu agis sous le coup d’une impulsion, et après tu regrettes. Tu dis des choses, motivée par la colère et tu regrettes aussi. Une fois seule, c’est là que ça revient. Tout comme moi. Sauf que moi je n’explose pas. Sauf que moi, je fais pire que de frapper les autres. C’est moi que je détruis. »


    Il tripotait depuis un moment ses manches, nerveusement, presque compulsivement. A la place, il se grattait le bras, machinalement, par habitude. Oui, il s’était permis de la tutoyer. Après tout ce qui s’était passé à présent, les mots qui avaient été lâchés, les gestes qui avaient été faits, ce qu’ils avaient implicitement partagé, ça n’avait plus lieu d’être. Et tant pis si c’était une claque de plus à son orgueil, on était toujours trop orgueilleux. Russlan attrapa le rebord de sa manche, tirant légèrement dessus, l’un de ses trop nombreux secrets commençaient à lui brûler la peau. Il prit une profonde inspiration, avant de remonter lentement sa manche, comme un rideau s’ouvrirait sur une sordide pièce de théâtre. Il dévoila ainsi sa peau blême, mais pas que. Sur son avant bras subsistait les vestiges de ses tentatives de suicide. Les cicatrices noueuses qui le stigmatisaient, les coupures plus ou moins guéries qui zébraient sa peau livide. C’était trop nombreux, trop discordant pour être fait de sang froid. Les vestiges de sa folie destructrice. Pas besoin d’en montrer plus, déjà ce qu’on voyait là parlait pour lui. Il regardait toujours Vanessa droit dans les yeux, imperturbable.

      « -Sexe. Alcool. Drogue. Auto-mutilation. Suicide. Autant dire que je suis passé par toutes les formes de décadence possibles et imaginables. Ce qui est merveilleux… il fut agité d’un léger rire froid et cynique, sans joie. C‘est que je suis toujours en vie. Pourtant j’aurais aimé penser que tout ça n’est qu’une putain de farce. Mais tu crois quoi Vanessa? Ma mère partie, mon père qui n’en a rien à foutre de ma gueule. Il me reste quoi moi? Le pire c’est quand je me dis qu’il me reste encore soixante ans au moins à vivre comme ça. Mais moi je m’en fous de tout ça. Parce que peut-être qu’au fond j’ai juste besoin d’être aimé, pour ce que je suis. D’avoir quelqu’un qui tienne à moi. Quelqu’un qui est là pour moi. Désirer le pouvoir c’est pas la pire des tares Vanessa. Le pire, je crois que c’est de désirer tout le temps ce qu’on n’a pas et ce qu’on n’aura jamais. C’est pire que de se bouffer le nez pour avoir la place. Alors tu peux boire pour oublier. Moi aussi je le fais. Bien trop souvent. Si tu veux j’ai même de la cocaïne, c’est plus fort et puis là tu planes vraiment. Mais boire tout seul, c’est déprimant. Tu finis par en avoir honte. Tu sais en toi que ce n’est pas la solution. C’est pour ça que je dis qu’à deux, c’est mieux. Il marqua une pause après sa touche d’humour, un sourire en coin venant étirer ses lèvres. Un sourire sincère, qui n’avait rien de mesquin. Je ne veux pas te laisser seule dans ta désolation. Alors je peux en avoir un peu? S’il te plaît? Sauf si j’ai été trop méchant pour en avoir.  »


    La colère du jeune homme était retombée. A présent, il essayait de plaisanter pour dissiper un peu la tension qui régnait entre les murs de verre. Et pas seulement celle engendrée par leur colère démesurée. Et maintenant, était-il toujours ce connard fini dont elle avait l’image en tête? Ou avait-il vu juste en se montrant sincère et serait-elle disposée à lui accorder une seconde chance?

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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Sam 16 Jan - 16:55

    « -Et maintenant? Ca vous a apporté quoi de m’en foutre une? Vous êtes plus contente parce que vous vous êtes lâchée? C’est pas très responsable de la part d’une prof, je trouve. M’enfin j’imagine que maintenant vous êtes plus à ça près. Tu viens de prouver que tu es comme moi, Vanessa, dans le fond. Tu agis sous le coup d’une impulsion, et après tu regrettes. Tu dis des choses, motivée par la colère et tu regrettes aussi. Une fois seule, c’est là que ça revient. Tout comme moi. Sauf que moi je n’explose pas. Sauf que moi, je fais pire que de frapper les autres. C’est moi que je détruis. »

    - Maintenant ? Rien mais je dois avouer que je me sens beaucoup mieux. C’est déjà ça. Et vous Russlan ? Vous avez dépassé les limites. Je suis conscience que c’est ma faute. Dès notre rencontre, je n’ai pas agi comme je l’aurais du. Je l’ai franchie aussi, cette fine limite entre mon rôle de professeur et celui de jeune étudiante. J’ai eu tord mais vous devriez avoir tord également. Provoquer les gens ne fera que vous apporter des ennuis. Et si vous vous détruisez, vous en avez bien assez comme ça… Et moi, je ne suis qu'une terrible idiote... finit-elle dans un souffle, la voix lourde de lassitude.

    Elle ne trichait plus. Chercher à mentir ne servirait à rien. Vanessa sentait qu’il saurait de toute façon qu’elle ne disait pas la vérité. Il arrivait à lire en elle d’une manière totalement troublante et dérangeante. Elle n’était plus l’adulte. D’ailleurs, l’âge ne changeait rien. Il semblait tellement plus mature qu’elle par certains côtés. Elle avait la chair de poule. Chaque mot résonnait en elle avec une telle force qu’elle n’avait rien à dire contre ça. D’ailleurs, réfuter ses allégations ne ferait que l’enfoncer un peu plus. Parce qu’il disait la vérité et elle le savait bien au fond. Rien de ne ce qu’elle pourrait dire ne pourrait la disculper. Bien sur, elle aurait pu se mettre en colère à nouveau. D’ailleurs, elle grondait et menaçait de prendre de nouveau le contrôle de ses actes. Sauf qu’elle ne ferait pas la même erreur deux fois. Après tout, elle était la prof, elle était supposée responsable. Elle n’aurait pas du faire ça. Oui, elle lui avait donné raison en le giflant. Elle passa outre les sarcasmes, pensant certainement avec raison qu’il était simplement blessé qu’elle ait osé le frapper.

    D’un côté, elle était touchée qu’il ose lui dire les choses. Il lui faisait en quelque sorte confiance. Il en fallait pour avouer ce genre de secret. Mais en même temps, après tout ce qui venait de se passer, ça n’avait plus rien d’étonnant. Alors, elle était bien décidée à elle-même se conduire comme cela également. C’était un élève qui lui donnait l’exemple à suivre. De toute façon, elle-même n’avait plus envie de dire des phrases toutes faites, des lieux communs haïssables par leur superficialité. La vie n’était pas faite de ça. La vie n’était qu’un combat permanant pour survivre. Et c’était toujours le plus fort qui avait le dessus. Lui, il se laissait couler et elle, elle se laissait entraîner. Il était un survivant et elle, elle commençait à peine de découvrir la vie et toutes les horreurs qu’elle pouvait bien receler. Alors, lui donner des leçons était plus que présomptueux de sa part.

    Le tutoiement ne la choquait même plus. La barrière élève-professeur n’existait plus. D’ailleurs, avait-elle seulement déjà existé ? Elle avait dépassé les limites et elle en payait le prix. Alors pourquoi ne pas sentir le désespoir qui aurait du l’animer ? Vanessa était sure d’elle, apaisée. La vérité lui apparaissait éclatante et elle ne cherchait plus à se mentir. Il n’y avait plus que deux jeunes adultes. Chacun avec leurs certitudes et leurs faiblesses. Vanessa tourna la tête pour regarder l’homme qui venait de briser tout son conte de fée. Dans sa courte vie, elle n’avait pas vraiment collectionné les aventures. Sans doute parce qu’elle était promise en mariage avant de tout abandonner. Mais la vérité était là, jamais son cœur n’avait battu réellement pour personne. En tout cas, pas comme il le faisait actuellement pour ce russe. Si au départ, Vanessa avait ressenti une espèce d’attirance sans conséquences pour lui, ce n’était plus le cas. Tout était différent. Se sentait-elle prête à tout risquer pour lui ? La réponse était oui. Elle ne voulait plus jouer, se voiler la face.

    Vanessa se haïssait pour ce qu’elle venait de faire. Sa cage dorée venait définitivement d’éclater en morceaux. Elle avait vécu comme une enfant modèle. Dire que Vanessa était le contraire de cet élève était la vérité. Ou du moins l’avait-elle été au départ. Mais depuis ces quelques mois, son côté angélique disparaissait. Sans doute parce qu’un petit ange ne pouvait pas tenir tête à des élèves pervertis. Elle avait eu des illusions, de stupides illusions. La blonde avait pu faire semblant jusque là mais ce contact physique brisait ses illusions. Elle était capable de faire mal, d’en tirer de la joie même. La colère, un sentiment qu’elle avait rarement ressenti par le passé circulait toujours dans ses veines. C’était comme si elle avait réveillé un feu en elle et qu’il ne s’éteindrait pas. Il était simplement endormi mais Vanessa avait maintenant conscience qu’il ne suffirait que d’une autre contrariété pour le raviver. Elle était effectivement plus semblable à ce garçon qu’elle voulait bien se l’avouer. La souffrance, elle ne la ressentait pas mais la procurait. Ça faisait mal de le reconnaitre. Se dire qu’elle n’était qu’humaine après tout. Chacun avait sa part d’ombre. Depuis qu’elle travaillait, elle avait du montrer des qualités qu’elle ne pensait pas posséder, mais était ce seulement considéré comme une qualité ? Vanessa ne pensait pas vraiment être un modèle de vertu mais ce qui était certain, c’est qu’elle avait dévoilé d’autres facettes de sa personnalité en devenant professeur qu’elle ne pensait pas posséder de prime abord.

