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 [10/10] « In Nomine... Amen. »

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MessageSujet: [10/10] « In Nomine... Amen. »   Jeu 23 Juil - 19:28




« In Nomine Patrem
Et Filii
Et Spiriti Sanctus
Amen. »


Le soleil se couchait doucement alors que cette litanie se répétait, inlassablement, dans une voix basse et mesurée, résonnant discrètement dans le calme olympien qu'offrait Poudlard en cette fin de journée. Le mois de Septembre avait laissé sa place à Octobre qui, impérieux, emportait déjà dans son sillage les derniers vestiges d'un été qui n'avait que trop duré. Loin de la chaleur estivale, la moiteur automnale s'installait avec lenteur, laissant mourir les feuilles sur les arbres, revêtant ainsi la nature de son habit des plus magnifiques. La morte saison, comme on l'appelle, était de loin la plus merveilleuse avec la Renaissance qu'offrait le printemps. La douce prière, invocation à plus de clémence du Seigneur mourut définitivement sur les lèvres de l'élève qui se refermèrent doucement, avant de pousser un profond soupir... Mais elle recommença, inlassablement. Prête à tout pour oublier ce désarroi qui la déchirait. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. J'étais le seul à être témoin de cette hymne qu'elle lançait aux Cieux. Le seul en cette douce soirée d'octobre. Mon regard fut irrémédiablement attiré par le lac dont les ondes rougeoyantes flambaient encore plus sous l'éclat du soleil couchant. Je me pinçais les lèvres, écoutant encore cette litanie douloureuse qu'elle répétait maintenant depuis plus d'une vingtaine de minutes. A quoi donc cela rimait-il ? Le soleil laissa un de ses rayons toucher avec délicatesse la lame posée aux côtés du Symboliste. Et moi, pauvre Prêtre du Prieuré, je regardais désormais ce que je considérais comme un fardeau pour une pauvre enfant dont l'âme était meurtrie et n'aspirait qu'à une chose : le repos. Porter en permanence une lame n'était pas quelque chose de facile à vivre. Je le savais pour être passer par là aussi. Durant mes jeunes années - et non je ne pense pas encore être très vieux mais je ne pouvais plus faire les mêmes choses qu'auparavant - j'avais aussi porté une lame. Mais je l'avais retiré quand j'avais été ordonné Camerlingue. Je ne pouvais guère me permettre de faire entrer une arme dans la Saint Vatican. Décemment, j'observais la délicate fleur agenouillée à mes côtés tandis que je restais debout, imperturbable. Enfin si, j'étais perturbé parce qu'il se passait. Tout n'allait plus être que chaos et enfer dans cette école. Satan lui même n'aurait mieux fait et Celui Qui Portait la Lumière serait bien content de voir le désordre qui n'allait pas tarder à naître dans le château.

C'est dans ce même silence et ce calme religieux que je me décidais à quitter la petite pièce attenante à ma salle de classe. M'installant au bureau qui se trouvait devant les chaises d'étudiants, je regardais la pile de copies, un vague sourire aux lèvres. On m'avait quelque peu prévenu de la réticence de certains élèves à suivre les cours. Certes, la foule estudiantine de Poudlard n'avait en rien changée sa réputation d'élèves travailleurs et sérieux. Hélas, je me devais de déplorer un manque certain d'envie de travail parmi les élèves des délégations étrangères. Je tentais encore de maîtriser des sorts que l'on disait de traduction linguistiques. Hélas, ils étaient bien ardus à maîtriser. Et bien malheureusement, je basais tant mes cours sur la pratique que sur la théorie. Car les ASPIC écrite de Sortilèges se fondaient sur la théorie et non pas sur la pratique. Contrairement à l'épreuve pratique... Quelle évidence. Et j'en étais là, à regarder les russes, les allemands, les polonais, les espagnols et autres étrangers s'arracher les cheveux. Mais quelle déception pour moi d'avoir dû coller des élèves alors que ce n'était pas ma politique. Hélas, il ne me respectais pas et ma collerette blanche du prêtre n'aidait en rien. J'avais eu droit à bons nombres de sourire goguenards de la part des étrangers. Mais j'avais délaissé ma soutane de camerlingue et privilégié un costume de prêtre noire, classique. Je commençais à lire les copies, parfois impressionné par le talent indéniable de certains. J'éprouvais une réelle difficulté à mettre des mauvaises notes mais j'essayais toujours d'encourager. Sauf quand je voyais qu'il y avait un manque évident de travail. Puis je tombais sur la copie de la douce torturée qui se trouvait à côté, toujours plongée dans sa profonde prière et me mordillais la lèvre inférieure. Je posais ma plume avec une rare délicatesse dans l'encrier rouge et me penchais légèrement sur l'arrière, prenant la copie de la Préfète-en-Chef entre mes mains. J'aurais beau la lire et la relire inlassablement, captivé par la délicatesse de son écriture qui ne laissait envisager en rien ce qui la tuait à petit feu. Je le savais, elle me l'avait dit. Elle ne m'avait pas dit son nom. Juste qu'il courait dans les couloirs. Un Assassin. Non pas de ces vulgaires meurtriers qui tuaient sous le coup d'une émotion un peu trop forte. Mais de ceux qui se fondait dans la foule. Qui n'était qu'une lame dans la foule. A l'instar de nos chevaliers. In Nomine... Sons simple murmure me parvenait aux oreilles me rappelant ainsi à la tâche qui m'incombait, ce devoir qui était le mien en tant que professeur. Je regardais sa copie, mettant l'Optimal qu'elle méritait. Et posais sa feuille avant d'en prendre une autre.

Les Voies du Seigneur sont Impénétrables. Beaucoup me l'ont déjà fait remarquer. Comment croire en quelque chose que l'on a pas vu ? La Foi est l'un de ces mystères que les scientifiques rêveraient de lever. Pour ma part, je m'intéressais de très près aux recherches du Père Valerio au CNRS. Vouloir recréer le moment de la Création à travers la Science permettrait de rapprocher définitivement Religion et Science. A mon humble avis - et j'étais guère un scientifique - la Science était encore bien jeune et faisait bon nombre d'erreur. Mais la Religion n'était pas parfaite. Et les deux se complétaient. Beaucoup hurlerait « à l'hérésie ». Je n'appellerais jamais cela que de la logique. Mais le débat serait parfois bien long et ennuyeux. Et rare risquent d'être ceux qui adhèreront à cette idée tant qu'elle n'aura pas été prouvée. Bientôt, la voix de mon élève mourut pour de bon. La porte laissé légèrement entrouverte grinça alors que le bruit d'une lame qu'on glissait méthodiquement dans un fourreau parvint à mes oreilles. Et son pas léger et régulier se fit entendre, le son de ses talons résonnant sur les parois de marbre du sol. Lentement, je tournais la tête, la dévisageant. Je ne savais pas trop pourquoi elle était venue aujourd'hui. Mais je savais que nous discuterions du Lac. Et que sa quête commencerait. Je l'observais alors, de profil, et eut un léger sourire. Les Di Matteo se transmettaient se lourd héritage depuis si longtemps. Mais une de ses ancêtres avaient été une Cavalière des plus redoutables. Une Cavalière accomplie. Elle était appelée L'Angelo Della Morte ou l''Ange de la Mort. Je me rappelerais toujours de son nom. La première fois que je l'avais lu, j'avais bien du mal à croire que ce fauve était l'Ancêtre d'une jeune fille aussi fragile. Mais peut-être que le fauve dormait. Qu'il n'arrivait pas à se réveiller. Et que se passerait-il le jour où il se soulèverait, faisant entendre son grondement dangereux ? Ariela était réputée pour être belle et dangereuse. Qu'en était-il donc de Rebecca ? Son regard azuré se leva vers moi et je demandais alors, d'une voix mesurée, comme si nous étions dans un confessionnal, et dans cette langue aux accents veloutés et chantants qu'était l'italien :

« Mon enfant... Dis moi donc ce qui te travaille. Je ne t'ai jamais vu autant prier que depuis que je suis arrivé. »

Forçais-je la confession ? Je ne savais que trop bien ce qui la tourmentait. Mais hélas la délicate enfant restait fermée comme une huitre sur sa perle. Une huitre qui s'étouffait avec sa perle. Car la perle n'était pas aussi belle que tous voulaient bien le croire. Je restais assis, la regardant. Elle n'avait guère bougé, si ce n'est que le bras qui avait replacé la dague obligatoire du Dies Gloriae tomba avec mollesse le long de son corps. La douleur se peignait sur son visage et pourtant ses traits restaient purs et délicats. Rebecca Stuart était pire que ce que je m'étais imaginé. Si son père, que je n'avais rencontré guère que deux ou trois fois dans ma vie, m'avait paru quelque peu renfermé, je pouvais en dire tout autant de son enfant. Mais Rebecca et Peter avaient si peu de choses en commun de ce côté là. Peter gardait les secrets qu'on lui donnait. Car c'était dans l'honneur d'un Chevalier de ne rien dire. Tout comme le devoir d'un Prêtre de taire les secrets d'une confession. Je ne cessais d'observer la jeune élève qui se tenait de profil, debout non loin de moi. Qui restait là, immobile, peut-être dans l'attente de recevoir un signe du Seigneur. Un signe comme quoi il a bien entendu sa prière. Sa longue litanie me restait dans la tête. Ses suppliques franches mais ô combien douloureuses enserraient mon coeur dès que j'y repensait. Qui donc aurait la force, le courage de chercher à comprendre son âme tourmentée ? Il n’y aurait jamais qu’une seule personne à même de la comprendre. Mais est-ce que son futur époux en serait capable ? Permettez-moi, Seigneur, d’en douter. Certes, le jeune Clancy Wellington a tout d’un être charmant. Mais il n’était pas pour elle. Quelqu’un d’autre lui était destiné. Mais qui serait assez patient pour recollé les morceaux brisés de son âme, de son cœur ?
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Rebecca C. A. Stuart
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MessageSujet: Re: [10/10] « In Nomine... Amen. »   Lun 3 Aoû - 2:28