    Et comme si la violence physique ne suffisait pas, elle goutait à l’alcool. Voilà qu’elle se mettait à boire. Elle n’avait presque jamais touché à l’alcool avant ce soir. Elle était une fille trop sage pour désobéir à ses parents. Cette entorse n’en avait que plus de plaisir encore. Elle prenait son destin en main. Son inconscient avait attendu ce moment. Pourtant, elle doutait encore. Des doutes qu’elle faisait taire du mieux possible pour ne pas retomber dans son mal être, si commun ces derniers temps. Le liquide lui brûlait la gorge et la réchauffait, engourdissant insidieusement ses membres. Elle n’avait plus envie de réfléchir. La jeune professeur lâcha un soupir. Peut être aurait-elle du écouter ses parents ? La vie professionnelle n’était peut être pas si faite pour elle qu’elle l’avait cru au départ. Depuis son arrivée au château, Vanessa perdait de plus en plus son contrôle chèrement acquis par son éducation de sang pur. La débauche, et même la violence… Elle était trop jeune. C’était maintenant une certitude. Accepter ce poste avait été la pire chose qu’elle ait pu faire. Et en même temps, sans doute était-ce la meilleure. Elle apprenait la vie. Se trouver confronter à des adolescents ne pouvait que forger le caractère. Pourtant, elle risquait de briser toute chance d’avoir une carrière si elle continuait sur la pente descendante.

    C’était un enfer dans lequel elle sombrait. Un monde obscur et inconnu se dévoilait à elle. Un monde qu’il lui avait dévoilé sans le vouloir. Il lui tendait la main pour l’emmener dans son monde perdu. Et elle se laisser entraîner. Et peu importait à quel point Vanessa souhaitait s’en échapper, ces pulsions exerçaient sur elle un attrait quasi hypnotique. Elle avait joué avec lui, elle avait perdu. Elle voulait le comprendre, l’aider. Mais pouvait-elle tenter de l’aider alors qu’elle ne valait sans doute pas mieux elle-même ? Il lui avait dévoilé ses zones d’ombre avec une acuité mordante. Elle avait réagit avec violence parce qu’au fond, elle savait qu’il avait raison. Ils n’étaient pas si différents dans le fond. Elle avait obéit toute sa vie. Il était temps de se rebeller. Le gouffre s’ouvrait sous ses pieds et Vanessa avait sauté dedans, sans se poser de questions. Elle avait écouté son cœur au lieu de sa tête comme toute bonne Serdaigle l’aurait fait. Elle était définitivement perdue. Elle se sentait si ridicule. Elle ne contrôlait plus rien. Une bourrasque de vent aurait suffit à faire plier le frêle roseau qu’elle était devenue. Elle se laissait entrainer sans rien dire, pousser vers quelque chose de tellement différent. Sa souffrance n’avait rien de beau mais il l’attirait. Peut être était cet instinct qui faisait que la meute suivait le dominant mais Vanessa se sentait toujours si faible et inutile quand il était près d’elle. Il était cette lumière dans les ténèbres qui loin de la sortir du monde ou elle avait plongé sans le vouloir, l’enfonçait dans une obscurité croissante, lourde et menaçante. Alors pourquoi ne disait-elle rien ? Elle ne bataillait même plus. Il avait gagné. Un rire sans joie jaillit de sa poitrine, brisant le silence qu’il avait laissé par sa dernière déclaration.

    « -Sexe. Alcool. Drogue. Auto-mutilation. Suicide. Autant dire que je suis passé par toutes les formes de décadence possibles et imaginables. Ce qui est merveilleux… il fut agité d’un léger rire froid et cynique, sans joie. C‘est que je suis toujours en vie. Pourtant j’aurais aimé penser que tout ça n’est qu’une putain de farce. Mais tu crois quoi Vanessa? Ma mère partie, mon père qui n’en a rien à foutre de ma gueule. Il me reste quoi moi? Le pire c’est quand je me dis qu’il me reste encore soixante ans au moins à vivre comme ça. Mais moi je m’en fous de tout ça. Parce que peut-être qu’au fond j’ai juste besoin d’être aimé, pour ce que je suis. D’avoir quelqu’un qui tienne à moi. Quelqu’un qui est là pour moi. Désirer le pouvoir c’est pas la pire des tares Vanessa. Le pire, je crois que c’est de désirer tout le temps ce qu’on n’a pas et ce qu’on n’aura jamais. C’est pire que de se bouffer le nez pour avoir la place. Alors tu peux boire pour oublier. Moi aussi je le fais. Bien trop souvent. Si tu veux j’ai même de la cocaïne, c’est plus fort et puis là tu planes vraiment. Mais boire tout seul, c’est déprimant. Tu finis par en avoir honte. Tu sais en toi que ce n’est pas la solution. C’est pour ça que je dis qu’à deux, c’est mieux. Il marqua une pause après sa touche d’humour, un sourire en coin venant étirer ses lèvres. Un sourire sincère, qui n’avait rien de mesquin. Je ne veux pas te laisser seule dans ta désolation. Alors je peux en avoir un peu? S’il te plaît?

    Il venait d’ouvrir la porte à des pensées qu’elle avait soigneusement repoussé. C’était comme si on venait d’ouvrir la boite de pandore sous ses yeux. Les couleurs chatoyantes l’attiraient vers un monde inconnu qu’elle ne voulait pas gouter. Dire qu’elle n’avait jamais pensé à ça était terriblement naïf. C’était pourtant la vérité. Vanessa avait vécu son conte de fée, écrit par ses parents à sa naissance, sans vraiment lui en laisser le choix. Et elle s’estimait terriblement chanceuse. Elle avait encore ses deux parents en vie et ils l’aimaient. Et lui ? Lui, c’était un garçon perdu, qui avait grandi trop vite. Elle comprenait maintenant les lueurs inconnues qu’elle avait fugitivement reconnues dans son regard noisette. Elle comprenait définitivement son attitude. Et comment lui en vouloir maintenant ? L’envie de le consoler se faisait plus présente que celle de le remettre à sa place. Elle n’en avait plus le droit. L’envie, le pire des péchés sans doute. Une vie toujours faite d’insatisfaction, alors oui, le pouvoir ce n’était pas mal en soi. Ce qui était mal, c’était d’être prêt à tout pour l’obtenir quitte à écraser les autres. Vanessa porta son regard sur ce garçon qui le touchait plus qu’elle ne voulait bien l’admettre. Elle aussi pensait parfois que sa vie ne menait à rien. Mais elle était cette personne compréhensive et heureuse de vivre, alors elle cachait ses envies noires. C’était ça la vie adulte finalement. Se cacher derrière des apparences parce que la moindre faiblesse devenait une arme qu’un ennemi pouvait utiliser contre soi. Alors, elle comprenait enfin. Il n’y avait même pas à débattre. Chacun gérait ses problèmes d’une manière qui lui était propre. Elle, c’était par le déni. Déni qui n’avait réussi qu’à lui attirer des ennuis pour le moment. Mais le pire n’était pas encore passé. Elle franchirait la barrière tôt à tard. D’ailleurs, quelle barrière ? Il n’y en avait même plus. Y en avait-il seulement déjà eu une au départ ? Rencontre atypique et relation ambiguë et interdite. Elle était belle la fille pleine d’illusions ! La drogue, elle n’y avait jamais touché de sa vie. Cela aurait pu en étonner plus d’un, étant donné la réputation dévergondée des sangs purs, mais Vanessa n’en avait jamais ressenti le besoin. Elle faisait partie de ces gentilles petites filles modèles, désespérément ennuyeuse jusqu’à ce qu’on arrive à les décoincer. Il avait réussi à ouvrir le verrou qui maintenait son côté obscur enfermé. Boire pour oublier…

    Elle avait quelqu’un sur qui compter. Et lui ? Avait-il quelqu’un prêt à tout risquer pour sa personne ? Non. Ca faisait mal de le réaliser. Elle aurait voulu être cette personne. Etre la pour lui. Ils avaient déjà dépassé les bornes. Que pouvait-il arriver de pire ? Que le directeur découvre qu’elle était trop proche d’un de ses élèves ? Et puis quoi ? Si elle savait qu’elle s’engageait à risquer son job pour une relation sérieuse, alors elle le ferait. Si ce n’était qu’une passade, alors elle resterait gentiment en retrait. Les risques n’avaient jamais vraiment fait parti de son vocabulaire. Elle était une Serdaigle après tout. Alors elle pouvait bien lui offrir un verre. Ça n’allait pas faire empirer les choses. Après ce qui venait de se passer, ce serait une manière de se faire pardonner aussi. Il était maitre de son propre destin. Après tout, il pouvait aussi bien aller se plaindre et elle serait renvoyée. Vanessa se souvenait parfaitement avoir lu dans le règlement du château qu’il était interdit d’infliger des châtiments corporels aux étudiants. Elle avait envie d’envoyer valser son statut et ses prérogatives. Peut-elle l’avait-elle déjà fait inconsciemment ? Que risquait-elle de plus maintenant ? Ils étaient déjà arrivés au point de non retour. Leur rencontre les avait destinés à ce moment là. Elle n’avait jamais eu de compagnon de débauche. Son éducation ne lui avait jamais permis de lâcher prise en public. Elle se fiait trop aux apparences. Elle préférait boire seule mais après tout, pourquoi pas… Attrapant sa baguette, posée sur sa cuisse droite, elle lança un sort pour faire apparaitre un second verre. Lui jetant un regard pour le jauger, elle le remplit d’alcool sans un mot. Elle invoqua même une chaise pour le mettre à l’aise. Puisqu’ils en étaient au stade des confidences, quoi d’autre ?