Loin du tumulte erreintant de la vie estudiantine, sous le regard ferme et chaleur du soleil couchant de ce mois d'octobre, rien ne laissait envisager les tourments que Dieu gardait secret. Tourments qui attendaient de se déchaîner sans pitié sur cette terre où ne couraient qu'impiétés et malversations. Impérieux Octobre asséchait la sève des arbres, donnant à la nature toutes ses couleurs châtoyantes que les peintres aimaient à rendre sur leurs oeuvres. Deux respirations se faisaient entendre, discontinues car l'une était retenue quand l'autre se faisait soupir. Rien d'autre ne se faisait entendre. Sauf peut-être une seule litanie. Longue plainte déchirante adressée au Seigneur Tout-Puissant, demandant de jours plus cléments, la douleur des propos poignants déchireraient le coeur de ceux qui l'entendraient. Le prêtre debout à côté du petit autel dressé à la Sainte Vierge regardait au dehors, son regard se faisait perdu alors qu'il ne comprennait que trop bien les mots qui étaient dits. Combien de fois les avait-il entendus ? Allez savoir. Mais il les avait déjà entendu. Le ciel embrasé comme si un feu y avait été allumé s'étendait, majestueux, au dessus des hautes cimes des arbres. Nombreux sont les oiseaux qui, perchés sur le faîte des pins centenaires, attendaient l'éternel signal qui marqueraient leur départ vers des contrées plus chaudes. Car si Octobre avait pris la place de ce tranquille Septembre, il avait aussi apporté dans son sillage sa fraîcheur et le signe d'une nouvelle saison qui arrivait. Coup d'envoi de la mort de la nature qui, patiente, attendrait son éternelle renaissance du Printemps, Octobre était aussi placé sous des auspices peu agréables. Et le Lac, toujours rougeoyant, dégageait toujours cet infâlme relant de rouille, typique de cette désagréable odeur de sang. Et cette odeur continuait à investir les couloirs, les salles de classes, la Grande Salle. Elle en rendait malade certain, en dégoûtait beaucoup d'autre. Et les Aguamenti, Recurvite et autres sorts du même type étaient désormais tellement usités qu'il serait dorénavant inadmissible de la part de l'un des élèves qui aurait fréquenté ces murs pendant cette étrange période de ne pas savoir les maîtriser. C'était d'ailleurs ce même Lac qui en avait effrayé plus d'un et éveillé les esprits de beaucoup d'autre. En fait non. De quelques autres. Et déjà les formes sombres et autres silhouettes mystérieurs arpentaient le château, observant les murs, les tableaux qui grommelaient et autres dalles. Désormais, la Fleur de Lys était éveillée, la Rosace montrait le Nord mais une question demeurait : un seul signe manquait à l'appel pour commencer la quête. Et il était dit que l'eau pure seule pouvait le révéler. Quelle drôle de blague quand tout n'était plus que sang. Où donc trouver cette eau pure donc eau claire pour trouver ce fichu symbôle manquant ? La question demeurait sans réponse et la réponse... était bien évidemment ailleurs. Sinon, le jeu n'en valait pas la chandelle et la course serait moinds drôle. Maintenant qui du Symboliste-Gardien et des Symbologistes adverses arriveraient en premier au Livre ? La question demeurait elle aussi sans réponse mais cette réponse ci, hélas, apporterait tellement de souffrance. Car si le Dies Gloriae trouvait le Livre en premier, l'organisation aurait toute les chances de le protéger en lui trouvant une autre place en attendant que l'orage passe. En revanche, si eux trouvaient le Livre avant, il en serait terminé du monde tel que nous le connaissons. Et la perversité, la débauche, la mort et autre fléaux seraient déchaînés sur la terre. Et la légende des Dix Cavaliers de l'Apocalypse ? Êtes vous encore naïfs à ce point pour croire que ce n'est qu'une Légende ? Que Dieu vous garde de la connaître car si le Livre n'était pas scellé à nouveau, après les Dix Châtiments et la Sublime Pandore, ce serait bien évidemment les Dix Séduisants et Ô combien Mortels Cavaliers de l'Apocalypse qui coureraient sur la Terre. La Domination ne serait plus qu'entre les mains d'un seul camp. Et si ce monde n'était pas manichéen, il fallait en revanche se dire que dans une situation pareille il y avait des gentils d'un côté, des méchants de l'autre. Et il y avait toujours ceux qui ne savaient pas où aller. Ceux qui, en silence, supportait les actions de tel ou tel groupe. La longue litanie inlassablement répétée mourut à nouveau dans la fraîcheur de cette fin de journée qui pour beaucoup avait été erreintantes. Le prêtre qui avait déserté la petite pièce sobrement décorée – pour ne pas dire nue de toute décorations – faisaient partis de ceux qui avaient soufferts. Il avait tenté tant bien que mal de s'intéger mais beaucoup encore se moquait de sa collerette blanche. Un seul mot s'échappait de mes lèvres quand j'avais entendu ces mots stupides : idiots. L'idiotie était, à mon humble avis, le pire des fléaux qui pouvaient courir sur cette terre. Hélas, si on devait tous tuer un idiot, nous serions tous morts. Car nous sommes tous l'idiot de quelqu'un d'autre. Ou le souffre douleur. A genoux, je sentais ma jambe m'élancer, vestige douloureux de cette soirée du premier octobre où j'avais rencontré mon charmant meilleur ami – dites vous bien que tout ceci n'est qu'ironie – j'ai bien évidemment nommé : Anton Averey. Je vomissais son nom, abhorrais son être hélas, je ne pouvais rien faire pour m'en défaire. Il était destiné à être mon Loup. J'étais sa mission. Sa cible. Il était mon Assassin. Il était celui qui avait arraché la vie à mon père. Sa mère, reine des garces, avait enlevé la vie à mes aïeuls. Et dire que nos deux familles étaient en rivalité. Je comprenais mieux pourquoi, désormais. D'un côté le Dies Gloriae. De l'autre l'Haereticus. Et quoi de mieux que des ennemis héréditaires pour remplir pareille mission ? J'aurais tellement préféré être une Cavalière. Être comme mes Ancêtres, capable de se battre, de n'être qu'une lame dans la foule. J'avais appris à me battre. Du moins à me défendre. Mais juste un peu. Je savais manier une lame. Quand on ne me l'avait pas enlever. Mais le reste du temps, j'étais aussi faible et fragile qu'un faon. Alors que Cavalière j'aurais pu éliminer mon Assassin depuis tellement longtemps. Et mon père serait toujours en vie. Et je n'aurais pas subit tout ça. J'aurais peut-être eu à affronter le pire malheur de tous les temps, la pire abomination pour une femme. Mais le reste... Rien... Rien ne me serait arrivé. Et le Seigneur n'aurait pas à attendre mes lamentations. Combien de fois, à Jérusalem, m'étais-je rendu sur le Mur des Lamentations. Je n'étais certes pas Juive. Mais j' avais aussi déposé une prière. Car j'étais croyante. Et que j'espérais encore en un avenir meilleur. Un avenir que notre Ordre tentait de construire jour après jour. Et sans ce Livre... Rien ne serait arrivé. Le Lac ne dégagerait pas ses abominables relents de sang. Nous ne serions pas livrés à nous-même, obligés d'avoir recours à des sortilèges pour avoir un minimum d'hygiène. Mais je craignais la suite. Les inondations, les grenouilles, les ulcères... Je savais ce qui allait se passer. Je ne connaissais que trop bien les plaies qui s'abattrait sur cette terre misérable et méprisable. Et je ne pouvais rien faire. Car si j'avais le premier indice concernant une partie de l'emplacement du code, je n'avais pas le premier code. Et je ne savais que trop bien quel était le dernier Châtiment. La Dernière Plaie qui avait poussé le Pharaon à poursuivre les Hébreux. Il avait été terriblement peiné de la mort de son fils premier-né. Qu'en serait-il des parents des élèves qui mourrait ? Qu'en serait-il de ma mère si je venais à disparaître ? Car j'étais une première née. Une de ceux qui était condamnée à mourir si ce putain de Livre n'était pas retrouvé avant. Et si le code avait changé par magie, pour m'indiquer le lieu où se trouvait le bouquin, je n'arrivais pas à comprendre le premier indice. Le premier code ne se révèlerait que s'il y avait de l'eau claire. Mais tout n'était plus que sang. Sang... Et la désolation ne tarderait pas à venir. Je le savais. Je l'avais vu. Un rêve. Lentement, je prenais conscience que mes rêves, que ce que je croyais être des scènes réelles quand j'étais éveillée étaient tous autant de signes. Des signes dont je devais impérativement me souvenir pour la suite des évènements. J'étais le Symboliste-Gardien du Dies Gloriae. Celle dont la tache était de trouver le livre et le protéger. De mettre en place un nouveau code pour brouiller les pistes de l'ennemi mais aussi permettre aux Symbologistes de mon camp de trouver rapidement la trace du Livre en cas de soucis. J'étais aussi importante que l'Eminence. Aussi importante que le Chevalier qui, discret, observait aux alentours ce qu'il se passait, qui protégeait les civils. Qui tuait sur mission. Aussi importante que le prêtre qui, silencieux, avait surveillé ma prière avant de s'en aller. Et que moi, inlassablement, je continuais. Imperturbable. Croyant toujours que je pourrais être entendue du Seigneur. Mais je n’étais qu’une pauvre brebis égarée qui espérait être la voix que le Dieu Tout Puissant entendrait en premier. Les Voies du Seigneur sont tellement impénétrables qu’elles en devenaient excessivement compliquées à comprendre. Ma Libération ne se ferait que quand je mourrais. Et j’attendais cette fin avec délice. Une fois que mon travail sera accompli. Si j’en avais le temps. Car en devenant – plus tôt que prévu – Symboliste-Gardien, ma mère avait perdu sa mémoire de Symboliste. Elle serait dorénavant parfaitement incapable de comprendre un code. Il n’y avait plus que moi qui était en mesure de le déchiffrer. Avec les Symbologistes. Mais ces derniers, les uns après les autres, se faisaient tuer. Et j’allais finir par être seule. Très seule. Je cessais enfin de prier, écoutant une dernière fois les échos de ma voix résonner dans cette pièce désormais vide de la présence du Saint Camerlingue. Je fermais les yeux et me redressais, en me signant une dernière fois.

Et descendis les marches d’escaliers avec grâce et aisance. Ma lame en main. Je ne l’avais pas mise tout de suite. Mais sans le savoir, de profil, je ressemblais à une de mes ancêtres, une certaine Ariela, redoutable Cavalière qui avait à son actif la mort de très nombreux Assassins de l’Haereticus. Elle avait tout juste eu le temps de donner naissance à un fils, afin que sa lignée ne sombre pas. En cet instant, il m’aurait simplement suffit de revêtir l’habit blanc et ceint de bleu des Chevaliers avec le symbole de la Confrérie pour ressembler définitivement à Ariela. Je voyais Monseigneur O’Neil, assis à son bureau, sûrement en train de corriger des copies. Et je remettais ma lame dans le fourreau accroché dans mon dos. Je remontais ma cape et remettais la capuche de manière à ce que l’on ne voie rien. Et tournais le visage vers le Prêtre, quand il me parla. Ce qui me tourmentait ? Devais-je lui dire… La vérité. Parce que tu crois qu’il réagirait comment en apprenant que tu t’es fait violer pendant quatre longues années ? Que tu t’es limite prostituée ? Que tu as donné ton corps, ton âme et les clefs de ton esprit à tes pires ennemis ? Crois tu réellement que parce que c’est un Prêtre il ne dira rien ? Et Helena, tu y as pensé ? Il est sous ses ordres, même s’il obéit d’abord au Pape. Merde enfin Rebecca. Si tu avais ouvert ta gueule avant, rien de tout cela ne se passerait. Anton serait mort et enterré. Une horde de Chevalier et de Cavalière à sa poursuite. Lui et sa mère seraient morts ! Ils l’auraient retrouvé ! Mais le Dies Gloriae ne tue pas sans mission, sans ordre de l’Eminence ! Parles, Rebecca. Parle ! Parler signait ma mort. Parler et je mourrais. Non, je ne pouvais m’y résoudre. Je tournais définitivement le dos au Professeur O’Neil et appuyais une main sur le mur, tentant de retrouver mon calme alors que les larmes de souffrances m’envahissaient. Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen. Notre Père, qui est aux Cieux. Que Ton Nom soit sanctifié. Que Ton Règne vienne. Que Ta Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Sainte Marie, Mère de Dieu. Priez pour nous, pauvres pêcheurs. Maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. In Nomine Patrem. Et Filli Et Spriti Sanctus. Amen. Et inlassablement, encore et toujours, je m’enfermais à nouveau dans la prière. Comme si ça allait changer quelque chose. Mais ça ne changerait rien. Rien ne changerait jamais. Tout resterait pareil. Immuable. Je remplirais ma mission. Je mourrais. Comme Ariela. Ariela qui était morte après avoir donné la vie à l’enfant qui perpétrait sa lignée. Je ne laisserais rien d’autre derrière moi qu’un vague souvenir. Qui étais-je donc pour marquer les consciences ? Je n’étais qu’une Liseuse. Qu’une Traductrice. Même pas une Envoyée de Dieu. Avais-je été éclairée par Lui et sa Grâce Divine ? J’en doutais fort. Après mes erreurs, mes faux-pas qui me collaient à la peau, je ne laisserais qu’une trace amère de ma courte vie sur Terre. Seule. Sans jamais avoir trouvé mon Âme-Sœur. Et cela m’étonnerait qu’il s’agisse de Clancy. Je soupirais à nouveau, ravalant difficilement mes larmes. Et je levais la tête vers la fenêtre au-dessus de moi, laissant mon visage maladif être baigné de la lueur rougeoyante du soleil. Je fermais les yeux et soufflais, en italien également :
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MessageSujet: Re: [10/10] « In Nomine... Amen. »   Lun 3 Aoû - 2:29