    - A deux… Oui. Qu’est ce que je risque de plus ? Faire boire un élève ? Le gifler ? Apparaitre en tenue déplacée devant lui ? J’aurai décidé d’enfreindre tous les commandements d’un prof, je ne m’y prendrais pas autrement, déclara-t-elle avec sagacité. Je ne sais rien de la vie après tout. Nous sommes si différents et pourtant, on se ressemble. Allez, profites-en, c’est ma tournée. A trop jouer avec le feu, on se brûle… murmura t-elle en se rappelant cette vieille expression moldue.

    L'alcool était supposé brouiller les sens. Pourtant, Vanessa n'avait jamais eu les idées aussi claires que maintenant. Elle avait décidé d’abandonner à son tour le vouvoiement. De toute façon, ça n’avait servi à rien à part à la mettre en position délicate. Elle se demanda un instant si ses paroles avaient un sens. Mais elle ne chercha pas plus loin. Elle était fatiguée de réfléchir sans cesse. Toute sa vie, elle avait du construire ses phrases sans jamais dire un mot plus haut que l’autre, sans jamais déplaire. C’était fini. Ses joues rougirent subitement alors que leur proximité augmentait. Elle s’était déjà brûlée. La flamme de Russlan l’avait attirée et comme une luciole, elle avait cherché à s’en rapprocher au maximum. Son cœur sombrait dans un abime. Elle aurait du en être désolée, pourtant l’excitation et l’envie prenaient le pas sur sa raison. Fichu péché. Elle n’avait que ce qu’elle méritait. Pour quelqu’un qui avait été aussi exemplaire que possible, perdre le contrôle, c’était très énervant. Le destin avait vraiment un sacré sens de l’humour…

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Russlan S. D. Mihaylov
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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Dim 17 Jan - 3:41

      - Maintenant ? Rien mais je dois avouer que je me sens beaucoup mieux. C’est déjà ça. Et vous Russlan ? Vous avez dépassé les limites. Je suis conscience que c’est ma faute. Dès notre rencontre, je n’ai pas agi comme je l’aurais du. Je l’ai franchie aussi, cette fine limite entre mon rôle de professeur et celui de jeune étudiante. J’ai eu tord mais vous devriez avoir tord également. Provoquer les gens ne fera que vous apporter des ennuis. Et si vous vous détruisez, vous en avez bien assez comme ça… Et moi, je ne suis qu'une terrible idiote...


    Un rictus amer apparut sur ses traits alors qu’elle parlait, la colère battant toujours en lui mais dans des moindres mesures. Si elle se sentait soulagée presque, ce n’était pas son cas à lui, qui se sentait…Bizarre, mal à l’aise; Il ne regrettait en aucun cas ses faits et gestes. Il n’avait rien de mieux à faire que d’assumer complètement la portée de ses actes. Il savait qu’il était allé trop loin. Et alors, ça changeait quoi, au juste? Allait-il pour autant se morigéner pour sa stupidité, se châtier pour son insolence? Sûrement pas. Il ne faisait que se défendre. Avant bien sûr qu’il ne se mette à attaquer, il n’était pas non plus totalement innocent dans l’histoire. S’il avait été plus cruel, Russlan aurait sans doute enfoncé le clou davantage, en disant que oui, elle était stupide. Mais ne l’avait-il pas sous entendu dans ses paroles, en la blâmant pour son incompétence? Peut être qu’effectivement il avait dépassé les limites. Et maintenant? C’est fait, c’est fait. Il n’allait quand-même pas s’excuser de s’être fait gifler non plus? Il roula des yeux quand elle lui parla une fois de plus que la provoc n’avait rien de bon. Il ne put s’empêcher de répliquer, acide, alors que la politesse (et le fayottage) auraient exigé qu’il la contredise.

      « -Et tu crois quoi? Que je vais m’excuser? Je sais que j’ai été trop loin. Mais je ne regrette rien. Ce n’est pas le genre de chose pour laquelle je suis susceptible d’éprouver des remords. Je te signale que ces cours c’était TON idée et c’est TOI qui a voulu me coller, pas moi. Moi, j’assume mes actes. Tu ferais mieux d’en faire autant, ça aide tu sais? Après peut-être que j’me démerde bien niveau provoc, c’est sans doute vrai, je ne l’ai jamais nié. Je sais admettre mes tords parfois. Quand il le faut, devrais-je préciser. »


    En fait, il ne savait pas trop pourquoi il se sentait obligé de se comporter comme le pire des enfoirés. Mais en même temps, il fallait comprendre, il était en colère, et quand il était en colère, comme à chacun, bien souvent aussi, les mots dépassaient sa pensée. Mais là, il ne s’agissait pas de trouver des circonstances atténuantes, il disait sciemment les choses, telles qu’il les savait, telles qu’il les ressentait. Russlan était quelqu’un de franc. Sa franchise pouvait parfois dissoudre toute équivoque, mais pouvait aussi mortellement blesser, à défaut de s’insinuer en l’autre tel un poison. Mais Russlan sentait un autre poison s’infiltrer en lui, sournoisement. Un poison qu’il pourrait s’apparenter à du désir, mais qui n’en était pas, du moins pas tout à fait comme ça. Parce que ce désir était aussi mâtiné de haine, une haine profonde, viscérale, la haine qui s’alternait avec l’attirance, la haine qui devenait, lentement mais sûrement, de l’amour. Ne disait-on pas que la frontière entre haine et amour était fine? Aussi fine que pouvait l’être la ligne entre le prof et l’élève. D’ailleurs, il n’y avait plus de ça entre eux. Ce n’était qu’un statut, un accessoire, un titre honorifique, et en aucun cas un empêchement quelconque. Se cacher derrière ça pour rejeter ce qui commencer à exister entre eux, ça revenait à se cacher derrière son petit doigt, parfaitement inutile donc. Il posa son regard encore agité de colère sur la jeune femme, toujours aussi crispé. Son cœur battait encore la chamade sous le coup de la violente colère qu’elle avait provoquée en lui. On ne pouvait pas dire, Russlan avait quand même un certain self-control. Il en fallait bien pour vivre. Pour survivre, même. Prendre sur soi. Oublier son égoïsme personnel. Etre apte à vivre en société, quoi.

    Russlan avait beau être un pauvre con, il apprenait la vie. Il fallait regarder son histoire pour dire que certains avaient eu de la chance. S’il était ainsi, c’était par défaut et non par choix. Il a bien fallu se faire les armes à un moment donné, et malheureusement, il ne l’avait pas fait de la meilleure manière qu’il soit. Mais ce qui est fait est fait, comme il disait si bien, et son passé faisait ce qu’il était maintenant. Il en avait bavé, et se venger sur les autres était comme un moyen, certes ignoble, d’expier sa propre douleur. Mais à force, ça n’avait plus rien de jouissif. Il avait gagné quoi au change? On se le demande, parfois. Il se le demande lui aussi. Des fois il se remettait en question. Réfléchissait. Se faisait plus mal que de raison. Immolait sa chair sous le métal tranchant d’une lame de rasoir, charcutait son âme déjà exsangue. Il ne vivait plus qu’une demi-vie, il n’avait que la débauche pour se sentir vivant. Il avait besoin d’artifices pour se convaincre qu’il était encore doué de sentiments. Russlan n’était plus qu’une coquille vide, sa personnalité s’étant démembrée depuis bien trop longtemps. Lors des heures sombres de sa vie, et même encore récemment, l’on avait diagnostiqué une tendance certaine à l’autodestruction, un possible trouble bipolaire voire peut-être même une légère schizophrénie, en plus qu’il souffrait d’une paranoïa aigue. Seule la dope pouvait avoir un effet anesthésiant, lui permettre de se sentir mieux malgré la violence de ce qu’il ressentait. Au moins quand il était défoncé il avait la joie de ne plus rien ressentir. Si seulement il pouvait avoir un repère, ça l’aiderait beaucoup.