[Oups... xD]

« Ne trouvez-vous pas, mon Père, que ce couché de soleil est magnifique ? Personnellement, je trouve ça merveilleux. »

Oh non… Je ne répondais pas à sa question. Parce que je ne me sentais pas prête à le faire. A qui donc serais-je prête à le dire ? Michaël ? En réalité, je me rendais compte, maintenant, que même lui ne savait rien. Je me rendais compte que je restais superficielle dans mes dires, sans jamais aller dans le fond du problème. Pourquoi donc restais-je si secrète sur mes propres peurs, mes propres peines ? Et si seulement j’avais l’audace d’en parler. Si seulement je pouvais avoir la force, le courage, la volonté d’Ariela. J’en avais lu des choses sur elle. Son charisme faisait d’elle une femme admirée et respectée. Sa beauté faisait tomber les hommes à ses pieds. Et son courage laissait sur le carreau les Chevalier les plus émérites de la Confrérie. Et moi ? On m’avait portée aux nues sans que je ne demande rien à personne. On avait fait de moi ce que je n’étais pas. Tout ce que j’aurais aimé, c’était passer une vie tranquille, sans que personne ne remarque jamais ma présence. J’aurais tant aimé que les gens me regardent simplement. Oui, j’étais la fille du Ministre. Mais pourquoi donc les gens attendaient-ils tous autant de moi ? Pourquoi donc m’attendait-on au tournant, comme si on espérait que je fasse une connerie pour encore mieux me descendre, me détruire ? Qu’avais-je donc fait au bon Dieu pour mériter ça ? J’avais pourtant été une fidèle croyante. J’avais fait tout ce qu’il voulait même si j’avais eu des écarts de conduites. Je savais que je ne réserverais plus que ma vie d’adulte au Dies Gloriae. Je savais pourtant que tout ce que je ferais ne serait fait que pour Autrui. Je ferais abnégation de ma personne comme chacun des membres de notre Ordre. Et je n’échapperais pas à la règle. Alors pourquoi tout ça ? Pourquoi devais-je souffrir autant ? Est-ce qu’au moins cette souffrance me permettrait de faire partie des Bienheureux plus tard. Et je me demandais, encore et toujours, si ce sacrifice était utile. Je me demandais si cela en valait seulement la peine ? Oh, je me doutais de la réponse de certains. Je me tournais vers le prêtre, prête à l’affronter – ou pas – et je le regardais droit dans les yeux, sans ciller. Avec un affront qui n’était pas le mien. Etais-je seulement capable de faire tout ce que l’on attendait de moi dans le Dies Gloriae. Oui, me dirais certains. Et notamment le prêtre qui se tenait non loin de moi, toujours installé à son bureau, son regard inquisiteur mais néanmoins inquiet se posant sur moi. Et je le dévisageais. Il était jeune. Et plutôt mignon. Un véritable gâchis, disaient certaines filles. Il était vrai qu’on disait souvent cela : les plus mecs sont soit homosexuels, soit déjà casés, soit prêtres. J’en avais l’une des preuves devant moi. Bien malgré moi, je me mis à sourire. Un très léger sourire, quelque chose qui ne fit que faire frémir le coin de mes lèvres. J’étais bien trop épuisée émotionnellement pour me permettre un vrai sourire. Mon moral n’était pas encore à zéro mais il ne devait pas en être bien loin. Je quittais lentement mon mur, pour me mettre à marcher en direction du prêtre, mes doigts frôlant doucement la surface en bois des tables. Je me mettais prêt de lui et le regardais. Peut-être que… Si je forçais une confession ? Après tout, si mes souvenirs étaient encore bon – et je savais que ma mémoire était la seule chose qui, pour le moment, ne m’avait pas fait faux bond – seul le Pape pouvait ordonner à un Prêtre de briser le secret de la confession ? Un peu comme le secret médical par un mandat du Procureur ? Quoi que la confession à un prêtre pouvait aussi être brisée par le biais d’un mandat. Et Helena n’était pas, à mon bon souvenir, procureur ou quelque chose du genre ? Juste notre Eminence. Et même si Monseigneur O’Neil était sous ses ordres… Il n’avait pas à dire ce que je lui dirais, n’est-ce pas ? Alors, pourquoi ne pas, un peu, me libérer de ma souffrance. Je me mis assise sur la table et le regardais. Avant de me pincer les lèvres. Honteuse de moi, sentant la bile amère remonter le long de ma gorge pour se loger quelque part dans ma bouche, je ravalais le tout, déposant ma fierté – ou ma stupidité – quelque part et repris la parole, coupant court au silence de mort qui régnait dans la pièce :

« J’aimerais vous parler… Uniquement si vous me jurer que tout ce que je vous dis ne sortiras pas de cette pièce ? Prenez ceci comme une confession même si nous ne sommes pas dans un confessionnal. »

Je lui faisais confiance. Et tout ce que j’attendais de lui, c’était qu’il ne brise pas le peu de confiance que je pourrais bien lui accorder. Tout en sachant que ce fardeau que j’allais un peu alléger allait retomber sur les épaules du prêtre. Mais n’était-il pas formé pour ça ?
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MessageSujet: Re: [10/10] « In Nomine... Amen. »   Jeu 13 Aoû - 11:27

Les étudiants sont tellement insouciants. Si innocents pour certains. L’innocence était quelque chose qui se perdait de nos jours. Nous avions tendance à nous perdre dans les méandres de nos vies, à nous précipiter presque avec désespoir vers le crépuscule fatal de nos vies. Plus que n’importe qui, les prêtres y sont préparés. Nous accompagnons les mourants vers l’au-delà, leur apportant le soutien dont ils ont besoin. L’extrême onction, la dernière bénédiction, la dernière confession. Tout ça est tellement important pour les Chrétiens. Je le savais plus que n’importe qui. Au Vatican, en tant que Camerlingue, il était très courant que les gens fassent appel à moi pour leurs mourants. Et j’y allais. Comme cette fois où, avant d’arriver à Poudlard, j’avais dû aller bénir une Sœur mourante. Une Sœur que je n’avais pas reconnu comme étant ma mère. J’aurais pu envier les gens pour leur famille. Mais mon pêché capital est loin d’être l’envie. Il serait plutôt la colère. Je ne me mettais guère en colère facilement. En revanche, j’explosais de manière incroyable et ma fureur était souvent dévastatrice. Je n’étais pas le gentil petit Poufsouffle que tout le monde s’imaginait. Je ne suis pas le gentil concon qu’on s’imagine d’ordinaire. Les Poufsouffles ne sont pas tous niais. Je regardais les copies défiler tout en songeant aux efforts incroyables que certains devaient faire pour n’avoir qu’un simple « Effort Exceptionnel ». Alors que maintenant, à Poudlard, c’était limite la honte, comme dirait les jeunes, d’avoir une note pareille. On admirait les Optimal. On vomissait presque les « Effort Exceptionnel ». Et pourtant, je trouvais ça fort honorant d’avoir une note pareil. Cela signifiait clairement que l’élève voulait se dépasser. J’arrivais alors sur mon enfer personnel. Je regardais l’alphabet cyrillique qui s’étendait sous mes yeux et n’arrivait alors qu’à lire le prénom de l’élève. Un certain Alexeï. Je sortis ma baguette et murmurais un simple mot avant de voir les caractères se modifier. Et le mot d’excuse de l’élève en haut de la copie qui signifiait clairement qu’il avait plus de mal que les autres à écrire en anglais. Une chance pour lui que j’ai eu ce sort. Sinon, c’aurait été, hélas, le Troll assuré. Je soupirais jusqu’à ce qu’une chanson me vienne en tête. Une chanson que je n’aurais jamais réellement imaginé entendre ici. Je levais les yeux vers la douce fleur qui venait de descendre les marches d’escaliers. Son profil était sauvage, fier. Et pourtant elle était tellement blessée. Je fermais les yeux et restais silencieux, ne concentrant mon esprit que sur l’accalmie du jour. En effet, il n’avait fait que pleuvoir de toute la journée. Et le soleil était rougeoyant. Hélas, les eaux montaient. Et quelles eaux ! Rouges comme le sang. Apportant ce relent de mort que tous abhorraient. Mais les eaux montaient, se diluant. La pluie était pure. Le Lac était de sang. Tout se diluait. Déjà, les cachots menaçaient d’être sous les hauts. On avait commencé l’évacuation des élèves. Je n’y participais pas. J’avais d’autres raisons d’être ici. Avec Rebecca. La fille de Peter renfermait bien des secrets. Celui que je voulais à tout prix percer, c’était bien la raison de son enfermement. J’avais voulu en toucher un mot à sa mère, mais il n’y avait rien qui ait pu la faire flancher. Si quelqu’un devait me le dire, c’était la principale concernée. Et Rebecca semblait refuser de me parler ouvertement. Comme si elle craignait que je ne divulgue son secret. Mais j’étais prêtre et je savais me taire pour garder un secret. Sauf si mon Père d’adoption me demandait lui-même de divulguer ce secret. Là seulement je le dirais. L’insouciance des étudiants, c’était quelque chose que la petite Stuart avait perdu. Dans mon esprit, je ne voyais qu’une enfant perdue. Une brebis qui cherchait à rejoindre le troupeau, qui s’égarait sans cesse, parce qu’elle force le Destin ou fait les mauvais choix. J’avais du mal à croire que l’élève réfléchie en face de moi puisse faire de mauvais choix. Mais l’être humain était tellement prompt à faire des erreurs. J’étais encore bien crédule de croire que l’homme pouvait se rattraper. Tellement crédule que ça en faisait peur au Pape.