    Seulement, il n’avait pas de repère, et donc il était à la dérive. Peut-être était-ce pour ça qu’il avait presque jeté son fardeau sur les épaules de la frêle Vanessa, ne se sentant plus de le porter tout seul. Vu comme ça, il avait foi en elle malgré tout, une foi inébranlable. Anna par comparaison avait mis des années pour l’acquérir, et même si elle avait encore sa confiance absolue, elle ne pouvait plus se targuer d’être la seule à porter le fardeau. Elle l’avait presque abandonné. Et Russlan savait que Vanessa, elle, ne l’abandonnerait pas. Alors quoi? Maintenant, qu’est-ce qu’il pouvait dire? Rien. Il ne pouvait plus rien dire. Il ne voulait plus rien dire. Il avait déjà tout dit. D’un geste, il avait dit tout ce que pendant des années il s’était évertué à cacher. Avec elle tout était si différent. Il ne la ménageait pas, contrairement à Anna qu’il n’a fait que de ménager tout ce temps. C’est comme si finalement, il avait mis sa meilleure amie au ban de sa vie, même si elle savait tout. A Vanessa il ne promettait pas des choses qu’il ne pourra jamais offrir. Il était tout simplement différent. Authentique. Il montrait son âme écartelée de part en part, l’essence même de sa souffrance. S’il voulait avoir un jour la chance de s’en sortir, il devait combattre le mal par le mal.

    Vanessa était en train de boire, ainsi Russlan estima qu’il ne devait pas se gêner pour fumer. C’est ainsi que cette fois, sa main retourna dans sa poche et il en sortit son paquet de clopes, son briquet, avant de se l’allumer et d’en tirer une bouffée. Il sentit avec bonheur la fumée âcre lui emplir les poumons, avant de l’expirer doucement. Déjà, il ressentait moins son stress, il se détendait. Il aurait pu en proposer une à Vanessa, mais il se doutait bien qu’elle ne devait pas beaucoup fumer, si ce n’est que pas du tout. Déjà que ça lui faisait bizarre de la voir boire. Il l’étudiait attentivement, alors qu’elle se laissait séduire par l’alcool. Son regard vert ne la quittait plus, il tentait de décrypter ce que révélait son attitude, sa façon d’être. Elle ne menait pas une vie de débauche, c’était clair. Avait-elle seulement eu des hommes dans sa vie? Honnêtement, il n’en savait rien. Elle était encore jeune aussi. Elevée dans l’aristocratie, les vieilles familles de sang pur, où les gens étaient encore puritains. Alors ça ne serait guère étonnant qu’elle ait observé le principe de rester vierge jusqu’au mariage. Russlan, lui, ne s’était pas emmerdé avec tout ça. Il n’était plus vierge depuis longtemps. Attends, il avait combien? Quatorze ans? Quinze ans? Dans ces eaux là. Autant dire que ça remontait à loin. Il avait enchaîné les conquêtes, les coups d’un soir, s’adonnant aux plaisirs de la chair. Allant flirter aussi bien côté filles que côté garçons. Il s’était laissé emporter dans la spirale infernale, Diana l’y ayant joyeusement poussé. Et maintenant, il n’y avait plus rien, juste une épave. Une épave qui fumait et buvait à outrance, et qui là encore était en train de perdre quelques secondes de vie à fumer la mort, y prenant presque plaisir.

    Il avait la tête légèrement penchée sur le côté, alors qu’il regardait toujours la jeune femme. Il ne réalisait pas qu’il était en train de la détruire, de la précipiter droit vers sa propre déchéance. Elle était Alice, il était le lapin blanc. Il allait lui montrer le pays des merveilles, qui était en réalité un monde cauchemardesque, où régnaient le glauque, le morbide et la folie. Il savait bien qu’il allait finir par la pervertir, par la dénaturer. Mais en même temps, il ne voulait qu’elle, il l’aimait autant qu’il la haïssait. Elle le changeait lui aussi. Si relation il devait y avoir, elle serait aussi brève que destructrice. Personne ne pourrait s’en sortir indemne cette fois ci. Il avait certes gagné, elle rendait tacitement les armes. Mais pour combien de temps? Pouvait-il prétendre savourer sa victoire encore longtemps? Il en doutait désormais. Toutes ses belles certitudes s’en retrouvaient ébranlées. Il aimait transgresser l’interdit, mais s’il avait accepté de se laisser piéger par Vanessa, il avait clairement outrepassé toutes les règles, sans scrupules. Peut-être voyait-il un moyen de guérir lui-même, quitte à lui prendre tout ce qu’elle avait pour se sentir plus fort. A présent, c’était comme un pacte avec le diable que Vanessa signait, le diable qu’était Russlan. Un démon des plus séduisants, qui savait se faire enjôleur. Il avait juste envie de la garder près de lui. Pour lui. En dépit des interdits. Il n’était plus à ça près. Il n’avait plus peur de se faire damner à tout jamais sans passer par la case purgatoire. De toute façon il était déjà condamné à brûler en enfer. Un péché de plus, un péché de moins, on ne voyait plus tellement la différence désormais.

      « - A deux… Oui. Qu’est ce que je risque de plus ? Faire boire un élève ? Le gifler ? Apparaitre en tenue déplacée devant lui ? J’aurai décidé d’enfreindre tous les commandements d’un prof, je ne m’y prendrais pas autrement, déclara-t-elle avec sagacité. Je ne sais rien de la vie après tout. Nous sommes si différents et pourtant, on se ressemble. Allez, profites-en, c’est ma tournée. A trop jouer avec le feu, on se brûle…»


    Un sourire sans joie apparut sur les lèvres du jeune homme, alors qu’il ne chercha même pas à rabaisser sa manche, comme pour ne pas dissimuler l’horreur de son enfer personnel. Il hocha la tête d’un air résigné. Il osait espérer qu’elle parlait de prof et d’élève pour la forme, qu’elle avait compris ce qui était pourtant si évident. Adieu barrières. A armes égales, c’était exactement ça. Il en fut presque désolé pour elle. Presque désolé de briser tout son monde, d’ébranler ses certitudes. Son lui sadique eut envie de dire quelque chose qui ressemblait fort à chacun son tour, mais il se contenta de lui adresser un sourire de compassion. Il fallait qu’elle apprenne de toute façon. Même si ça aurait pu être différent pour elle, même si elle aurait pu l’avoir facile. Mais il fallait qu’elle soit tombée sur lui, et ça, c’était dommage. Alors oui, que risquait-elle de pire que ce qui se passait en ce moment? Russlan ne savait pas trop, mais ça existait pour sûr. Il n’avait pas besoin d’elle pour boire. Il le faisait très bien tout seul, et c’était ça qui était désolant. Je remarquai une mèche qui balayait son visage. Ce fut plus fort que lui, il ne put s’empêcher, d’un geste tendre, de la replacer derrière son oreille, avant de murmurer:

      « -Il y a toujours pire, ne t’en fais pas. Le destin sait se montrer tordu quand il s’y met. La preuve, il ne m’a pas épargné. Je suis sûr que dans l’état actuel des choses, rien ne peut m’arriver de pire que ce que j’ai pu vivre, mais en fait, il a encore des coups de pute en réserve. Mais ne t’en fais pas va. Tu as le temps pour apprendre, tout ne se fait pas en un jour. Tout ce que je te souhaite, c’est que ça arrivera le plus tard possible, parce que quand ça arrive, ce n’est pas drôle du tout. Et puis le feu c’est agréable, surtout en hiver. »


    Il lui adressa un clin d’œil alors qu’il acceptait le verre qu’elle lui tendait, avant de s’asseoir sur la chaise. Sa manche retomba mollement sur son bras, cachant l’horreur, la rendant aux souvenirs. Après tout, il fallait donner à César ce qui appartenait à César. Et voilà, ne put-il s’empêcher de penser avec amertume, la tension était retombée, la colère aussi. Il n’en ressentait plus qu’une profonde lassitude, mais avec une forte sensations de changement. Il était mine de rien troublé par leur nouvelle proximité, et il remarqua ses joues rougies, mais c’était sûrement à cause de l’alcool. Son regard vert scrutait toujours la jeune femme, avec intensité. Il but alors une gorgée, sentant à son tour l’alcool s’insinuer dans ses veines, l’enveloppant d’une douce chaleur. Il oubliait momentanément qu’il était malade. Il n’avait plus vraiment froid. Il n’avait plus vraiment chaud non plus. En fait, il était dans un état indéfinissable, où l’incertitude régnait. Mais il y avait une chose qu’il voulait là, maintenant, tout de suite. Il se sentait à présent un brin fébrile, comme animé d’une nouvelle envie, d’une nouvelle pulsion. Le russe se dit qu’un peu d’audace ne fera pas de mal. Alors n’y tenant plus, il posa ses lèvres sur les siennes avec voracité, vestige probable de la colère éprouvée plus tôt. Envoyant valser du même coup le verre d’alcool à moitié vide, et toute bienséance. Il n’avait pas le droit? Il venait juste de le prendre.

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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Mer 20 Jan - 0:35

    Comment pouvait-il toujours être au bord d’exploser ? Vanessa se le demandait sérieusement. Elle sentait toujours une colère endormie prête à resurgir de lui à tout moment. Et finalement, la blonde commençait d’en avoir marre de rester gentille alors que ça ne lui apportait rien de bon. Lui laisser gagner ce point signifierait qu’elle s’inclinait. Et ça, c’était tout simplement hors de question en l’état actuel des choses. Le gifler à nouveau, son côté sombre la poussait à le faire. Pourtant, elle ne recommencerait pas. Elle avait déjà été trop loin. Sa mâchoire se durcit de contrariété. C’était sans doute la première fois que quelqu’un la mettait autant en colère. Russlan la poussait à bout. D’habitude, elle était en mesure de se contenir. Mais rien n’était normal ou habituel dans cette situation. Peut-être passait-elle trop de temps à se morfondre pour ses actes passés. L’idée de ne rien contrôler lui faisait horreur. Chacun avait ses défauts après tout. Parce que oui, il était allé trop loin. Alors était-elle supposée se sentir coupable à sa place ? Cela aurait quand même été un comble. Pourquoi avait-il tant de facilité à la faire culpabiliser ? Elle s’en voulait terriblement. Elle sentait bien que plus elle parlait, plus la situation s’enfonçait dans cette spirale infernale de colère et non dits. Il allait crever l’abcès à n’en pas douter. D’ailleurs, elle n’en attendait pas moins de lui.

    « -Et tu crois quoi? Que je vais m’excuser? Je sais que j’ai été trop loin. Mais je ne regrette rien. Ce n’est pas le genre de chose pour laquelle je suis susceptible d’éprouver des remords. Je te signale que ces cours c’était TON idée et c’est TOI qui a voulu me coller, pas moi. Moi, j’assume mes actes. Tu ferais mieux d’en faire autant, ça aide tu sais? Après peut-être que j’me démerde bien niveau provoc, c’est sans doute vrai, je ne l’ai jamais nié. Je sais admettre mes tords parfois. Quand il le faut, devrais-je préciser. »

    « Ah oui ? Je ne sais pas. Je n’ai certainement pas à t’obliger. Je n’en ai pas le pouvoir. Tu penses que tu devrais ? Moi je ne m’excuserai pas. Je n’estime pas que je le doive. Oui, tu as été trop loin, c’est vrai. Mais on est responsable tous les deux. En effet, j’ai eu tord avec cette histoire de cours particuliers. Mais, certainement pas pour les heures de colle. Tu les méritais. La prochaine fois, je me débrouillerai simplement pour ne pas y assister puisque nous sommes incapables d’avoir un comportement approprié l’un en face de l’autre. D’ailleurs, la morale aurait voulu que je te mette à la porte dès l’instant ou nos regards se sont croisés dans le miroir de la salle de bain. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Et je déteste perdre le contrôle ! Je n’assume pas parce que c’est tout ce que je réprouve. »

    Elle reprit son souffle qu’elle n’avait pas eu conscience d’avoir tenu durant son monologue, soulagée d’avoir lâché ce qu’elle avait sur le cœur. Cœur qui s’emballait. Une veine battait furieusement à ses tempes, signe évident de sa contrariété. Ils n’en étaient plus à ça près maintenant. Elle voulait mettre les choses à plats. Il était trop tard pour revenir en arrière mais peut être qu’ils pouvaient prendre un nouveau départ. Les jours filaient doucement et bientôt, il retournerait dans son pays. Elle n’entendrait plus jamais parler de lui. Que ferait-elle ? Elle ne le savait pas. Alors, était-elle obligée de toujours tout contrôler ? Dire qu’elle était têtue, était une certitude. Et Vanessa n’aimait pas tellement reconnaitre quand elle avait tord. Sans doute parce que c’était de famille. Elle n’avait jamais été du genre à s’écraser et pouvait même montrer une sacrée volonté quand il le fallait. Bizarrement, depuis son arrivée au château, celle-ci semblait s’être envolée loin. Etrangement, allié avec la colère restait palpable le désir. Un désir viscéral qui s’infiltrait dans ses membres et lui donnait envie de violenter cet étudiant d’une autre manière tout aussi sournoise que les mots qu’ils pouvaient s’échanger en ce moment. Elle se foutait de ce qu’on pourrait dire. Personne ne pouvait comprendre, personne n’était à sa place. Tout comme il avait été extrêmement présomptueux de sa part de tenter de comprendre ses élèves. Elle aurait le temps de changer sans doute. Après tout, elle avait encore toute la vie devant elle. Faire comme si elle avait de l’expérience n’était qu’un leurre pour cacher qu’elle était en fait terrifiée. Parce que rien n’aurait pu la préparer à débarquer ici du mauvais côté de la barrière. Et encore moins à l’affronter lui.

    Vanessa était peut être égocentrique au fond. Elle ramenait toujours tout à elle. D’ailleurs les Serdaigles n’étaient-ils pas particulièrement égocentriques ? Ils étaient obsédés par leur propre savoir et le partage n’intervenait qu’après, et surtout pour en tirer plus de gloire. Tout se résumait à l’individualisme. Comme elle regrettait son enfance parfois. A cet âge, tout semblait si facile, si beau. Mais la vie n’était pas si belle que ça. Peut être l’était-elle tant que les sangs purs restaient dans leur jolie cage dorée, mais il fallait bien que cela s’arrête un jour. Personne ne restait idéaliste toute sa vie. C’était un mal pour un bien. Ses parents auraient honte de voir comment elle se comportait depuis septembre. Elle préférait ne pas penser à eux en ce moment. Vanessa tenait à sa famille. Elle ne voulait pas les décevoir. Sans doute était ce pour cela qu’elle avait tant de difficulté à comprendre ce garçon. Il n’avait pas de famille au sens propre du terme. Vanessa n’arrivait même pas à imaginer ce qu’elle ferait si elle perdait ses parents. Bien sur, ils étaient énervants et désespérément vieux jeu mais elle les adorait malgré tout. Joie de vivre contre abîmes. Ils étaient si différents. Mais on disait bien que les contraires s’attirent. C’était sans doute vrai. Peut être était ce pour mitiger et compenser chaque défaut de l’autre. Elle aimait croire au meilleur dans chaque personne. C’était peut être naïf mais elle pensait sincèrement que chaque personne avait du bon. Aucune personne ne pouvait être foncièrement mauvaise. Chaque comportement avait une raison bien précise. Vanessa s’en était doutée avec Russlan mais jamais elle n’aurait été chercher la solution aussi loin. La blonde secoua la tête.

    Peut-être pouvait-elle l’aider si elle cessait d’utiliser sa psychologie à deux balles. C’était dans la nature des ado de chercher le conflit avec les profs. Elle n’aurait pas du s’en formaliser. Sauf qu’elle n’était pas vraiment une prof ordinaire. Rien que le fait qu’elle remplace un vieux crouton au pied levé après qu’il ait mystérieusement disparu était suspect. Pour un peu, ils auraient presque pu la soupçonner d’y être pour quelque chose. Les gens étaient étranges. Et bien qu’elle tente de les comprendre, ce n’était pas possible. Pire, elle ne créait que des catastrophes lorsqu’elle tentait d’aider les autres. Maladresse ou malédiction ? Si elle cessait de réfléchir, peut être pourrait-elle enfin faire quelque chose de bien. Elle était loyale. Et elle ne fuyait jamais devant la difficulté. Le secret du russe serait bien gardé avec elle. Il devait le savoir. Il s’était livré, sans artifices ni prétentions. Elle en serait bien incapable. Le secret faisait parti de sa vie. Son secret, celui des autres, c’était la même chose. Elle n’était pas le genre de personnes à aller se confier à ses collègues. Peut être allait-elle faire en erreur en se taisant mais c’était un risque à courir. Elle ne parlait peut être pas de sa vie, mais il était la première personne à qui elle confiait ses doutes. Doutes sur une vocation qui lui avait toujours semblé évidente, doute sur son comportement, sur ses choix. Elle avait presque envie d’en rire. Sa meilleure amie avait été reléguée au fin fond de sa conscience depuis qu’elle avait pris le poste de prof de métamorphose. Elle avait tendance à trop s’isoler, à toujours faire les choses par elle-même sans demander conseil.

    Sa main se portait maintenant machinalement et avec la régularité d’un métronome vers ses lèvres. La fraicheur du verre contrastait délicieusement avec la brûlure du whisky qui coulait dans sa gorge. Ses yeux ne fixaient plus le russe. Ils étaient arrivés à une espèce de silence confortable. Un observateur extérieur aurait sans doute vu deux amis. Deux amis… Elle avait envie qu’ils soient plus que des amis, il fallait bien l’avouer. Ce n’était pas dans son genre d’avoir des relations aussi problématiques. L’éthique restait rangée dans un coin de sa tête, et une alarme sonnait en continuité à chaque fois qu’elle était trop proche de lui. Comme en ce moment. Elle avait tout envoyé valser de la petite vie bien rangée que son rang lui avait promis. Son ancien prétendant était aujourd’hui marié à une ancienne connaissance. Et elle, elle se trouvait dans son ancienne école et elle n’avait pas l’impression d’avoir avancé d’un pouce. Elle avait choisi de tout contrer contre vents et marées. Affronter sa famille avait été dur, elle avait failli tout perdre. Un scandale chez les aristos, ça ne faisait jamais bon ménage pour personne. L’affaire avait été étouffée à l’amiable entre les concernés. En attendant, elle n’avait eu que ce petit ami officiel. Elle n’aimait pas perdre le contrôle ce qui expliquait pourquoi elle choisissait soigneusement toutes ses relations. Vanessa détestait les mauvaises surprises. La bienséance régissait sa vie et ça n’était pas prêt de changer. C’était le meilleur moyen pour continuer d’avoir la vie qu’elle avait choisi. Entretenir une relation était toujours problématique pour elle. Vanessa avait une sainte horreur de s’abandonner, de lâcher prise. Elle n’aimait pas se laisser tomber dans le vide sans savoir si on allait la rattraper. Elle faisait difficilement confiance aux hommes. Combien avait-elle eu de relations ? Elles se comptaient sur les doigts d’une main. Certainement pas comme Russlan qui semblait avoir toutes les filles à ses pieds. Elle laissa échapper un sourire à sa remarque.