Mais je savais faire la différence entre ce qui me semblait être bon et mauvais. Je n’étais pas non plus crétin. Et ce qui était bon, en ce moment, c’était que Rebecca parle. Elle devait parler. Elle gardait tellement de choses enfermées au fond d’elle. Je me surprenais à la comparer à un cygne qui se serait brisé les ailes. Un cygne qui aurait voulu s’envoler mais qui ne le pouvait guère. Un animal si doux, si fragile, qui ne demandait qu’une chose : être protégé. Hélas, qui protège qui dans ce monde ? Dieu ? Dieu nous protégeait tous. Je ne remettrais jamais en cause ni sa présence, ni son action. Mais il nous avait laissé le Libre-Arbitre. Et c’était à nous de gérer notre vie comme bon nous l’entendions. Et nous ne pouvions pas en vouloir au Seigneur Tout-Puissant quand quelque chose de mauvais pouvait bien se produire. Comme le Lac de sang. Pour moi, c’était clair. C’était le Premier des Dix Châtiments. La première plaie égyptienne que Dieu avait infligée via Moïse pour obliger les Egyptiens à laisser les Hébreux sortir de la Terre d’Egypte. J’avais tellement étudié la Religion, son histoire. Je me devais de tout savoir. J’étais Camerlingue après tout. Celui qui, à la mort du Pape, s’occuperait du Vatican lors de la Vacance du Siège. Je savais le rôle qui m’incombait, ce devoir que je devrais, tôt ou tard, accomplir. Mais je n’en étais pas là. Pour le moment, un souci plus important s’abattait sur nos pauvres têtes et nous, pauvres mortels, ne savions même pas quoi faire pour y échapper. Nous étions si impuissants face à la situation. Une situation qui, inexorablement, nous mènerait vers la mort. Si j’étais pessimiste ? Non, j’étais juste réaliste. La seule question que je me posais, en regardant la jeune Stuart c’était : aurait-elle le temps de trouver le Livre ?

Je secouais la tête, chassant cette voix sarcastique qui se promenait sans cesse dans ma tête. Je respirais profondément. Ce n’était pas la première fois qu’une chose pareille m’arrivait. Quand j’étais arrivé à Poudlard, je m’étais surpris à avoir des pensées sacrément peu catholiques. Alors que ce n’était pas mon genre. Mais je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. Les choses étaient véritablement compliquées. C’était comme cette élève de Septième Année de Beauxbâtons que j’ai collé parce qu’il m’a regardé de travers. Mais quand il m’a regardé, j’ai tout de suite pensé à une phrase fortement peu agréable pour un prêtre. Alors j’ai compris que ce n’était pas possible, que cela ne pouvait pas être moi qui aie pu penser ça. Alors j’ai collé cet élève. Parce qu’il avait une tête tellement anticléricale. Et que je n’ai pas pu supporter l’insolence de son regard. Tiens, au lieu de tyran, pourquoi pas despote, tant qu’on y était. Je me signais, conscient de mon égarement et me tournait tranquillement vers la jeune fille qui venait de glisser sa lame dans son fourreau. Je la regardais, le visage presque impassible. Etait-elle en train de me parler de… D’un couché de soleil ? En fait, si je disais impassible, c’était avant. Là maintenant, mon visage exprimait plus de l’incompréhension. Et je me tournais vers le couché de soleil, notant que Rebecca me tournait le dos. Notant aussi qu’elle n’avait pas répondu à ma question. Je m’en serai sun peu douté, en réalité. Elle n’était pas du genre à s’étaler sur sa vie. Peu de personne savait beaucoup de chose à son sujet, et je dois avouer que moi-même je ne savais pas grand-chose sur elle. Cette fille demeurait un mystère. Un peu comme son Ancêtre, dont elle m’a parlé. Une fois, à la sortie d’un cours. Elle avait mis tellement de temps à ranger ses affaires que je n’avais pas compris sur le coup. Surtout que son visage restait froid et impassible. Teinté de cette tristesse que je n’aimais pas voir sur le visage des Fidèles. Dire que je faisais tout pour qu’ils soient heureux. Mon seul échec, pour le moment, c’était bien elle. Je fronçais les sourcils et regardais le soleil couchant, qui inondait le parc. Le Lac qui avait débordé rougeoyait toujours mais pas de la même façon. D’ici peu, le temps allait de nouveau exploser. Car de sombres nuages revenaient en force de l’Ouest. La pluie allait se remettre à tomber. Violente. Implacable. L’eau était l’un des pires éléments naturels. L’un des plus grands fléaux et des plus dangereux qu’il soit. Les tsunamis en étaient un bel exemple, je trouvais. Un simple raz-de-marée pouvait provoquer la mort et la disparition de centaines de milliers de personnes pour les plus catastrophiques. Je ne souhaiterais sincèrement pas mourir noyer. Ou brûler. En fait, mourir n’était pas une belle étape, à mon avis. Mais c’était un passage obligatoire pour aller rejoindre Notre Seigneur. Je détournais mon regard du couché de soleil, quand j’entendis alors quelque chose qui ne m’appartenait pas. Comme si j’allais me qualifier de mignon. A ma connaissance – et elle est très humble – je n’étais pas encore atteinte du syndrome de Narcisse et je ne me trouvais pas pour le plus bel homme de la terre. J’avais un certain charme. Mais un charme que tout prêtre qui se respecte se devait d’avoir. Non pas pour embobiner les gens (nous n’étions pas des charlatans) mais justement pour les mettre en confiance. J’inspirais profondément avant de lui répondre :