    Elle était innocente mais ce n’était pas pour autant qu’elle n’avait pas d’expérience. Du moins, en théorie. Se sentant observée, la jeune prof tourna la tête vers le russe, respirant à plein nez la fumée acre de sa cigarette. Elle avait beau tout envoyer valser, oubliant prudence, moralité et décence, les doutes revenaient toujours en force dans son esprit. Que se passerait-il ensuite ? Elle doutait fortement que Russlan soit le genre de personne faite pour elle. Il n’était prêt à s’engager, d’ailleurs elle ne l’était même pas elle-même. Qu’aurait-elle du exiger de lui si elle sombrait dans le tourbillon de la passion ? Elle devait apprendre à se contenter du moment passé. Carpe diem. Arrêter de tout calculer serait difficile au début, elle avait tellement peur des trahisons. Vivre dans un monde parfait n’apprenait pas les désillusions de la vie. Bien au contraire, cela ne faisait que fragiliser. Si elle n’avait pas eu autant de caractère, elle aurait sans doute donné sa démission une semaine après son arrivée. Les élèves avaient été loin d’être heureux de son arrivée. Mais comment leur en vouloir ? Elle semblait avoir le même âge qu’eux, voire être plus jeune que certains. Inexpérimentée. Il lui ouvrait une voie qu’elle n’aurait jamais pensé emprunter. Une voie qu’elle n’était pas sure d’apprécier par ailleurs. Mais il était trop tard pour reculer. Elle l’aiderait si elle le pouvait. Peut être que ce serait lui qui l’aiderait. Qui avait piégé l’autre ? Ce n’était pas si évident en réfléchissant bien. L’ange et le démon. Le contraste n’avait jamais été plus saisissant.

    Vanessa resta pétrifiée en découvrant les traces blanchâtres sur son poignet, stigmate de sa souffrance. Elle n’imaginait même pas la douleur qu’il fallait ressentir pour oser se faire souffrir soi même. Ses doigts glissèrent sur sa peau avec délicatesse, effleurant le contour des légères protubérances. Maintenant, ce qui n’avait été dit qu’à mots voilés prenait tout son sens. Qui avait pu l’entrainer dans cet enfer ? Vanessa ressentit l’envie de le faire violemment payer à la personne qui avait osé pousser le brun à de telles extrémités. Prenant conscience qu’elle avait encore entre des doigts le poignet pâle aux stigmates rosés, elle le lâcha avec lenteur, presque avec regret. C’était la première fois qu’elle le touchait. Sans doute ses réserves étaient-elles justifiées puisqu’elle n’avait plus envie d’enlever ses doigts de sa peau maintenant qu’elle y avait gouté. Son cerveau tournait à plein régime. Vanessa sentait presque les rouages surchauffer sous ses cheveux blonds. Toute pensée cohérente s’évanouit alors qu’il glissait une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. Son cœur rata un battement. Toute sa réflexion évanouie et elle n’était pas prête de refaire leur apparition. Elle ne bougeait pas. C’était comme si le temps avait ralenti. Ils partageaient un de ces moments hors du temps, hors de l’espace. Personne n’aurait pu briser cette sensation qui venait de s’encrer en elle. le murmure semblait caresser sa peau, l’envelopper pour mieux faire sombrer sa méfiance. Oui la chaleur faisait du bien en hiver, c’était indéniable. Etait ce pour cela qu’elle baissait ses défenses ?

    « -Il y a toujours pire, ne t’en fais pas. Le destin sait se montrer tordu quand il s’y met. La preuve, il ne m’a pas épargné. Je suis sûr que dans l’état actuel des choses, rien ne peut m’arriver de pire que ce que j’ai pu vivre, mais en fait, il a encore des coups de pute en réserve. Mais ne t’en fais pas va. Tu as le temps pour apprendre, tout ne se fait pas en un jour. Tout ce que je te souhaite, c’est que ça arrivera le plus tard possible, parce que quand ça arrive, ce n’est pas drôle du tout. Et puis le feu c’est agréable, surtout en hiver. »

    « Pire… Quand on nait dans ma famille, on ne pense même pas à ça. Le destin est tout tracé. Jusqu’à ce qu’on brise tout, au risque de tout perdre. Les sangs purs laissent l’impression que tout est facile, tant qu’on rentre dans les standards attendus. Je me dis souvent que la vie est loin d’être un cadeau. Tout semble si beau et fantastique au début. Mais les choses ne sont jamais comme elles semblent l’être. Tout est si relatif. J’ai parfois l’impression que tu es beaucoup plus âgé que moi. Ça ne peut pas être si mal alors… Après tout, nous n’avons que quelques années d’écart. Des années largement compensées par ton vécu et mes illusions.»

    Il s’empara du verre d’alcool et le contact s’évanouit, la laissant glacée à l’intérieur. Ils étaient assis côte à côte, épaule contre épaule. Vanessa se laissa couler contre le dossier de son siège, prenant ses aises. Si le professeur de botanique les trouvait dans cette situation, elle serait renvoyée illico. Et a vrai dire elle n’en avait rien à faire. Elle pourrait peut être même l’envoyer balader. Vanessa lâcha un petit cri de surprise en sentant le contact enveloppant ses lèvres. La surprise laissa place à la rage, et elle lui rendit son baiser avec toute l’adresse dont elle pouvait faire preuve. Un coin de son cerveau nota la présence d’un bruit de verre cassé. Elle s’en moqua et referma son bras libre avec force autour du cou du russe pour raffermir le contact. Ses doigts glissaient sur lui, pour se convaincre que c’était la réalité. Il venait de faire ce qu’elle s’interdisait depuis qu’elle l’avait vu. Elle aurait du le reprendre, le repousser, elle ne le fit pas. Envoyant valser tous ses principes, Vanessa ferma les yeux à tous ses préjugés et préféra se préoccuper du corps collé au sien. Lorsque le manque d’oxygène se fit sentir, Vanessa rompit le baiser, posant son front contre celui du garçon. Elle garda les yeux fermés. Toute parole cohérente l’avait désertée. Que venait-il de se passer à l’instant ? C’était une erreur à n’en pas douter. Alors pourquoi avait-elle envie de l’embrasser à nouveau ?

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Russlan S. D. Mihaylov
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MessageSujet: Re: [4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}   Dim 24 Jan - 4:25

Et maintenant, il restait quoi? Rien du tout. Ils s’étaient engueulés. Une colère homérique les avait animés, et pourquoi en finale? Pour rien. Ils n’étaient pas plus avancés que tout à l’heure. Quand on disait que ça ne servait à rien de crier, ce n’était pas faux. Des fois, ça ne faisait que d’aggraver les choses. Mais putain, qu’Est-ce que ça pouvait faire du bien. Déverser sa colère, cracher son venin aidait sans conteste à se sentir mieux après. Quitte à blesser l’autre en ayant des mots qui dépassent la pensée. Russlan avait voulu blesser Vanessa. Lui faire mal, la détruire sans ménagements. C’était plutôt réussi. En mettant une image sur l’affreuse réalité, il lui avait fait le même effet qu’une immense claque dans la gueule. Il se doutait bien qu’il avait blessé la jeune femme plus que nécessaire. Et il en était fier. Il était fier d’avoir trouvé son point sensible, d’éveiller en elle tant d’émotions. Il l’avait poussée à bout et à présent il jubilait. Là où un autre aurait été honteux de recevoir une gifle, ou simplement humilié, Russlan lui avait envie de rire, de rire comme le con qu’il était, rire comme un dément, tout simplement pour l’énerver encore plus. Mais là il n’en avait plus la force. Il avait déversé toute sa colère, toute sa bile, et maintenant il n’en ressentait qu’une immense lassitude. Hurler ne l’avait pas aidé à se sentir mieux, bien au contraire. Il se sentait misérable, abject. Abject d’avoir hurlé contre une femme de la sorte, de lui avoir témoigné un si grand irrespect. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, pour s’excuser, pour lui montrer à quel point il était désolé. Il aurait voulu effacer ces mots. Il ne regrettait pas pour autant ses paroles, il les avait toutes pensées, avec une injustice latente, révoltante. Oui, il avait nourri ces sombres pensées à l’égard de la jeune femme et en la voyant ainsi, son bourreau persistait et signait. Il n’en démordrait pas tant qu’elle ne lui prouvera pas le contraire. Ainsi, il attendait un effort de sa part. Son regard clair s’était posé sur la ravissante enseignante, alors qu’elle s’exprimait de nouveau, répondant à ses accusations toutes aussi injustes les unes que les autres:

« Ah oui ? Je ne sais pas. Je n’ai certainement pas à t’obliger. Je n’en ai pas le pouvoir. Tu penses que tu devrais ? Moi je ne m’excuserai pas. Je n’estime pas que je le doive. Oui, tu as été trop loin, c’est vrai. Mais on est responsable tous les deux. En effet, j’ai eu tord avec cette histoire de cours particuliers. Mais, certainement pas pour les heures de colle. Tu les méritais. La prochaine fois, je me débrouillerai simplement pour ne pas y assister puisque nous sommes incapables d’avoir un comportement approprié l’un en face de l’autre. D’ailleurs, la morale aurait voulu que je te mette à la porte dès l’instant ou nos regards se sont croisés dans le miroir de la salle de bain. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Et je déteste perdre le contrôle ! Je n’assume pas parce que c’est tout ce que je réprouve. »

Russlan arqua un sourcil alors qu’elle continuait de parler. Il avait envie de se foutre la tête dans le mur, tout en se disant que bordel, elle n’avait rien pigé. Elle le désespérait mais en même temps…Il l’aimait. Affreuse vérité. Il l’aimait, il venait de le réaliser, et ça faisait mal. Il l’aimait dans la violence, dans la rancœur, dans la provocation. Il était son bourreau parce qu’il l’aimait. Qui aime bien châtie bien, n’est-ce pas? Russlan en fut presque choqué par son auto-révélation. Nan, ça ne pouvait pas être ça. Il ne pouvait pas aimer Vanessa. C’était insensé. Il était plus ou moins avec Anna, bien que c’était la merde entre eux, en ce moment. C’était absurde même. Mais ce qui se passait entre eux depuis le tout début n’était-ce pas l’absurde dans toute sa splendeur? Il jeta un regard profondément troublé à la demoiselle, s’humidifia les lèvres d’un coup de langue et se gratta la nuque d’un air embarrassé. Son cœur, dans sa poitrine, battait à tout rompre alors que son estomac était descendu quelque part dans les talons. Il était profondément troublé, et cela devait probablement s’en ressentir dans les mots qu’il prononça alors:

« - Tu ne dois pas regretter. Moi je ne regrette pas. Pas un seul instant, pas une seule seconde. C’est pour ça que je ne m’excuserai pas. Même si un instant l’idée m’a effleuré. J’ai été trop loin parce que j’en avais marre de n’être qu’indifférence à tes yeux. Je voulais exister, me faire remarquer. J’ai peut être vingt ans, un peu plus, un peu moins, qu’importe, mais je réagis parfois comme un vrai gosse et ça on ne pourra pas me l’enlever. J’ai été un gamin frondeur avant de devenir un p’tit branleur. Pas une grande évolution entre nous, mais quand même. Alors oui, peut-être que je les méritais ces heures de colle. Mais si tu m’avais pas collé, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne serais pas en train de dire ce que je te dis depuis tout à l’heure et qui sonne comme un aveu de ma part. Tu voudrais me repousser de tout ton être, Vanessa, mais comme moi tu as été incapable de résister à la tentation. Tu voudrais me haïr mais tout ce que tu es capable de faire, c’est de nourrir des sentiments à mon égard. Je me trompe? »

Sa voix douce et envoûtante, ses mots, son sourire en coin enjôleur, tout était calculé pour servir cette sordide mascarade. A travers les métaphores et les questions rhétoriques il ne faisait que d’exprimer une réalité: le lien étrange qui les unissait depuis le début, qui les avait toujours liés et qui les lierait toujours, tout du moins, tout le temps qu’ils se fréquenteraient. Le bourreau regardait sa douce victime, son regard vrillant la belle, espérant peut-être lui extorquer un aveu qu’il garderait précieusement. Présentement, le rôle du tortionnaire lui allait à ravir, mais à demi mots il ne faisait que d’exprimer les sentiments qui l’habitaient et qui l’empoisonnaient un tant soit peu. Il parlait pour elle mais il parlait aussi pour lui. S’il avait l’air d’enfoncer le couteau dans la plaie, il rouvrait la sienne par la même occasion. Lui aussi avait été incapable de résister à la tentation. Mieux que ça, il avait été à deux doigts d’y céder, les deux fois où il s’est retrouvé en tête à tête avec elle. Par deux fois il aurait pu la faire sienne. Dans la salle de bains tout d’abord. Puis dans son bureau. Elle avait su remuer ses sens, de fond en comble, elle avait tout foutu en l’air, tout soufflé sur son passage. Il ne restait plus rien désormais, juste des braises fumantes, qui ne demandaient qu’à être ravivées. L’essence d’un désir latent qui suintait dans ses veines, lui faisant mal mais en même temps lui faisant du bien. Russlan savait que la réciproque était vraie. Lui n’avait rien à prouver de son côté. Son attitude envers elle parlait pour lui. C’était certes curieux comme façon d’aimer, mais c’était la sienne et rien ne pourrait y changer. La faire souffrir était un moyen comme un autre de l’aimer. Il aimait trop fort. Il détruisait ceux qu’il touchait, ceux dont il osait s’éprendre, ceux à qui il osait s’attacher. Chaque personne qu’on lui enlevait, c’était comme l’amputer d’une partie de son âme, une catastrophe, un moyen de l’annihiler à tout jamais. Sa faiblesse, c’était ceux qu’il aimait. Ceux à qui il tenait. Il ferait n’importe quoi pour eux, il mourrait même pour eux. Désormais, Vanessa en faisait partie, d’une façon ou d’une autre. Et ça le faisait flipper de voir ça. De comprendre ça. Russlan avança sa main et la posa doucement sur celle de Vanessa, reprenant son discours.

« -Moi non plus je n’aime pas ne pas avoir le contrôle. Mais des fois tu ne peux rien contrôler, c’est comme ça, il faut faire avec. Les sentiments en font partie je crois. Et pour tout te dire, c’est quelque chose que j’aurais aimé pouvoir contrôler. Ca m’aurait épargné bien des souffrances inutiles. Tu sais Vanessa, c’est bon de se laisser aller parfois. D’envoyer bouler tous les beaux principes par lesquels on a été conditionnés. Il faut parfois briser nos chaînes pour être libres, pour être heureux. Je ne cache pas que des fois en brisant les chaînes on ne sait pas trop où on va, mais c’est ça qui est excitant à mon avis. De ne pas savoir avant d’avoir fait. Les frissons de l’inconnu. Des fois tu te ramasses, mais dis toi qu’il y a toujours quelqu’un pour te ramasser si jamais ça foire. Toujours, même si les dégâts ont été faits depuis bien longtemps. »

Là, il parlait pour lui. Il avait osé briser ses chaînes, envoyer bouler ses principes. Il s’était lâché, trop vite, trop fort. Il avait voulu plonger, il a sauté trop tôt et il s’était mangé le bord du plongeoir avant de chuter. Il avait eu mal, mais il s’était relevé, cahin-caha, il s’était endurci. Les petites déceptions lui avaient appris la vie. Il avait essayé d’être fort pour lui, mais très vite il avait dû être fort pour quelqu’un d’autre. Deux fardeaux, deux destins, c’était trop pour une même personne. Et des fois, on finissait par tout lâcher, se sentant incapable de le porter une seconde de plus. C’Est-ce qui s’est passé pour Russlan. Il en a eu marre de porter en plus un fardeau qui n’était pas le sien. Il n’était pas un surhomme non plus. Il avait encaissé, parfois jusqu’à outrance, et il arrivait bien un moment où il finissait par lâcher. Il avait tout lâché. Il s’était laissé sombrer, pitoyablement, ne se contentant que de survivre. Il avait attendu son point dans la nuit, son phare, son repère. Il avait ramé pour l’atteindre, et quand il pensait l’avoir atteint, tout n’était que mirage, illusion. Alors il en cherchait un autre. Se laissait embraser par n’importe quelle lumière qui était de passage. Seulement de passage. Aucune ne restait. Toutes finissaient par partir. Toutes, comme les personnes qu’il avait aimées, faisant de sa vie un désert sentimental et affectif. Il avait bien essayé de s’exploser les neurones pour se changer les idées, mais là encore il était réduit à l’état de loque. Ca se voyait tant que ça qu’il allait mal? Qu’il avait détruit, cassé en mille morceaux par une vie qui n’avait jamais voulu de lui, d’une quelconque façon que ce soit. Russlan soupira et caressa distraitement la fine cicatrice qu’il avait à la joue droite, geste qu’il faisait souvent lorsqu’il était pensif ou contrarié.

Le silence était devenu angoissant, obsessionnel. Russlan tentait de remettre de l’ordre dans ses idées, idées un brin désordonnées pour le coup. Il se sentait mal et pourtant il restait là, alors qu’en temps ordinaire il aurait préféré la fuite. A croire qu’il était masochiste, mais il aimait sa situation, même si ladite situation était des plus pourries. Il ne savait pas trop comment il devait se comporter avec elle à présent qu’il avait compris. Il aurait nettement préféré retourner dans son ignorance, là où il ne savait pas. C’était moins angoissant, le choix aurait été moins fatidique et surtout moins proche. Choisir, voilà quelque chose qui l’angoissait. Il ne voulait pas. Pas maintenant en tout cas. Il regardait la jeune femme pensivement, en se disant que s’il ne pouvait pas l’avoir, il…Euh…il ne sait pas vraiment, mais disons qu’il n’aurait pas envie de sauter de joie quoi. Car rien n’était pire que des sentiments qui n’étaient pas réciproques. Mais en même temps, il était qui pour imposer à la jeune Wright ce qu’il était? Pas gêné, autrement dit. Il ne savait pas si de ce côté-là il se sentait prêt. Parce que si union il devait y avoir, celle-ci serait purement et simplement fusionnelle. Qui dit fusionnelle disait partager tout, ce qui était plaisant tout comme ce qui ne l’était pas. Russlan n’avait pas eu beaucoup de relations de couple à proprement parler. Chacun des couples qu’il avait formé avec une autre étaient différents à leur manière, mais tous avaient été fusionnels. C’était trop risqué donc. Mais à regarder Vanessa, il se demandait. Serait-elle assez forte pour supporter ce qu’il était vraiment? Ce qu’il cachait aux yeux de tous? Elle semblait déjà au bord de la dépression à cause d’une petite dispute comme celle là, alors qu’allait-il en être si jamais elle savait vraiment tout? Si elle était confrontée aux tréfonds de son âme torturée? A son essence même? Ca aussi c’était risqué. Et il ne semblait pas prêt pour le moment. Il devait essayer de la protéger de lui-même tant qu’il en était encore temps.

Seulement, il ne pouvait pas retenir sa résolution, comme toutes les autres. Il avait dévoilé l’un de ses plus ignobles secrets, confrontant la jeune femme une fois de plus à l’abjecte réalité. Il voyait son air pétrifié, et il en était désolé pour elle. Il souffrait et même sa peau ressemblait à un champ de bataille mutilé par les bombes et autres assauts meurtriers. A défaut, il se sacrifiait lui-même pour ne pas imploser. Son enveloppe charnelle n’était qu’un détail. A présent, elle caressait sa peau massacrée par une folie sans nom, apaisant un tant soit peu les écorchures qui même anciennes continuaient de brûler sa chair, la frappant d’un sceau invisible et odieux. Les stigmates du mal, d’un mal être profond, la preuve matérielle d’une folie destructrice. Elle caressait ses cicatrices, comme si elle pouvait prétendre avoir le pouvoir de les guérir. Mais ces traces allaient marquer à tout jamais son corps, même si son cœur allait peut-être guérir un jour, malgré les traces indélébiles qu’il présentait. Et puis, elle lui rendit son poignet. Russlan avait retenu son souffle pendant son investigation et là il respirait un peu mieux, un peu moins compressé par la crainte. Et maintenant alors? Que pensait-elle? Qu’il était dingue? Que ces atrocités ne pouvaient être que l’œuvre d’un fou furieux? Ou au contraire allait-elle fermer les yeux là-dessus, une fois de plus? Le temps à présent était encore une fois à la confidence, et le silence avait été rompu. Enfin.

« Pire… Quand on nait dans ma famille, on ne pense même pas à ça. Le destin est tout tracé. Jusqu’à ce qu’on brise tout, au risque de tout perdre. Les sangs purs laissent l’impression que tout est facile, tant qu’on rentre dans les standards attendus. Je me dis souvent que la vie est loin d’être un cadeau. Tout semble si beau et fantastique au début. Mais les choses ne sont jamais comme elles semblent l’être. Tout est si relatif. J’ai parfois l’impression que tu es beaucoup plus âgé que moi. Ça ne peut pas être si mal alors… Après tout, nous n’avons que quelques années d’écart. Des années largement compensées par ton vécu et mes illusions.»

Il se redressa alors qu’elle avait dit ces quelques mots. Il la fixait intensément. Il la trouvait davantage attendrissante qu’énervante en ce moment. Elle était tout autant paumée que lui dans cette vie, sauf qu’elle n’a pas eu besoin d’aller autant dans les extrêmes. Au fond, tout au fond, il se reconnaissait un peu en elle. Il tint son verre d’alcool d’une main, et doucement il commença à dégager des mèches de cheveux autour de son visage, d’un geste tendre et assuré. Il ne pouvait pas résister à l’envie qu’il avait d’effleurer son visage, de retrouver sa peau douce et tendre.

« -Tu apprendras plus tard que le destin c’est que de la foutaise, une fable destinée pour rassurer. Tout comme le bon dieu et autres religions. Il n’y a rien qui est laissé au hasard. Si on le veut on peut décider ce qu’on fera de notre vie, mais des fois on ne peut pas tout prévoir et donc il faut laisser les choses suivre leur cours. La vie peut être un beau cadeau, à condition qu’on sache quoi en faire. Il faut parfois passer par le pourri avant espérer quelque chose de meilleur. J’en ai marre de galérer mais des fois je me dis que galérer ça en vaut peut être la peine. Qui sait, rien n’est écrit à l’avance. On ne saura pas tant qu’on n’aura pas essayé. Alors n’aies pas peur d’ouvrir les yeux. Le monde n’est pas si noir tu sais? Parfois j’ai pu apercevoir la lumière même si elle était éphémère. C’est toujours ça de pris. »

La lumière, c’était l’espoir. Un espoir trop peu souvent ressenti, un espoir bien souvent détruit, passé à tabac. Il ne savait pas trop ce qu’il allait apporter à Vanessa. Il saura peut-être le dire plus tard, quand il aura compris. Mais en tout cas, ses paroles n’étaient pas des mots en l’air. Briser des illusions ça fait mal mais il faut passer par là pour tenter d’essayer d’évoluer. Cela ne se ferait pas sans heurts pour Vanessa, mais s’il l’emportait dans son sillage il n’aurait pas d’autre choix que de la détruire, pour mieux la reconstruire ensuite. Il n’y avait eu personne pour le ramasser alors qu’il avait été violemment projeté dans la dure réalité. Lui serait là. Il serait sa bouée de sauvetage quand même rien n’irait plus. Il en faisait le serment. Il serait là pour sécher ses larmes, pour panser son cœur exsangue. C’est lui qui en finale la protégerait. Il la regarda à nouveau, ses yeux verts semblant sonder l’intérieur de l’âme de la jeune femme. Il se risqua à poser une autre question alors qu’il replaçait délicatement une mèche blonde.

« -Quelques années d’écart ça représente quoi pour toi? Cinq ans? Dix ans? C’est vaste quand même. Quelque chose me dit que l’écart est beaucoup moins grand qu’il n’y paraît. Alors dis moi? C’est l’histoire de combien d’années en finale? Une? Deux tout au plus? Pas grand-chose n’est-ce pas? Pas grand-chose en tout cas pour pouvoir constituer une barrière digne de ce nom. Ce n’est que mon avis personnel en tout cas. »

Leur bulle d’intimité était doucement en train de se forger. Le contact se faisait de plus en plus attendre, le désir était là également. Mais il se sentait bien. Mieux en tout cas, parce que Russlan ne se sentira jamais totalement bien. Ils étaient proches, trop proche, et lui avait su profiter de cette proximité, pour concrétiser une envie qu’il avait eue dès lors qu’il avait posé son regard sur elle pour la première fois, dans cette salle de bains. Alors, il l’avait embrassée, envoyant aux orties tout le restant, toute la bienséance. Il obéissait à son désir, à un instinct. Alors il l’embrassait avec fougue, passion, colère aussi. Mais aussi, il fallait l’avouer, l’énergie du désespoir y était pour beaucoup. Il voulait sentir son corps contre le sien, envoyer valser tout ce qu’il y avait autour. Un énième dérapage, suite logique de nombreux autres. Mais pour quoi faire, au fond, puisque c’Est-ce qu’ils avaient envie tous les deux? Il le sentait, il le savait. Alors qu’elle resserrait ses bras autour de sa nuque, lui avait pris d’assaut sa taille, la serrant davantage contre son corps fébrile. Peu importait qu’on les capte en ce moment, tout ce qu’il voulait c’était elle, il en rêvait depuis trop longtemps et il ne voulait pas laisser cette chance filer une fois encore. Et puis il fallut bien à un moment que tout s’arrête. Mais les choses restaient en état et c’était tant mieux. Elle posa son front contre le sien, lui la maintenant toujours contre lui. Il ne savait pas quelle connerie il venait de faire, mais il ne la regrettait en rien. Sauf peut être parce qu’il en voulait encore et encore. Il se décida à rompre alors le silence.

« -Et maintenant, que fais-tu? Tu es toujours du même avis que tout à l’heure? Ou on pense maintenant à la même chose? Qu’en adviendra-t-il de demain? Nous soucierons-nous de hier? Qu’Est-ce que tu as envie, toi? Moi je sais ce que je veux. Mais l’accepterais tu? M’accepterais-tu? »

Trop de questions qui tuaient probablement la question, mais ses inquiétudes étaient fondées. Peut-être qu’elle avait une réponse à apporter à la question? Après tout, c’était elle la prof, c’était elle qui devait lui apprendre et non l’inverse.

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RUSSLAN S. D. MIHAYLOV
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[4/10] Le ridicule ne tue pas. Vraiment ? {Russlan}
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