« Rebecca… Ce couché de soleil n’est pas notre discussion… J’aimerais que tu n’évites pas mes questions… S’il te plait. »

Je ne pouvais m’empêcher d’être poli. C’était plus fort que moi. La politesse faisait partie inhérente de ma nature mais en plus cela me permettait de mettre les gens à l’aise. Et surtout de les rassurer. Et puis, j’avais beaucoup de mal à donner un ordre à une élève qui semblait aussi fragile. Parce que pour moi, Rebecca me donnait l’impression d’une fleur qui était en train de se faner. Alors que son esprit demeurait vif au possible et son intelligence était toujours aussi éclatante. Mais son œil avait perdu l’éclat de la vivacité. Il s’était terni, alourdi par une charge trop importante pour de si frêles épaules. Je n’enviais pas son sort. Et je regrettais qu’Helena et sa mère aient pu accepter une chose pareille. En des temps si troublés, si dangereux, avec des Assassins qui couraient dans la nature, aussi libres que le vent pouvait l’être, on jetait dans la gueule du loup un fragile agneau. Je ne pouvais tolérer cela, hélas, le mal était fait. Désormais, avant même d’avoir atteint les dix-sept ans obligatoire, Rebecca était devenue un membre à part du Dies Gloriae. Je n’étais certes pas plus jeune qu’elle quand je suis entré dans les rangs. Mais au moins, j’étais préparé. Je n’arrivais pas à saisir, à comprendre où tout ceci pourrait donc bien emmener Rebecca. Et l’Ordre ! Elle était trop jeune. Beaucoup trop fragile pour supporter une charge pareille ! Même en tant que prêtre du Prieuré, c’était dur, alors imaginez-vous Symboliste-Gardien. Je m’approchais d’elle, frissonnant d’horreur en entendant des mots que j’aurais tant aimé ne jamais entendre. Des mots comme viols, humiliation. Et du latin. Encore une fois. Etait-ce elle ? Pouvais-je capter ses pensées ? Non. C’était impossible. Il n’y avait jamais eu des cas de télépathe dans l’Histoire de la Magie, du moins, pas à ma connaissance. En revanche, des cas de voyantes, des médiums, oui. Et j’avais l’intime conviction que Rebecca pouvait être une de ceux-là. J’invitais la jeune fille à s’asseoir en tirant une chaise vers moi pour l’inviter à s’installer. La galanterie oblige, bien sûr. Puis, je contournais la table où je lui avais fait signe de s’asseoir pour m’appuyer contre une autre, afin de pouvoir la regarder. Et je souriais, toujours.

Quel serait l’intérêt de la confession si nous prenions le plaisir de dire à tout le monde ce que nous savions ? Personnellement, je n’en voyais aucun. Je le répète, seul le Pape avait le pouvoir de faire lever les secrets d’une confession. Mais Helena n’avait aucun pouvoir sur moi de ce côté-là. Elle pourrait m’obliger à espionner, à suivre tout et tout le monde, mais jamais, Ô grand jamais elle ne pourrait m’obliger à dire les secrets d’un Fidèle. Plutôt mourir que de faire ceci. Je croisais les bras, réfléchissant un court instant. Le soleil venait de disparaître derrière les nuages noirs qui n’annonceraient rien d’autre que la pluie. Et à peine y avais-je pensé que le déluge s’abattit sur l’école. Le Deuxième Châtiment était bel et bien là. Et il était impératif que Rebecca retrouve le Livre avant n’importe quel autre Symbologiste de l’Haereticu. Mais elle ne pourrait arriver à rien si son esprit était tourmenté, préoccupé. Je ne pus que sourire avec douceur en déclarant :

« Je ne dirais rien, Rebecca, quoi que tu me dises. Quoi que tu m’avoues. Tu as ma parole de prêtre. Nous sommes en confession, actuellement. »

Si ce mot pouvait la rassurer, alors je le lui dirais sans peine. Et puis, ce qu’elle me dirait, je ne le répèterais à personne. Après, je tenterais de savoir la réelle raison de sa venue ici. Depuis que j’étais arrivé, elle venait prier chaque soir. Ce que je ne comprenais pas, c’était pourquoi elle était venue plus tôt aujourd’hui, avec la tête d’une jeune fille qui venait de faire une faute et qui voulait se faire absoudre de ses péchés. Je finirais bien par le savoir, après tout. Rebecca finirait partirait sûrement tard. Très tard.
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